Prostitution : pénalisation des clients

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Prostitution : pénalisation des clients

Message  Dr_Natural le Lun 15 Aoû 2011 - 17:31

Vous savez sans doute qu'au nom de l'égalité hommes/femmes et de la dénonciation de la traite des êtres, on prépare l'opinion, sous l'égide de Roseline Bachelot et d'une alliance de courants moralistes chrétiens et féministes radicales, à faire passer une loi qui pénaliserait le recours à un(e) prostitué(e) pour le client qui serait passible d'une amende de 3000 euros et de six mois de prison.
Des voix s'élèvent et s'inquiètent déjà de l'aspect contre-productif de la mesure et du risque pour les prostitué(e)s qui chercheraient alors la discrétion pour leurs clients d'être rejeté(e)s dans des périphéries isolées de villes ou des endroits dangereux...
D'autres défendent tout simplement le droit d'avoir recours à la prostitution au nom de la liberté, comme le comédien Philippe Caubère qui assume totalement de fréquenter régulièrement des prostituées.
Qu'en pensez-vous ?
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  zazoue le Lun 15 Aoû 2011 - 17:53

Et les cougars qui ont recours aux gigolos, elles seront pénalisées ?
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Dr_Natural le Mer 17 Aoû 2011 - 11:12

ah ah ah Zazoue ! Laughing
En attendant que chacun se fasse une opinion, j'ai trouvé ce texte de 2010 écrit par un juriste, qui se place uniquement sur le plan du droit et non celui de la "morale"

Affaire Ribery : Défense du client d'une prostituée "mineure"
Point de vue | LEMONDE.FR | 23.08.10
par Francis Caballero, agrégé des facultés de droit
Le client d'une prostituée mineure est aujourd'hui puni par l'article 225-12-1 du code pénal de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende, peines portées à cinq ans et 75 000 euros en cas de mise en relation sur internet (706-47 CPP). Des peines d'une rigueur inouïe, assorties d'une procédure très dure, alignée sur celle des assassins d'enfant, des violeurs et des proxénètes. Le tout pour un simple rapport sexuel tarifé, délit qui n'existait pas il y a dix ans. Le texte a en effet été introduit en droit pénal par la loi du 4 mars 2002 sur l'autorité parentale dans le but de "lutter contre la prostitution enfantine".
La stratégie est claire : punir le client, le culpabiliser, le diaboliser, comme dans la Bible où il est même transpercé en pleine action d'un coup de lance purificateur Nb.25-8. Traité tour à tour de "pourceau", de "viandard", de "reptile du bord de trottoir", de "pervers", de "prostitueur" ou "d'esclavagiste pépère" : le chœur des grenouilles sexophobes n'a pas de mots assez durs pour le qualifier. Il réclame même la punition du client d'une prostituée majeure comme aux Etats-Unis ou en Suède. La prostitution n'est elle pas une forme d'esclavage moderne dont la prostituée est victime ? Une activité au surplus contraire à la dignité de la femme. On ne vend pas son corps. Le problème est que tout ce beau raisonnement est faux et archi-faux.
Premièrement, la personne prostituée ne vend pas son corps. Elle ne vend rien. Pas un cheveu, pas un cil, pas un poil. Le contrat de prostitution n'est pas un contrat de vente, ni même un contrat de location. C'est un contrat de fourniture de service sexuel moyennant rémunération. Un service qui, entre majeurs consentants, n'est nullement interdit par la loi. Ni condamné par l'opinion puisque 68 % des français sont hostiles à la pénalisation du client d'une prostituée majeure.
Deuxièmement, la prostitution n'est pas nécessairement synonyme d'esclavage. En effet à côté de la prostitution forcée, il existe une prostitution libre définie par la Cour de justice de l'Union européenne dans son arrêt Jany (2001) "lorsqu'elle est exercée hors tout lien de subordination en ce qui concerne le choix de cette activité, les conditions de travail et de rémunération, sous sa propre responsabilité, et contre une rémunération qui lui est intégralement versée". En clair dès lors qu'elle perçoit l'intégralité de ses gains, choisit ses horaires, ses tarifs et ses prestations, la prostituée n'est pas une esclave.
UN HOMME TRÈS ORDINAIRE
Tel est précisément le cas de Zahia dans l'affaire Ribery, qui déclare urbi et orbi : "Je ne suis pas une victime. Je fais ce que je veux". En jurant qu'elle ne dépend de personne, au tarif déclaré de 2 000 euros la nuit, soit 20 000 euros par mois. La pauvre, il est vrai qu'elle est mineure. Il faut la protéger de la débauche.
Et c'est là qu'intervient la troisième erreur grossière. Car si elle est civilement mineure, elle est sexuellement majeure. En effet en France la majorité sexuelle est fixée à quinze ans. Ce qui veut dire qu'à partir de cet âge les rapports sexuels avec les adultes sont autorisés, sauf avec ceux qui ont autorité sur le mineur (parents, éducateurs). Zahia avait donc le droit de coucher avec toute l'équipe de France de football, à la condition que ce soit pour le plaisir. Cela fait partie de la liberté sexuelle des 15-18 ans. Et si la prostitution est interdite à tous les mineurs, c'est un interdit sans peine.
Dans un tel contexte, traiter le client d'une prostituée "mineure" comme un délinquant sexuel avec garde à vue, mise en examen, inscription au fichier FNAEG, etc., est un non sens. Le punir de prison est proprement délirant. Non parce que sa partenaire a l'air d'une majeure, excuse généralement rejetée par la jurisprudence, mais parce que, sur le plan sexuel elle est majeure. Elle peut faire ce qu'elle veut avec son corps. De ce fait son client n'est pas un saint, mais ce n'est pas le diable. C'est un homme très ordinaire, souvent père de famille, qui n'a rien d'un "pervers esclavagiste".
Sans compter que le texte se retourne contre "l'esclave" qu'il est censé protéger. La voilà soumise à des interrogatoires, auditions, écoutes, confrontations et procédures qu'elle n'a pas voulu. Sa vie privée est jetée en pâture aux médias, sa famille est touchée. Stigmatisée comme prostituée, elle ne vivra plus jamais comme avant. Encore un splendide travail de la brigade des mœurs pour protéger la jeunesse. En définitive l'article 225-12-1 du code pénal est une horreur juridique d'une constitutionnalité douteuse qui porte une atteinte disproportionnée à la liberté sexuelle sans profit pour personne, ni pour la société.

Francis Caballero est l'auteur de Droit du sexe (LGDJ, 2010).
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Jean-Luc le Mer 17 Aoû 2011 - 19:27

Le point de vue du comédien Philippe Caubère dans Libération du 14 avril 2011


Moi, Philippe Caubère, acteur, féministe, marié et «client de prostituées»

Je viens de lire dans le Libé du 1er avril (comme une sorte de mauvaise blague) qu’allait être déposée par Mme Roselyne Bachelot une proposition de loi visant à pénaliser les «clients de prostituées» d’une lourde peine s’inspirant du « modèle suédois », c’est à dire une amende (lourde aussi, j’imagine), plus 6 mois de prison. Cette proposition, je cite encore: « ne fait guère débat chez les parlementaires, à gauche comme à droite. Elle est soutenue par la plupart des associations féministes… etc ». C’est donc sous la bénédiction générale et dans le silence de tous qu’une telle abjection va s’abattre sur nous, - huit ans après celle qui, interdisant toute forme de racolage, consista à jeter dans la clandestinité, la précarité, la misère et l’enfer toutes les personnes se prostituant et au désespoir, ainsi que dans cet autre enfer, celui de leur solitude ou de leur propre couple, tous ceux qui profitaient de leur secours, de leur savoir, de leurs «services».
Au fait, quelle bénédiction ? Celle d’une église ? de toutes ? d’associations religieuses ou morales intégristes ? Pas du tout. Celle de l’état français impartial et laïque, toutes tendances politiques confondues, soutenu, pire du pire, par toutes les associations, -et là, je ne puis que mettre des guillemets, « féministes» ! Marié pour la deuxième fois, très proche encore et toujours de ma première femme, m’autorisant depuis toujours, amantes, amoureuses ou petites amies (avec tous les ennuis que ça implique…), acceptant naturellemment la réciproque (et les ennuis… etc), je ne représente pas vraiment le prototype du mec frustré, sexuellement ou sentimentalement. Je n’ai pourtant jamais cessé depuis l’âge de 24 ou 25 ans d’avoir des relations -et des rapports- avec des personnes se prostituant. Serait-ce que je serais doté -ou affligé- d’une sorte de libido hos-normes? Je ne le crois pas (hélas, pourrais-je rajouter…).
En revanche je sais que ce que je trouve avec une prostituée est une chose unique, que je ne trouverai jamais avec aucune autre personne, dans aucune relation dite « normale ». Il faut bien essayer, au moins de dire, sinon comprendre, pourquoi des hommes vont « voir les putes» avant de les punir. Non ? Ne pas vouloir les écouter, encore moins les entendre, se contenter de faire appel à la loi, à l’état, au législateur, je ne sais quoi de cet ordre-là, pour pouvoir plus vite et mieux les châtier, les sacquer, les humilier, c’est tout de même un acte d’une extrème indigence, d’une extrème pauvreté, d’une extrème lâcheté. Non ? J’ai vécu longtemps sous la coupe et la dictature d’une femme qui elle non plus ne voulait rien savoir, - ce n’était pas les putes à cette époque-là, c’était les femmes en général, le sexe en particulier.
Cette femme, cette pauvre femme, c’était ma mère. Intelligente, brillante, charmante, amoureuse, généreuse, féministe avant l’heure, elle nous apprenait, à ma sœur et à moi, que les femmes devaient être les égales des hommes, qu’elles devaient travailler, être indépendantes, ne pas dépendre d’un homme etc. Mais dès qu’il s’agissait de sexe et de plaisir, elle devenait folle, méchante, abrutie, assassine, moyen-âgeuse. Son discours, d’éclairé, progressiste et anticonformiste, surtout à l’époque, devenait obscurantiste, obscène et mortifère. Et j’ai dû, tout au long de ma longue, si longue adolescence en subir les effets, les tourments, le martyre. Penser que ce discours imbécile est devenu celui, officiel, du « féminisme» d’aujourd’hui, gauche et droite réunis (c’est rare) me stupéfie, me consterne et m’insupporte. Car le but que poursuit cette proposition de loi n’est pas, comme le prétendent cyniquement ceux qui l’ont initié ou celles qui le défendent, de mettre à l’abri les prostituées. Pour eux, ces femmes n’existent pas, réduites à une sorte de sous-race composée uniquement de «victimes», des hommes évidemment, souteneurs, violeurs et clients mis désormais sur le même plan.
Sans voix, sans parole, sans pensée ni jugement, on leur dénie tout autre droit que celui de se taire, se soumettre et rejoindre le camp des bien-pensants et ceux de redressement. Non, le but de cette loi n’est pas sûrement de défendre qui que ce soit -grossier mensonge !- mais bien de satisfaire les instincts du «bon» peuple, celui des électeurs, dans l’espoir bien entendu de pouvoir un jour, peut-être, obtenir leurs voix. Interdire, réprimer, ostraciser, humilier, frapper au plus intime, au plus secret, au plus fragile, dégrader enfin à travers le désir et le sexe, l’homme, la femme et en jouir. Et faire jouir. En toute tranquillité, toute bonne conscience. Voilà la vérité. J’avais de l’estime pour madame Bachelot. Mais je me souviens, comme d’une drôle d’histoire, d’un conflit qui l’avait opposé à un animateur de télévision qui, lors d’une soirée - où d’ailleurs, l’on se demandait un peu ce qu’elle foutait là… Que font les hommes ou femmes politiques dans de telles galères ?- s’était moqué de son rire, lui prêtant une connotation sexuelle. Sa réaction, très violente, dramatique même -elle était allée jusqu’à refuser les excuses publiques de cet animateur- m’avait paru compréhensible et légitime.
L’ayant vu l’autre soir à la télévision, les mâchoires serrées, le visage fermé, déclarer sa faveur pour ce texte répressif, dégradant, attentant de plein fouet aux libertés publiques, celle de se prostituer, comme celle de payer un service sexuel à un adulte consentant, j’ai pensé soudain que Laurent Ruquier avait du mettre le doigt (si j’ose dire…) sur un vrai problème. Que je connais. Ma mère avait le même. Il m’a fallu quelques années (et que je la joue dans de nombreux spectacles) pour le comprendre et l’assumer. Ma mère était une obsédée. Une vraie. Gravement perturbée, que sa frustration agitait parfois jusqu’à la démence, déclenchant en elle des accés d’une violence affreuse, castratrice et terriblement prédatrice. Pour ses enfants, pour son mari et surtout pour elle-même. Elle en a tout perdu, jusqu’à la vie.
Je n’ai pu non plus faire semblant de ne pas voir dans les féroces demi-sourires de ces quelques « féministes» de gauche déclarant sur ce même écran leur satisfaction au sujet de cette loi qui allait, je les cite « apprendre un peu aux hommes qu’on ne paye pas une femme pour lui faire l’amour» les symptomes de ce mal. Un roman parle de cela. Celui, admirable, de Christine Angot, Les petits. Encore que dans un roman on ne «parle» pas «de», on écrit et qu’il ne s’agit pas d’un témoignage mais d’un récit, elle décrit une chose secrète, taboue, presque inavouable : la violence des femmes. On parle beaucoup – quoiqu’encore pas assez, c’est l’un des plus graves problèmes de notre société – de celle qui leur est faite. Du coup, c’est terrible, on ne peut plus parler de ce que Christine Angot, avec un très grand courage -qu’elle paye aujourd’hui, comme autrefois Flaubert, devant les tribunaux- décrit sans pitié, avec la froideur et le savoir-faire d’un chirurgien de l’âme et de la société, la plaie la plus secrète, quelque part la plus abominable : la dégradation, la dérive et finalement la faillite d’un « féminisme» qui, s’inspirant du fameux «modèle suédois», -celui-là même qui permet à une journaliste adulte et responsable ayant accepté une relation sexuelle sans préservatif d’en faire envoyer l’auteur en prison- se consacre aujourd’hui à la pratique de cette nouvelle chasse à courre dont l’homme est le gibier, qu’il soit célèbre comme Julian Assanges, Bertrand Cantat ou Roman Polanski, ou inconnu (tel le soldat) comme moi, réduit que je suis désormais à ce statut pénal de «client de prostituées».
Donc, je m’explique : ce que j’ai trouvé et que je trouve encore au bout de tant d’années auprès des personnes qui ont choisi de louer (et sûrement pas de vendre) leur corps et leurs talents pour de l’argent n’a rien à voir avec ce qu’une relation dite « normale» peut offrir de bonheur, d’amour et de plaisir ; comme d’ailleurs de souffrance ou de désespoir. Car l’amour, le bonheur et le plaisir se paient cher, tout le monde le sait ; dans son cœur comme dans sa vie. Les livres, les films ou les pièces de théâtre - ces laboratoires, les seuls où cette matière humaine si complexe est décrite, autopsiée, parfois même comprise - en sont pleins. On s’en nourrit. Seule la relation sexuelle avec une personne qui demande de l’argent pour cela peut se prétendre et s’affirmer comme réellement gratuite. Si ce n’est cette somme d’argent, librement et ouvertement échangée, si faible d’ailleurs au regard du «service» rendu – et que je déteste cette formulation ! Le sentiment n’est pas forcément exclu de l’échange, mais mis à l’écart ; il ne fait pas partie de la transaction, il ne « compte » pas. Donc, la souffrance non plus.
Le ou la prostitué(e) ne fait que dévoiler et assumer le rapport d’argent et de commerce tapi sous n’importe quel rapport amoureux ou sexuel, - du dîner offert à la personne qu’on drague, ou qu’elle se fait offrir, jusqu’à -bien pire et plus banalisée- l’estimation de la situation sociale et financière de celle, homme ou femme, prétendant au coït ou au mariage. La prostituée -ou la personne qui décide de se livrer pour un moment à la prostitution- nous libère de ce chantage, de ce non dit, nous en délivre. On peut -enfin !- baiser gratuit. Cette proposition de loi, bien sûr, ne parle pas de cela. Mais des « réseaux». Ah, ces réseaux, comme ils sont bienvenus ! Comme il est plus facile - et rentable à tous points de vue : électoral, moral, télévisuel - de proscrire et interdire une activité humaine aussi nécessaire, vitale ; et sacrée, car son objet est la jouissance et donc, que ça vous plaise ou non, le bonheur ; un bonheur simple, court, éphémère comme un orgasme, oui, mais aussi comme ce bref sentiment de liberté qui, le temps d’un instant, nous émeut, nous encourage en plein milieu de ce fleuve de soumission, d’esclavage, de servitude, qu’il nous faut chaque jour traverser, où chaque jour qui se lève nous retrouve à moitié noyés.
Ah, oui, certes, il est plus facile de s’en prendre à ce moment de vie que de traquer vraiment, policièrement, militairement, ces fameux réseaux, - bien réels, c’est un fait, il ne viendrait à l’esprit de personne de le nier ; mais je n’écris pas ce texte pour parler de cela, tout le monde le fera, ne fera que ça et bien mieux que moi. Comme il sera moins dangereux et surtout plus amusant pour les policiers comme pour les télés de prendre en chasse ces malheureux « clients» hagards, vulnérables et culpabilisés, pantalon sur les pieds, ainsi que leurs partenaires, les plus malheureuses encore prostituées, doublement, triplement, infiniment humiliées ! On voit déjà l’aubaine pour M6 ou certaines émissions de France 2. Comme ils vont pouvoir en tirer tous les divertissements qu’autorisent -et encouragent pour sa publicité- cet État moraliste et immoral, ce proxénète officiel et donneur de leçons. Comment est-il possible qu’en 2011 en France, des caméras de télévision aient le droit de filmer des policiers en train de pourchasser, interpeller, malmener, invectiver des êtres humains qualifiés pour l’occasion d’ « individus » ou « délinquants» et que ce spectacle infâme, indigne, obscène et dégradant puisse être livré gratuitement, comme une sorte de pornographie légale, une corrida humaine autorisée, des jeux du cirque tolérés, aux familles françaises bien-pensantes pouvant ainsi se repaître en toute hypocrisie du spectacle du malheur et de la punition des autres ? Comment est-il possible que soit proposée et protégée une telle prostitution?
Je ne finirai pas cette chronique sans redire aux «filles» combien je les aime et les respecte, qu’elles sont mes sœurs, mes frangines, mes pareilles, - j’en suis une : sur la scène, la mienne, celle du théâtre (à une époque ce fut aussi celle de la rue), moi aussi je fais jouir. Avec mon corps, avec ma voix, avec mes mots ; et même avec ma vie. Pour un prix dont je m’efforce qu’il soit toujours le plus bas possible, quand j’essaie de donner en échange la prestation la meilleure. Autrement dit, j’essaie d’être une bonne pute, et si possible la meilleure sur le marché. Je ne finirai pas non plus sans leur redire que ce n’est pas cette loi scélérate qui m’effraiera, me culpabilisera, ni ne m’empêchera de revenir les voir où qu’elles seront, se planqueront, se terreront, pour les aimer encore et les payer pour ça. Il est un film qui, mieux que tous les autres, incarne la France dans le monde entier, son cœur et son esprit. Il raconte une histoire d’amour, la plus belle, la plus ancienne, éternelle, entre un acteur et une putain. Joué par Jean-Louis Barrault et Arletty, il s’appelle Les Enfants du Paradis.

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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Dr_Natural le Sam 10 Déc 2011 - 10:30

Le parlement est donc en train de discuter d'une loi sur la pénalisation des clients des prostituées, loi voulue par les associations moralistes chrétiennes, les féministes et la ministre Roselyne Bachelot.
Le philosophe Ruwen Ogien, chantre de "l'éthique minimale" qui consiste à simplement ne pas nuire aux autres, pointe, dans Libération du 9 décembre 2011, l'incohérence du projet car "il admet la liberté de vendre des services que personne n'aurait le droit d'acheter. Il consacre par ailleurs une forme de moralisme d'Etat difficilement acceptable dans une démocratie laïque et pluraliste, puisqu'il voudrait dicter au citoyen la meilleure façon d'avoir une relation sexuelle (gratuite, de préférence à payante)
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Eon le Sam 10 Déc 2011 - 13:17

Cet éternel débat autour de la prostitution montre que la sexualité est une activité qui n'est pas perçue tout à fait comme les autres.

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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  neo-codion le Sam 10 Déc 2011 - 15:43

Oui tu as raison, et pourtant il s'agit bien de sexualité et non de traite d'êtres humains comme veuillent nous le faire croire les abolitionnistes, nouveaux pères-mères la pudeur !
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Dr_Natural le Jeu 22 Déc 2011 - 20:20

William Marx, essayiste, critique et professeur à l'Université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, membre honoraire de l'Institut universitaire de France, publie ce point de vue dans Le Monde daté du 22 décembre 2011, qui résume parfaitement ce que je pense.
C'est quand même curieux que ceux qui parlent de la prostitution comme d'une aliénation n'aient jamais aucune pensée aucune compassion pour les femmes de ménage qui se lèvent tous les jours à 4 heures du matin pour pouvoir vivre. Parce que dans un cas il est question de sexe, ce serait mal !

Non à la police des consciences et des corps
Contre la loi sur l'abolition de la prostitution

William Marx (Le Monde 22/12/2011)

Le Parlement s'apprête à voter l'interdiction de la prostitution et réfléchit à une loi mémorielle étendant la loi Gayssot qui pénalise la contestation des crimes contre l'humanité. La conjonction des deux n'est pas fortuite : c'est une véritable police des consciences et des corps que nos élus veulent mettre en place.
Eux-mêmes en sont les victimes, tétanisés par les affaires Strauss-Kahn : nul ne veut risquer de paraître complice, et voilà comment une loi de prohibition sexuelle et morale peut être votée en bloc par la droite et la gauche. Seules quelques femmes osent contester le projet, mais on croirait la parole interdite aux hommes - comme s'ils se rangeaient d'office du côté des coupables. Le vocabulaire employé suscite respect et effroi : la France, proclame-t-on, se doit d'adopter une position "abolitionniste". Qui oserait s'opposer à un tel langage ?
Or, il y a confusion des genres. Vous avez une relation sexuelle consentie avec un ou une inconnue : libre à vous (pour l'instant). Vous l'accompagnez d'un échange de monnaie : vous voici passible de deux mois d'emprisonnement. La disproportion de l'acte et de la peine a quelque chose de risible.
Quel crime avez-vous donc commis ? Sans doute pas celui de la commercialisation en soi : nos gouvernements ont marchandisé bien des services autrefois publics ou gratuits. Or, si tout peut être commercialisé, sauf la sexualité, c'est qu'il y aurait en elle ce qu'il faut bien appeler du sacré. Libre à chacun de le croire, mais est-ce à une république laïque de s'en faire l'apôtre ? Jusqu'à nouvel ordre, un péché n'est pas un crime.
"Oui, dira-t-on, mais on n'a pas le droit de vendre son corps." Nuance : les prostituées vendent un service rendu avec leur corps. Les acteurs, les sportifs en font autant, de même que les déménageurs ou les militaires, chacun selon des modalités propres. Sera-t-il permis de gagner de l'argent en faisant la guerre, mais pas l'amour ?

MISE SOUS TUTELLE
"Oui, mais les prostituées ne sont pas libres de leurs actes." Sont-elles plus aliénées que ces femmes de ménage qui vont travailler tous les jours à 4 heures du matin ? Elles sont nombreuses à revendiquer le droit de pratiquer leur métier librement. Existerait-il donc une catégorie de personnes qui ne seraient pas considérées comme majeures et responsables ? Sous prétexte de protéger les femmes, on les met sous tutelle et l'on nous vend en réalité une loi d'ordre moral. Bien sûr, il y a des réseaux criminels qu'il importe de démanteler. Mais on ne réprime pas un abus en supprimant une liberté.
Où s'arrêtera-t-on ? Si la prostitution est interdite, la pornographie doit l'être, ainsi que la nudité sur les affiches, dans les livres, les médias et les expositions : acteurs et mannequins ne font pas moindre commerce de ce corps désormais légalement sacralisé. Une nouvelle brigade des moeurs verra le jour, la police sera entrée dans les chambres et les têtes, et ce jour-là les valeurs fondamentales de notre république auront bien régressé. Pour en arriver là, quels prêtres ou quels imams avons-nous donc sans le savoir élus au Parlement ?
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Eon le Ven 23 Déc 2011 - 9:02

Je me demande si les débats autour de la prostitution ne sont pas à rapprocher de ceux autour des mères porteuses rémunérées. Là où il y a de l'intimité du corps, il y aurait toujours un peu de gêne.

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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Eon le Ven 23 Déc 2011 - 9:14

Dr_Natural a écrit: les prostituées vendent un service rendu avec leur corps. Les acteurs, les sportifs en font autant, de même que les déménageurs ou les militaires, chacun selon des modalités propres. Sera-t-il permis de gagner de l'argent en faisant la guerre, mais pas l'amour ?
Les acteurs, les sportifs, les déménageurs et les militaires, travaillent avec la machine mécanique de leur corps : un corps inérotisé. Dès qu'il est question d'érotiser commercialement le corps, et plus précisément le corps féminin - strip-teaseuses, actrices pornographiques, prostituées, et aussi mères porteuses -, les attitudes changent.
Est-ce inné ? (Ce corps d'où je viens...)
Est-ce culturel ?
Un mix ?

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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  neo-codion le Ven 23 Déc 2011 - 22:26

Les sportifs, un corps inérotisé ? Depuis Leni Riefensthal plus personne n'ose dire pareille chose ! Je ne suis pas sûr d'ailleurs que tous les amateurs de sports qui suivent l'athlétisme à la télévision par exemple, (en particulier les sauteuses en hauteur) ne voient pas le corps inérotisé de Blanka Vlasic... Les sportifs ont sans doute aujourd'hui un corps plus "érotisé" que celui des prostituées.
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  neo-codion le Ven 23 Déc 2011 - 22:33

Le corps inérotisé de Blanka Vlasic :

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Oh Yeah !

Message  Dr_Natural le Dim 8 Jan 2012 - 9:37

Le chanteur Antoine, qui fut l'un des premiers dès 1966, à introduire la culture hippie et le flower power (cf. ses chemises à fleurs) en France, prend parti contre l'interdiction de la prostitution et la pénalisation des clients !


«Prohiber la prostitution n'est pas la solution»
Inspirons-nous de la Nouvelle-Zélande, où la décriminalisation du travail du sexe a permis aux prostitué(e)s de trouver une place juste et saine dans la société.
par Antoine, chanteur, navigateur et réalisateur de documentaires

Je m'appelle Antoine, et, en 1966, je réclamais,dans une chanson, la pilule en vente dans les Monoprix. Aujourd'hui, plus de 90 % des femmes françaises utilisent une contraception efficace.
Pour la première fois depuis près d'un demi-siècle je ressens le besoin de m'exprimer, pour m'opposer au texte de loi abolitionniste proposé à l'assemblée, résolution qui préconise une solution drastique, peu applicable, digne de la prohibition américaine des années 1920, et qui, à l'image de cette triste période de l'histoire des libertés, rejettera les travailleurs et travailleuses du sexe dans la précarité, et la vulnérabilité, n'apportera aucune amélioration au sort des personnes exploitées, et beaucoup de malheur en général.
Malheureusement le rapport effleure à peine, ou ignore complètement la solution tout à fait différente choisie par des pays démocratiques comme la Suisse, l'Allemagne, l'Australie, ou comme la Nouvelle-Zélande, un des pays les moins corrompus de la planète.
En Nouvelle Zélande, la décriminalisation fonctionne
Les personnes qui ont choisi de travailler dans les métiers du sexe y sont depuis près de dix ans entièrement décriminalisées, peuvent s'associer ou être employées, dans des conditions saines et sécurisées pour elles comme pour leurs clients. Ce qui diminue grandement tout problème sur la voie publique.
90 % des personnes ayant choisi ces métiers travaillent indépendamment, dans des établissements déclarés, où elles sont protégées, contrôlées, mais entièrement libres de leur choix : aucun rapport avec les maisons closes d'autrefois, qui les enfermaient. Et, bien sûr, les clients ne sont pas pénalisés, à moins qu'ils ne s'adressent sciemment à des personnes victimes de traite.
Le ministère de la justice néo-zélandais a conduit, cinq ans après la décriminalisation, une étude qui a conclu a l'absence de lien avec le crime, à une quasi absence de coercition, moins de 5% des personnelles exerçant ces métiers mentionnant une contrainte.
La législation néo-zélandaise , très respectée, a même pu constater que, contrairement à ce que clament les zélateurs de la prohibition, aucune augmentation notable du nombre des «sex workers» (travailleurs et travailleuses du sexe) n'a eu lieu ni en temps normal, ni à l'occasion de la récente Coupe du Monde de Rugby.
Le modèle suédois est un leurre
La commission se réfère fréquemment au prétendu succès du modèle suédois, omettant de dire que ce pays est devenu un des pays de la planète qui souffrent du plus grand nombre de viols : ils ont doublé depuis l'année 2000.
Je connais pour ma part à l'étranger comme en France, un bon nombre de personnes qui travaillent dans le domaine du sexe et qui le font de leur plein gré, sans jamais avoir été ni violentées, ni menacées. Il est temps de leur permettre d'accéder à un cadre sûr et respectable où elles pourront exercer sans ostracisme leur activité, qui a, je l'affirme, une notable importance sociale. Il est temps aussi d'aider celles qui sont dans la détresse, mais certainement pas en les rejetant plus encore dans l'illégalité.
Une solution comparable à celle de la Suisse et de la Nouvelle-Zélande, de l' Allemagne, de la Hollande et de l'Espagne, accompagnée bien évidemment d'une active répression des réseaux de traite, et d'une éducation des personnes ayant recours aux travailleurs et travailleuses du sexe, les incitant au respect, serait beaucoup plus à l'image d'un pays démocratique et libre comme la France. Où, depuis cinquante ans, il est clairement établi que les relations entre des personnes adultes et entièrement consentantes ne concernent personne d'autre qu'elles.
Oh Yeah !


http://www.franceinfo.fr/societe-prostitution/antoine-defend-la-prostitution-pas-un-metier-infiniment-pire-que-d-autres-465485-2011-12-06
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Jean-Luc le Lun 5 Mar 2012 - 14:02

neo-codion a écrit:Les sportifs, un corps inérotisé ? Depuis Leni Riefensthal plus personne n'ose dire pareille chose ! Je ne suis pas sûr d'ailleurs que tous les amateurs de sports qui suivent l'athlétisme à la télévision par exemple, (en particulier les sauteuses en hauteur) ne voient pas le corps inérotisé de Blanka Vlasic... Les sportifs ont sans doute aujourd'hui un corps plus "érotisé" que celui des prostituées.

Tu veux dire : avec une plus grande charge érotique ?

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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Mouaip le Jeu 8 Mar 2012 - 20:29

je ne suis pas trop l'évolution de ce projet de loi, ça en est où?
ça embêtera bien les indépendantes et les occasionnelles j'imagine.
mais bon on peut remarquer que certaines s’autoproclament "masseuses" et se couvrent parfois en précisant que tout dérapage ne saurait être dissocié de la vie privée des personnes Laughing
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  neo-codion le Jeu 15 Mar 2012 - 17:32

Il existe en Inde plusieurs communautés où les femmes sont traditionnellement prostituées de mère en fille depuis plusieurs générations. Dans le village de Vania, nommé aussi "le village des prostituées" dans l'état de Gujarat, dans l'ouest de l'Inde, des associations humanitaires et religieuses organisent, dans le cadre d'un programme anti-prostitution, des mariages précoces pour tenter de soustraire les jeunes filles à la prostitution.

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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  hipnik le Dim 1 Avr 2012 - 17:49

A Daulotdia, au Benladesh, un des rares pays musulmans où la prostitution est légale, les femmes sont prostituées de mère en fille. Effectivement, depuis longtemps dans cette ville, les femmes préfèrent donner naissance à des filles à qui elles transmettent le métier et sur lesquelles elles peuvent compter une fois devenues trop âgées.
Reportage photo et sonore sur : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/infographe/2012/03/30/daulotdia-la-prostitution-de-mere-en-fille_1675821_3216.html
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Dr_Natural le Lun 16 Avr 2012 - 14:25

Dans l'axiome "on ne doit pas payer pour avoir du sexe" la proposition des abolitionnistes de la prostitution est la pénalisation des clients, c'est à dire la suppression du sexe pour des gens qui n'ont d'autres moyens que de recourir à la prostitution pour obtenir du sexe. C'est curieux que personne ne propose plutôt la suppression de l'argent !
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Poil le Mer 16 Mai 2012 - 18:17

double message sorry


Dernière édition par Poil le Mer 16 Mai 2012 - 18:34, édité 1 fois
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Poil le Mer 16 Mai 2012 - 18:31

neo-codion a écrit:Oui tu as raison, et pourtant il s'agit bien de sexualité et non de traite d'êtres humains comme veuillent nous le faire croire les abolitionnistes, nouveaux pères-mères la pudeur !

Euh non, il ne s'agit pas de sexualité. La sexualité chez les êtres-humains repose essentiellement sur le consentement, le désir partagé et éprouvé par deux individus.
Dans la prostitution, il a deux nature de consentements qui sont totalement différents, celui de la prostituée est l'argent, celui du client est le plaisir.
Ces deux consentements ne sont pas associables pour parler de sexualité, car quand l'argent vient s'installer au milieu du sexe, il y a toute une dévalorisation de la vraie sexualité, celle qui tient compte du plaisir de l'autre, qui est avant tout altruiste.
Dans la prostitution, il n'y a que le client qui est libre sexuellement, c'est l'argent qui lui permet d'avoir le pouvoir et donc d'imposer son désir de rapport purement pervers et égoïste ! Le client se fiche de ce que ressent la prostituée et de ce qu'elle endure, il a juste l'illusion qu'elle fait un métier comme un autre, alors qu'il ne fait qu'acheter du consentement.
De plus que la prostitution est une pure invention du système patriarcal, considérant que les femmes sont des propriétés utilisables et à disposition des hommes. Donc jusque-là, wahou super la libération sexuelle quand on parle de prostitution ! Suspect
Ce qui me tue c'est les prostituées qui désirent appater des clients parce qu'elles éprouvent du désir sexuel par rapport à leur physique. Et ça, c'est de l'escroquerie, parce qu'elles sont déjà consentantes pour avoir un rapport sexuel, mais elles se servent de leur "statut ou étiquette" de prostituée pour pouvoir en tirer de l'argent.
Alors que si on va voir une prostituée c'est parce que le client ne pense qu'à assouvir son propre plaisir égoiste sans se soucier de le partager. Si le partage sensoriel est éprouvé par les deux personnes pendant l'acte, la valeur de l'argent est nulle. Parce que si le client est capable de donner du plaisir à la prostituée, cela supposerait qu'elle devrait le payer pour lui avoir donner du plaisir . Donc la question de la prostitution est complètement stupide, et elle est soit un traffic soit une escroquerie.
Le sexe est une notion complexe, car c'est là que se relève le VRAI consentement, le VRAI rapport avec autrui.
L'argent au milieu du sexe n'est autre que nuisible pour les relations humaines. Il nous désocialise, nous place au rang de marchandise, d'objets sans dignité.

Et contrairement aux idées reçues, c'est les puritains qui défendent le plus la prostitution. Puisque c'est une invention patriarcale, et que le patriarcat reconnait que si les hommes ont besoin d'assouvir leurs besoins sexuels sur le corps des femmes, donc c'est pourquoi il a longtemps nié le viol (et ne l'a pas condamné) et a longtemps maintenu la prostitution (soit disant parce que s'il n'y a pas les putes, pour que les hommes assouvissent leur besoin sexuel, ils auraient les couilles qui exploseraient Suspect ).
De plus que si les clients sont majoritairement des hommes, et les prostituées des femmes, c'est que cela n'est pas anodin !
Le patriarcat n'a jamais voulu insérer les femmes dans le secteur publique, tout ça pour les maintenir au rang de domestiques à disposition des hommes ! Et si elles n'étaient pas des domestiques (mères) au foyer de leur époux, être pute était pour elles le seul moyen d'être des femmes "indépendantes" financièrement et socialement. Défendre encore la prostitution comme quelque chose de bien, me parait entièrement absurde. Les femmes sont bien rémunérées uniquement qu'en matière d'industrie du sexe. Et Pourquoi ? Tout cela dans le but de maintenir les femmes aux rangs d'objets à disposition des hommes tout en les incitant par les grosses sommes d'argent que procure l'industrie du sexe !

En Allemagne, où la prostitution est légale depuis 2002, on incite les jeunes fillettes aux chômages ne trouvant pas de boulot à aller se prostituer pour ne pas qu'elles perdent leurs allocations.
C'est quoi tout ce chantage ? Vous trouvez ça acceptable vous ?
En tant que femme, je n'ai pas envie d'être contrainte par cette mesure politique pour réussir ma vie professionnelle et vivre convenablement. Toutes ces femmes qui sont favorables à la prostitution ignorent toutes ses conséquences, et ignorent même en quoi la prostitution est une perversité purement machiste.

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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  neo-codion le Jeu 17 Mai 2012 - 7:50

Et que préconises-tu pour ceux qui n'ont pas accès à la sexualité ?
Pourquoi la sexualité ne devrait-elle s'exprimer que dans le contexte d'un désir partagé ?
C'est pas Georges Brassens qui chantait :
"Gloire à la bonne soeur
qui par temps pas très chaud
dégela dans sa main
le pénis d'un manchot"
?

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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  neo-codion le Jeu 17 Mai 2012 - 8:27

La sexualité épanouie etant pour beaucoup une des conditions essentielles au bonheur, et le bonheur des gens ne devrait être que le seul souci de nos dirigeants, moi je préconise la mise en place d'un véritable service public de la sexualité entièrement gratuit et accessible à tous. Les "officiants", prostitués sacrés, hommes et femmes, auraient leur image, leur statut revalorisés et auraient grade administratif d'Inspecteur Général ou de Préfet. Ils seraient acceptés après de très solides études en psychologie, philosophie, anatomie, sexologie, théologie... En outre, les jeunes gens et jeunes filles de plus de quinze ans (majorité sexuelle en France) pourraient s'ils le souhaitent y avoir recours pour apprendre la sexualité et ses techniques...
Cette idée en fait n'est pas de moi, mais j'ai entendu une fois oiseaulys en parler. Et Jean-Pierre Mocky l'évoque dans son film l'Etalon...

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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Poil le Jeu 17 Mai 2012 - 16:17

En outre, les jeunes gens et jeunes filles de plus de quinze ans (majorité sexuelle en France) pourraient s'ils le souhaitent y avoir recours pour apprendre la sexualité et ses techniques...
Cette idée en fait n'est pas de moi, mais j'ai entendu une fois oiseaulys en parler. Et Jean-Pierre Mocky l'évoque dans son film l'Etalon...

A lire de telles énormités, on en ferait une crise cardiaque... c'est limite on a pas envie de s'étouffer quand on lit de tels propos aussi indignes que je-men-foutiste.
En effet, car de ce point de vue-là, on se met du côté de qui ? du bien-être du client ou du bien-être de la prostituée ?
On a tendance à nier que la prostituée est un être-humain ayant droit ELLE AUSSI à avoir accès à une vie sexuelle NORMALE avec du désir et du VRAI CONSENTEMENT !
De ton point de vue, tu es purement du côté égoïste, pervers qui profite de l'autre parce qu'il a l'argent, il a le pouvoir, il peut tout se permettre !
L'autre effectivement, on la laisse dans sa précarité, on la laisse se laisser toujours abuser sexuellement par les autres pour de l'argent.

Quant à dire qu'il serait permis que des gamines de 15 ans se prostituent de manière tout à fait légale en allant dans des écoles spécialisées pour être putes. Alors-là, on fait pas mieux pour encourager l'hypersexualisation des jeunes, et la pédophilie ! Surtout qu'à 15 ans on est pas encore tout à fait stable psychiquement et physiquement, c'est à elles de se découvrir comme bon leur semble. Je vois pas pourquoi on leur mettrait la pression en leur faisant prendre conscience que la prostitution existe et qu'elle rapporte beaucoup d'argent, surtout si on est vierge, et jeune ! Tout cela n'est qu'une entrave à la liberté sexuelle, c'est du conditionnement, du lavage de cerveau, propre aux sectes, dont j'ai l'impression que c'est de là que vous tirez vos discours.

La question que tu n'évoques pas c'est de savoir : POURQUOI SERAIT-CE LES FEMMES A DISPOSITION DES HOMMES ?!
La prostitution freine clairement l'égalité sociale entre les sexes. Puisqu'elle encourage les femmes à se placer au rang d'objets, à les sacraliser, mystifier, pour ne pas les reconnaître en tant qu'égales aux hommes !!! Le patriarcat nous a empêché de vivre notre sexualité non pas en tant qu'être humain, nous renvoyant toujours à des putes, ou des salopes. Une femme qui aime le sexe et qui en plus se fait pas payer, c'est une grosse salope. Par contre un mec qui aime le sexe et qui se fait pas payer pour ses rapports sexuels, c'est un type tout à fait normal.

Tu encourages également à ce que la sexualité soit toujours vue comme une PERFORMANCE, ce qui déshumanise fondamentalement les rapports sociaux entre êtres-humains. On ne se regarde plus en tant qu'êtres humains avec une intégrité, un respect fondamental, mais en tant qu'objets de servitude ce qui amène à bafouer le consentement, car on serait réduite à des marchandises.

C'est effectivement ce qui arrive quand le désir n'est pas partagé, la personne s'adonnant à du sexe juste dans le but de pouvoir avoir de l'argent est forcée d'anesthésier son corps et son ressenti, parce qu'elle n'y consent pas et qu'elle se soumet à l'acte que pour de l'argent. C'est une grosse entrave à la liberté individuelle. C'est comme quelqu'un qui fait le choix de vendre ses organes, parce qu'il a besoin d'argent. S'il vend ses organes, c'est par contrainte, et c'est l'argent qui le mène à faire les choses les plus absurdes envers autrui et soi. (Les mafieux tuent des personnes pour encaisser de l'argent). L'argent est pervers, son usage doit être surveillé de près pour ne pas amener à des dérives sociales entièrement violentes.

La question de la sexualité n'est pas le "comment faire" mais le "comment je le vis, je le ressens". On peut faire l'amour juste par un simple baiser sur la bouche, tout cela n'est qu'une affaire de ressenti personnel, et cela est le propre de la sexualité.

Quant aux handicapés, c'est la société qui les empêche d'avoir une sexualité LIBRE et épanouie avec des sentiments, et du consentement partagé. Les handicapés ont longtemps été regardés comme des sous-humains, devant avoir un accès spécial pour tout, tout ça parce qu'ils n'ont pas le physique tant espérer et voulu par la société.
C'est le regard péjoratif et répulsif de la société qui amène les handicapés à vivre une sexualité acheté, ou il n'y a pas de sentiments, pas de désir partagé, que de la "performance". Et oui ! notre patriarcat veut inciter/encourager les mecs à se vider les couilles sinon ils vont en mourir, car ils n'auront pas assouvi leur petit caprice sexuel ...

Je recommande cet article à lire : http://sandrine70.wordpress.com/2012/05/08/vers-une-societe-du-bien-etrepour-les-hommes/


Voilà une vidéo qui dit juste



Et voir aussi Rebecca Mott survivante de la prostitution qui a subi un lavage de cerveau avec les films pornographiques et s'est lancée dans la prostitution à 14 ans.
http://sisyphe.org/spip.php?auteur1258


Dernière édition par Poil le Ven 18 Mai 2012 - 15:49, édité 1 fois
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Jean-Luc le Jeu 17 Mai 2012 - 18:02

Houla ! Visiblement vous ne parlez pas de la même chose ! Je suppose que neo parlait de l'initiation des jeunes gens, telle qu'elle se pratiquaient dans certaines sociétés antiques... par des prêtresses initiatrices.

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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  oiseaulys le Jeu 17 Mai 2012 - 18:07

Bonsoir, j'aimerais ne pas être cité pour des propos que je n'ai pas tenu sur ce forum !
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