Prostitution : pénalisation des clients

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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Dr_Natural le Dim 2 Sep 2012 - 20:42

Il est légitime de lutter contre la traite des êtres humains.
Mais n'imitons pas la prohibition des années 1920

"Repensons la prostitution"


Par Dominique Noguez, écrivain

On se demandait combien il faudrait de temps pour que ce nouveau gouvernement de gauche cesse clairement de le paraître. Il n'a pas fallu un mois.
Un mois pour que l'une de ses ministres, pourtant des plus sympathiques, des plus intelligentes, ne se signale par une des déclarations les plus réactionnaires qu'on ait proférées dans les palais nationaux depuis des lustres.

En déclarant au Journal du dimanche le 24 juin qu'elle souhaitait, excusez du peu, que "la prostitution disparaisse ", la ministre des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, rejoignait d'un coup, et dépassait même, les plus archaïques vieilles bedoles de l'UMP préparant le coup d'éclat du 6 décembre 2011. Ce jour-là, l'Assemblée nationale a voté, paraît-il, "à l'unanimité" une résolution parlementaire "assimilant la prostitution à une forme d'exploitation sexuelle".

En réalité, ce jour-là, une poignée d'orateurs se sont entre-écoutés pendant moins de 45 minutes dans un Parlement vide aux 9/10e. Belle unanimité ! Le point de départ et l'alibi de ce "débat" étaient une "mission d'information", constituée en 2011 sous la férule d'une socialiste aujourd'hui à la retraite, Mme Bousquet, et de M. Geoffroy, de l'UMP, qui, sur deux cents personnes auditionnées, en a entendu quinze à peine qui aient une connaissance directe de l'activité qui donne tant de boutons à nos vaillants missionnaires.

Soyons clairs : il est légitime, bien sûr, et même urgent, de lutter contre la traite des êtres humains, à visée sexuelle ou non. Et donc de lutter efficacement contre le proxénétisme. Mais on n'y parviendra pas en mélangeant tout, en érigeant des cas minoritaires en loi générale, en laissant quelques censeurs professionnels, nostalgiques de l'Inquisition, menacer les libertés les plus fondamentales.

Actionnée en sous-main par des groupuscules, la démarche de ces croisés repose sur un grand flou conceptuel, sur des statistiques invérifiables, sur un raisonnement surréaliste et, surtout, sur trois postulats liberticides, toujours les mêmes.

Le flou conceptuel : ils font comme s'il existait une "prostitution" - à supposer que ce mot préhistorique doive encore être employé - et non une multitude. Quoi de commun, en effet, entre une jeune Ghanéenne exploitée mafieusement sur les Grands Boulevards et une étudiante (ou un étudiant) proposant par l'intermédiaire d'Internet ses services d'"escorte" à de riches clients en voyage d'affaires ? Entre un gigolo draguant dans les thés dansants et une femme mariée mettant son époux à l'amende, à l'instar de l'héroïne d'une nouvelle de Maupassant, toutes les fois qu'il veut obtenir ses faveurs ?

Pour rassembler ces faits différents dans un même opprobre tout en rajeunissant leur argumentation, ils ont remplacé le vieux tabou de la chair judéo-chrétien par la notion néo-écologique de "marchandisation du corps humain", furieusement agitée depuis quelque temps comme une crécelle.

Expression qui en jette, mais qui, en réalité, pourrait également s'appliquer à une ribambelle d'activités non sexuelles comme celle d'homme-sandwich, de docker ou de footballeur professionnel, et même à une institution comme le mariage, qui partage avec la prostitution le souci de substituer à des rapports purement passionnels ou pulsionnels l'idée plus civilisée de relations fondées sur un contrat.

Sans compter qu'on pourrait tout aussi légitimement décrire une autre importante partie des activités humaines comme effets d'une "marchandisation de l'esprit humain" - pensons, presque au hasard, aux métiers de nègre littéraire, de professeur en collège sensible ou d'avocat commis d'office, qui consistent tous à tarifer à autrui des compétences intellectuelles qu'on met à sa disposition sans la plupart du temps en retirer le moindre plaisir.

A définition confuse, statistiques impossibles. Plusieurs des neuf orateurs de décembre 2011 ont ânonné le même chiffre (établi comment ? soufflé par qui ?), "20 000, dont 85 % de femmes". Mais on peut plus plausiblement parier que, sur une population de 65 millions d'habitants, ceux ou celles qui tirent, en France, régulièrement ou occasionnellement, des avantages matériels de leur complaisance sexuelle sont dix, vingt ou cent fois plus nombreux, et dans des proportions beaucoup plus proches de la parité.

Mais le plus étonnant dans ces "éléments de langage" répétés jusqu'au Parti socialiste, c'est le fond du raisonnement. Il se décline en trois temps :

1. Tout ce qui ressemble en France à une relation sexuelle tarifée constitue une seule et même institution.

2. Or il y a des zones de cette institution qui sont répréhensibles.

3. Donc, il faut abolir l'institution.

On reconnaît cette étrange logique : c'est celle qui, en matière d'alcool, s'est appelée "prohibition" entre 1919 et 1933 aux Etats-Unis avec le succès qu'on sait. C'est celle du tout ou rien.

C'est comme si, parce qu'on blanchit de l'argent sale dans certains casinos, on décidait d'abolir les casinos ; ou comme si, parce qu'on emploie du personnel au noir et sans respecter le code du travail dans certains restaurants, on abolissait les restaurants. A la trappe !

Notons simplement qu'il y a une autre logique, moins proche du père Ubu et plus proche du bon sens, qui consiste à réformer l'institution - à la réglementer - de façon à en empêcher les dysfonctionnements.

Mais on préfère nous bassiner avec la Suède puritaine, dont la politique de pénalisation des clients, instaurée en 1999 et imitée depuis par la Norvège et l'Islande, se révèle de plus en plus clairement un échec, l'insécurité des prostitué(e)s et le nombre de viols étant dans ces pays en progression constante.

Réfléchir, au contraire, à une politique de réglementation efficace comme celle à laquelle se sont ralliés des pays comme l'Allemagne, la Suisse, l'Espagne, la Nouvelle-Zélande ou encore l'Australie (où la justice vient d'autoriser l'ouverture 24 heures sur 24, à Sydney, d'un établissement géant) demanderait autrement de courage politique.

Et surtout, cela risquerait de marcher. Or ce qui intéresse nos missionnaires, ce n'est pas l'abolition (ils n'ont choisi ce mot trompeur que pour détourner un peu de l'enthousiasme que l'abolition de la peine de mort suscite), c'est l'infini plaisir de mettre leur nez dans les affaires intimes des autres. Et cela à la faveur de trois postulats qui sont autant de fantasmes.

Le premier est qu'il n'y a de prostitution que féminine : "C'est la demande des hommes, expliquait par exemple une des oratrices du 6 décembre 2011, qui génère la prostitution, laquelle est une forme de domination de l'homme sur la femme." Que des hommes puissent se prostituer à des femmes ou à d'autres hommes ou des femmes se prostituer à d'autres femmes ne semble jamais leur avoir traversé l'esprit.

A défaut d'un peu de lucidité sur leur propre entourage, la littérature (à commencer par A la recherche du temps perdu de Proust) ou le cinéma (de Macadam Cow-boy de John Schlesinger à Cliente de Josiane Balasko) auraient pourtant pu depuis longtemps leur ouvrir les yeux.

Or leurs yeux ne sont pas plus ouverts à ces réalités qu'à l'existence d'un nombre important d'individus des deux sexes choisissant librement ce métier de préférence à d'autres et désirant l'exercer sans opprobre.

Des femmes comme Grisélidis Réal ou Claire Carthonnet, des associations comme Cabiria ou le Strass n'ont cessé de le proclamer haut et fort depuis des décennies. En pure perte. Les obsédés de la prohibition ne veulent pas les entendre. Leur credo : vous croyez choisir librement, mais vous n'êtes pas libres, vous ne savez pas ce que vous faites ; de toute façon, nous savons mieux que vous ce qui est bon pour vous !

Parler à la place d'autrui, c'est le fond de leur marotte. Mais ce n'est pas tout. Il ne leur suffit pas d'avoir barre sur les consciences, il leur faut aussi les corps. D'où l'idée de punir les clients.

Voilà leur troisième fantasme, le plus tenaillant. Ils sont de l'antique et increvable armada des fouille-culottes, de ceux qui s'intéressent passionnément à la sexualité d'autrui, toujours pour la surveiller, si possible pour l'interdire, un peu pour la voir.

Concluons cependant avec espoir. J'ai écouté attentivement le discours de politique générale du premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le 3 juillet : pas un mot sur ces questions.

On peut donc espérer que ces sourdes menaces d'Inquisition et de châtiments n'étaient que la lubie d'une ministre étourdie ou de l'une de ses collaboratrices survoltée, et que le bon sens et le respect des valeurs de gauche l'emporteron

Le Monde 2 septembre 2012
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Ria_Bartok le Lun 3 Sep 2012 - 9:46

Dr_Natural, tu relances le débat ? ça c'était calmé de ce côté... Very Happy
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Dr_Natural le Jeu 22 Nov 2012 - 21:47

Retrait d'une proposition de loi sur l'abrogation du délit de racolage !
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Dr_Natural le Sam 1 Déc 2012 - 20:07

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Sagesse

Message  Dr_Natural le Mar 18 Déc 2012 - 20:06

La sénatrice EE-LV Esther Benbassa a annoncé qu'elle allait déposer, avec le Syndicat des travailleurs du sexe, une proposition de loi visant à abroger le délit de racolage passif. Elle s'appuie sur un rapport de l'IGAS (Inspection des affaires sociales) qui montre que la santé des prostituées s'est dégradée depuis cette loi qui isole les prostituées, aggrave leurs risques sanitaires, les violences et la précarisation.
L'IGAS qui ne prend pas partie sur la pénalisation des clients met en garde toutefois contre la tentation de considérer la prostitution comme un grand fourre-tout à prendre en bloc, sans distinguer la réalité des situations particulières...
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Pénis

Message  mimi pinçon le Jeu 27 Déc 2012 - 11:57

Poil a écrit:.
Freud a dit beaucoup de conneries (...).

C'est fou ce que le désir de pénis est, à leur insu, présent et parfaitement visible, sauf bien sûr pour elles, chez la plupart des "féministes" !
Il est urgent de redécouvrir vraiment Freud !
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Dr_Natural le Sam 19 Jan 2013 - 19:07

NTERVIEW
Antoine, la tendresse bordel
9 novembre 2012 Libération
Par BAYON
Le chanteur globe-trotter défend la prostitution, qu’il érige en arts du lit, à l’heure où le gouvernement socialiste entend la faire «disparaître».



Drôle de gars, drôle de débat. Les putes et Antoine, dans Libération. C’est-à-dire ? Antoine (Pierre Muraccioli), le chanteur, est quelqu’un sans qui les années 60-70 ne seraient pas ce qu’elles furent - pour le mieux -, ni «les passions françaises» ni la vie.

En deux mains de tubes, sur la lancée historique de ses Elucubrations folk-rock 1966, ce minet hippie centralien rénovateur à cheveux longs, chemises à fleurs pré flower power et harmonica, lanceur imparable de «mettez la pilule en vente dans les Monoprix» (initialement «le haschich en vente dans les Monoprix»), fit sa carrière éclair de pionnier du «rock français» avec son groupe Les Problèmes (1) sur le mode prophétique de Je dis ce que je pense, je vis comme je veux. Pas vraiment l’air du temps De Gaulle, qui défaillit, avec la sinistre Yvonne, de ses «Oh yeah» salutaires sur fond de «révolution sexuelle».

Après tout, l’épatant bordel social dudit Mai 68 ne fut jamais qu’une histoire de cul (de «panculs» de Nanterre), grâce à saint Cohn-Bendit, autre grand dépoussiéreur de dogmes bon vivant, et à des frondeurs autonomes goguenards comme Antoine, entre Jacques «crac boum hue !» Dutronc, Michel «j’aimerais simplement faire l’amour avec toi» Polnareff et le beau Serge «entre tes reins» Gainsbourg.

Chez le provo franco-allemand ébouriffé comme chez le débatteur natif de Madagascar, un même esprit, un instinct décalé de sédition anar contre la tendre «Bêtise au front de taureau» yé-yé. Commune liberté d’allure hédoniste communautaire. Les deux, Dany le Rouge et Antoine le Fleuri, faisant en résonance ludique honneur à cette époque jouissive d’émancipation, si décriée depuis par «les refroidis» - comme dit le chanteur dérivant au rappel, après une trentaine d’années de décrochage marin.

Prenant la vie du bon côté, à voile et au solaire, passés cinq ans de vedettariat et après avoir évolué comique troupier de haute lignée, star italienne de San Remo, ou gendre idéal recoiffé mi-long grillon du foyer TV (entre Drucker et Danièle Gilbert), le populaire Antoine largua en effet les amarres, d’un coup, au début des années 70, pour trente-huit ans de croisière, de rêve routard océanique, entre Brel, Gauguin et Bombard. Un Eloge de la paresse naturiste en actes, des Açores au Vanuatu - sans jamais cesser d’émettre : radio, télé, pub (Atol), films, conférences, photos, écologie à la Hulot (Touchez pas à la mer), livres, tribunes…

En février, dans les pages Idées de notre confrère le Monde, loin des lagons, c’était une adresse réjouissante aux élites grises sur la question du «plus vieux métier du monde» - et le plus malmené ces temps-ci au pays du «gai Paris» en proie à un sale retour du refoulé moraliste. Honneur aux putes et à leur respectable clientèle.

Dans la foulée de cette bouteille à la mer refluée sur vague rose, conséquent et entreprenant, sérieusement engagé mais léger si possible, Antoine, 68 ans, revient à la charge, en «pingouin» intello pas si «manchot», à l’heure où le Parti socialiste mal inspiré en remet une louche dans le déni rétrograde, jusqu’à faire mentir son maître ancien Mitterrand (lire ci-contre) par la voix de la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, décrétant l’ahurissante «disparition» de la prostitution antédiluvienne.

Soit un essai et un refrain de sortie combinée, sur l’air slogan des «arts du lit». Sondé à ce sujet, à table, au téléphone ou sur le Net, Antoine, héraut inattendu de la cause des femmes (et hommes) prostitué(e)s («travailleurs du sexe», comme dit l’anglo-saxon), se révèle très surveillé, jusqu’au strict - notamment choqué par les mots «tapins» ou «s’enfiler» dans notre bouche. Didactique, politique, le défenseur du plaisir se défend de tout écart égrillard. Finalement trop sérieux, boutonné - gaullien ? Voire. La question sensible du commerce sexuel mérite sans doute un peu de correction.

Vos arts du lit sont au fond très sages…

Mon livre cherche avant tout à être documenté, aussi précis que possible, attirant l’attention sur tel ou tel point de réglementation, telle ou telle législation choisie ailleurs. C’est un texte pragmatique que j’ai voulu sans stridence, sans provocation, pour me démarquer de l’attitude prohibitionniste ; un ouvrage en fait assez technique, qui souhaite aider les gens à découvrir d’autres solutions que la répression.


Vous n’invoquez que le seul «apaisement» que procureraient les amours tarifées.

J’entends par là l’apaisement physique bien sûr, mais surtout l’apaisement du mal-être, de la solitude, des doutes sur ses propres capacités. Les lois prohibitionnistes, les lois pour la sécurité intérieure (Loppsi) de Sarkozy - mais déjà, bien avant, l’interdiction de tout soutien et toute aide aux prostitué(e)s, et l’interdiction de louer ou d’acheter un local où exercer en sécurité et dans plus de confort et d’autonomie - conduisent à cette caricature, savamment exploitée par les abolitionnistes, qui prétend que les clients ne voient dans les professionnel(le)s que des orifices. C’est passer sous silence les relations bien plus humaines, amicales, tendres parfois, qui se nouent entre professionnel(le)s et clients dans des contextes plus libres : beaucoup cherchent plutôt ce qu’on appelle une GFE, «girl friend experience», c’est-à-dire à partager un moment avec une personne qui se comporte comme si elle était leur petite amie. La relation sexuelle en fait sans doute partie, mais plus important est le contact humain, qui peut même inclure de la part des professionnels une action éducative, des conseils. Quelques instants, comme lorsqu’il regarde un film ou écoute une chanson, le client ou la cliente se met dans la peau du héros aimé.

Pourquoi cette passion de la prostitution ?

Je n’ai pas de passion pour la prostitution. J’ai la passion de la liberté d’esprit, de pensée. Liberté d’aimer, respecter et protéger les autres, liberté de vivre en harmonie avec mes convictions. Je n’ai aucune passion pour la prostitution contrainte, mais j’ai un grand respect pour les personnes qui ont choisi ce métier de leur plein gré, et qui fournissent véritablement un grand service à leurs semblables.

Vous auriez aimé être une femme, dites-vous, pour ne pas être suspecté de machisme…

Je suis très content d’être un homme, cela ne m’aurait pas déplu non plus d’être une femme, et je pense effectivement que pour défendre plus légitimement les professionnels du sexe, qui sont à 70% des femmes, il vaudrait mieux en être une… Mais pas une de ces féministes autoproclamées qui, associées aux formes les plus puritaines de la prohibition, refusent d’écouter les personnes qui ont librement fait ce choix.

Vous revendiquiez jadis : «Je fais tout ça pour moi / Pas pour vous / Comprenez-le». Du moi à l’altruisme ?

Je raconte dans un livre, Au bout de mes rêves, que cette chanson, Je dis ce que je pense, je vis comme je veux, écrite sur commande de mon manager Christian Fechner, ne m’a jamais ravi et que j’ai vite cessé de la chanter. Trente ans plus tard, j’entends sur France Culture une émission consacrée à des prostituées belges qui expliquent très intelligemment qu’elles ont choisi ce métier et font ce qui leur plaît, même si les «bien-pensants» les critiquent. L’émission s’achève, démarre une intro musicale qui me dit quelque chose… Bon sang, mais c’est celle de Je dis ce que je pense que le réalisateur a choisie pour illustrer le propos de ces femmes !

C’est la seule fois de ma vie où j’ai été fier de la chanson ; presque autant que quand mon fils, en terminale, m’a annoncé que les Elucubrations figuraient dans son manuel d’histoire.

Dans la chanson les Arts du lit, il n’y a rien sur les tapins pédés…

Je ne voulais pas que ma chanson soit trop longue, mais j’aurais sans doute pu ajouter un couplet sur un gars faisant l’escort pour hommes (je ne l’aurais pas traité de «tapin pédé» !). J’aurais pu aussi parler de clientes femmes préférant les femmes, comme Liza Minnelli qui disait avoir recours à ce qu’elle appelle des «michettes».

Idéologiquement, où situer Antoine ?

Je ne me situe nulle part en politique, je suis plutôt le Fool on The Hill de sir Paul Mac. Ma vie au bout du monde me permet d’avoir une image d’ensemble, épargnée par les intox et les endoctrinements.

Votre première pute, comme usager ?

J’étais déjà Antoine, je n’étais plus puceau et c’était en Italie. Je l’ai raconté dans mon autobiographie, Oh Yeah : «L’éditeur avait une tradition, qu’il entendait nous faire respecter ; quand un artiste étranger connaissait l’Italie, à l’occasion d’une de ses venues, il l’invitait non pas à une réception, ni à un dîner… mais au bordel. Il y avait alors en Italie des petites "maisons" sympathiques, pavillons de banlieue anonymes où une mamma veillait sur deux ou trois pensionnaires ; une ou deux chambres à letto matrimoniale [un lit deux places, ndlr], un salon pour boire une grappa ou un amaretto en attendant. J’ai été invité avec fermeté à goûter une des spécialités de la maison. "Ça ne vous dérange pas qu’il y ait déjà quelqu’un d’autre dans la chambre ?" m’a-t-on demandé. C’est comme ça que je me suis retrouvé dans un lit de gentil bordel d’Italie, câliné par une sympathique Napolitaine, tandis qu’à mon côté, une Romaine prodiguait ses faveurs à… Claude François, également en tournée de promotion en Italie… Il plaisantait avec moi sur ce sujet des années plus tard, à chacune de nos rencontres.»

Pourquoi la thématique de la prostitution ? Pourquoi pas celles des Roms ou des drogues ?

Parce que, dans ces domaines, je me sens un peu impuissant ; tandis que dans le domaine du travail du sexe, j’ai une sensation différente : on est très près de prendre enfin la bonne direction, une dépénalisation comparable à celle choisie par la quasi-totalité des pays qui nous entourent, redonnant aux professionnel(le)s les mêmes droits qu’aux autres travailleurs, et faisant de ce métier, comme le suggère l’avocat Francis Caballero, auteur du Droit du sexe, «un bien nécessaire dans une société démocratique». Dans Délivrez-nous des dogmes, prélude aux arts du lit, je raconte comment une petite partie de l’ancienne Assemblée nationale a préféré une direction différente et rétrograde, choix réitéré - à la grande surprise de beaucoup de gens qui avaient voté pour François Hollande - par le nouveau gouvernement. Ma modeste notoriété me donne la sensation que je pourrais être entendu et l’envie de faire pencher les choses du côté de ceux qui veulent vraiment protéger les prostitué(e)s, les respecter, leur redonner les mêmes droits qu’aux autres, plutôt que du côté de ceux qui, prétendant les aider, leur maintiennent la tête sous l’eau en espérant qu’elles renoncent à leur métier.

Vous seriez prêt à vous prostituer pour rendre service à des femmes, dîtes-vous. Quid des mecs qui voudraient s’enfiler Antoine ?

Dans ma conception de la prostitution, personne ne «s’enfile» personne. Mais, même si la partie homosexuelle de ma personnalité a eu peu d’occasions de s’exprimer, elle existe indéniablement.

Faut-il rouvrir les beaux bobinards de la rue Ballu (dans le IXe à Paris) ?

Je n’ai pas connu les bobinards de cette rue (pour moi, c’est l’adresse d’une antenne de la Sacem). Je ne pense pas qu’ils étaient l’idéal, les pensionnaires y étaient d’une certaine façon encloses, mais au moins étaient-elles en sécurité, au chaud. On aurait pu améliorer leurs conditions de travail, comme on l’a fait pour les autres professions, mineurs, marins-pêcheurs, ouvriers du textile ou employés de maison, plutôt que de les jeter à la rue en prétendant leur rendre leur «dignité».

Comment «travaillez-vous», vous le globe-trotter flottant ?

Même si je ne suis ni une femme ni un travailleur ni une personne prostituée (quoique nous tous, qui nous «mettons en avant» - étymologie exacte de pro statuere, sans notion péjorative -, chanteurs, journalistes, acteurs, politiques, nous nous «prostituons»), j’ai cependant quelque légitimité à aborder ce sujet : il y a quarante-cinq ans, je revendiquais «la pilule en vente dans les Monoprix» ; je n’ai pas la prétention d’avoir changé la loi, mais j’ai dû aider à dédramatiser le sujet car, un an et demi plus tard, la contraception était légalisée. Ma licence de sociologie n’a pas dépassé le stade de la deuxième année, mais l’obtention de mon diplôme de l’école Centrale m’a appris à respecter les nombres et à me méfier des chiffres de convenance. Je parle couramment anglais, donc j’ai accès à une source d’informations infiniment plus grande que celle des seuls textes francophones. Et puis Internet permet tant de choses : un mot, deux, et on retrouve quantité d’articles. Il m’arrive de regarder, du bout du monde, sur mon bateau, des débats à l’Assemblée nationale. Les circonstances, je le raconte dans le livre, m’ont aussi amené à m’entretenir avec de nombreuses personnes, philosophes, sociologues, de nouer des relations avec les chercheurs, les politiciens de tous bords. A Centrale, on m’a surtout appris à retirer d’un épais document, en peu de temps, l’essentiel.

Né à Madagascar, grandi outre-mer… Cela a-t-il influencé vos vues sur les arts du lit ?

Mon père était ingénieur des travaux publics dans ce qui s’appelait à l’époque la France d’outre-mer. Nous changions de résidence à peu près tous les deux ans, découvrant des communautés aussi différentes que les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon, du Canada, des Etats-Unis, du Cameroun, mais aussi de diverses villes de France où nous vivions entre deux périples. C’est sans doute de là que je tiens ma passion des voyages, et une ouverture d’esprit qui m’a toujours incité à accepter les différences entre les gens, les manières de vivre. Sur le plan des rapports hommes-femmes, j’ai eu la chance de fréquenter, adolescent, des collèges et lycées mixtes à l’étranger, quand ceux que je retrouvais à nos retours en France séparaient garçons et filles, ce que j’ai toujours trouvé malsain.

A l’époque des Elucubrations d’Antoine, vous avez bataillé contre votre management pour défendre le couplet sur la pilule…

Rendons à Christian ce qui était à Fechner : mon «directeur artistique» débutant a montré par la suite son extraordinaire talent pour les affaires, en devenant un des plus grands producteurs du cinéma français. Lui n’était pas opposé au couplet réclamant «la pilule en vente dans les Monoprix», il m’a même encouragé, comme il m’avait encouragé à enregistrer une ballade réclamant l’abrogation de la loi de 1920 qui prohibait toute contraception, pilule, préservatif, avortement bien sûr, et interdisait même d’en parler… Fechner a vaincu les réticences de la maison de disques qui hésitait à publier cette prise de position contraire à la loi. Si j’ai préféré ensuite voler de mes propres ailes, c’est juste que la technique de Fechner consistant à «presser le citron» ne correspondait pas à ma philosophie.

Antoine, as de la com avant l’heure et toujours ?

Je ne pense pas. Quelques phrases, positions que j’ai prises de façon individuelle et sincère, voire candide, ont eu un retentissement, les faisant passer en slogans : «La pilule en vente dans les Monoprix», «Johnny Hallyday en cage à Medrano», «Touchez pas à la mer», et maintenant «les arts du lit». J’ai raconté comment cette phrase m’est venue en voyant honorer les arts de la table. Il est vrai que lorsque j’ai vu l’effet qu’elle produisait, j’en ai fait le titre d’une chanson et la devise de ma démarche. Pour ce qui est du slogan de la coopérative d’opticiens dont je suis depuis douze ans une des icônes, je n’en suis pas le créateur, simplement l’interprète.

Les arts du lit en deux mots ?

C’est mon affirmation que le commerce de l’amour, débarrassé des prohibitionnismes qui causent l’essentiel de ses laideurs, pourrait être aussi simple et honorable que les arts de la table, vaste univers né de la gastronomie qui fait vivre des millions de personnes et apporte à des millions d’autres des instants de bonheur.

Les arts du lit, c’est l’idée d’un possible moins pénalisant, moins diabolisé, un effort pour rendre à cette activité ses lettres de noblesse en montrant à quel point la réduire à la violence des trafics est injuste : il existe mille prostitutions diverses, des filles violentées par les mafias aux escorts de luxe, en passant par toute la gamme des personnes qui ont choisi cette activité, de façon prolongée ou occasionnelle, comme meilleure option possible dans l’état actuel de la société.

Qui sont vos conjurés ?

Je n’ai pas de «conjurés» autour de moi - sauf ma première lectrice et conseillère, la compagne qui partage ma vie depuis plusieurs décennies (si j’avais la certitude que Dieu lit Libération, j’en profiterais pour le remercier d’avoir mis sur mon chemin une personne aussi conforme à tous mes désirs). Et puis les milliers de personnes, reconnues ou inconnues, qui ont pris la parole dans les médias pour s’élever contre la croisade abolitionniste qui n’est, elle, le fait que d’un petit nombre d’associations et de personnalités, toujours les mêmes, s’évertuant à diaboliser aussi bien les travailleurs du sexe que leurs clients. Mes conjurés, non, mes appuis, je les ai rassemblés, mieux qu’en une pétition, sur un blog.

Prêt à animer une commission gouvernementale sur le sujet ?

Je ne pense pas. Les artifices et la lenteur administratifs m’insupporteraient vite. Mais communiquer, faire découvrir à des députés, sénateurs, certaines réalités déformées par les antiprostitution me semble une juste cause.

(1) Tenus pour le seul groupe français par le magazine «Rolling Stone», Les Problèmes (alias Les Tarés…) auront une carrière de marioles «tourlourous», sensationnelle, au cinéma comme en disques, sous le nom révisé de Charlots.

LES ARTS DU LIT sur le CD DEMAIN LOIN d’ANTOINE chez Polydor-Universal, 15,99 €.
DÉLIVREZ-NOUS DES DOGMES d’ANTOINE Editions Léo Scheer, 184 pp., 20 €.
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Dr_Natural le Sam 19 Jan 2013 - 19:09

SOCIÉTÉ

Quand la gauche parlait dignement de prostitution

9 novembre 2012 Libération

Par BÉATRICE VALLAEYS
Autres temps, autres mœurs. La preuve ? Ce reportage paru dans Libération en octobre 1981, qui montre comment le tout nouveau pouvoir de gauche se préoccupe des prostituées, à l’exact opposé de la manière empruntée par l’actuel gouvernement, également de gauche. En 1981, au plus haut sommet de l’Etat, on discute très naturellement d’une dépénalisation de la prostitution. En 2012, on prétend l’abolir en la criminalisant.
Trente-et-un ans plus tôt, François Mitterrand est à l’Elysée. Le Premier ministre, Pierre Mauroy, sans considérer le sujet comme une priorité, estime important de s’intéresser au sort des prostituées qui, depuis 1975, désignent l’Etat comme leur premier proxénète. Car, si la loi n’interdit pas la prostitution, elle punit par des contraventions son exercice - le racolage. Alors que les prostituées sont redevables de l’impôt, elles sont taxées par des amendes : en clair, elles paient doublement l’impôt à l’Etat qualifié à juste titre de maquereau. Quant aux articles de loi qui pénalisent le proxénétisme, ils sont tellement flous qu’ils autorisent n’importent quoi. Les prostituées se révoltent en occupant des églises un peu partout en France, mais l’hypocrisie qu’elles dénoncent demeure. L’arrivée de la gauche change d’un coup la donne : à l’initiative du ministre des Droits de la femme, Yvette Roudy, encouragée par la présidente du Planning familial, Simone Iff, les ministères concernés sont sommés de trouver des solutions pour dépénaliser la prostitution et, donc, démarginaliser leurs professionnelles. Car alors, c’est bien ainsi qu’aux Finances, à l’Intérieur, la Justice, la Solidarité nationale, au Temps libre et aux Relations extérieures, on considère les prostituées. Avec cet objectif clair : œuvrer pour la liberté des femmes en supprimant les mesures discriminatoires. Certaines disparaissent, comme la notion arbitraire de racolage, surtout celui dit «passif» (se tenir simplement sur le trottoir). Un accord est trouvé sur les déclarations de revenus, ce qui ouvre aux prostituées l’accès au droit de vote. On offre à celles qui veulent quitter le métier des formations professionnelles que beaucoup vont suivre. «Les prostituées avaient gagné en dignité», dit aujourd’hui Simone Iff, effarée par l’attitude du gouvernement. D’autant qu’il adhère en tout point à la politique de Sarkozy, responsable de la régression actuelle.
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Jean-Luc le Lun 18 Mar 2013 - 21:51

Le 28 mars 2013 une proposition de loi visant à l'abrogation du délit de racolage public sera présentée en première lecture au Sénat. La suppression du délit de racolage (actif et passif) était une promesse de campagne du candidat Hollande.
Nul doute que l'abrogation du délit de racolage sera à terme remplacée par une loi sur la pénalisation des clients.

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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Dr_Natural le Sam 23 Mar 2013 - 13:40

Ils ne savent vraiment pas par quel bout prendre, si j'ose dire, le sexe, la sexualité et le désir révolutionnaire...
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Ardwenn le Mar 26 Mar 2013 - 10:39

A dire vrai, j'ai plutôt l'impression qu'il savent parfaitement ce qu'ils font, depuis trente ans.
Et qu'ils suivent depuis une stratégie déterminée pour imposer un nouvel ordre moral patriarcal, dont la création des LGBT est le dernier avatar.
Il ne faut jamais sous-estimer l'adversaire.
On a parfois l'impression qu'"ils" connaissent Wilhelm Reich à la perfection, et appliquent ses découvertes à la manipulation des masses...
Ce qui semble sûr, c'est que l'"american college of orgonomy" est souvent, et parfois de bonne fois, proche des mileux néo-cons, si pas du pouvoir.
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  mimi pinçon le Mar 26 Mar 2013 - 19:58

On a vraiment l'impression que le capitalisme (vous avez remarqué que le mot lui-même avait, de nos jours, mystérieusement disparu du champ lexical ?) utilise plus que jamais toutes les pseudo-luttes LGBT, "féministes", celles des "minorités sexuelles" , bref, des "diversités", et les suscite même, pour pouvoir continuer à se maintenir en place... Tous ceux-là sont devenus les idiots utiles du capitalisme !
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  creme_de_marron le Mar 26 Mar 2013 - 20:46

Aleksandra Kollontaï, (qui a inventé la journée de la femme du 8 mars) faisait déjà la même analyse dans les années 1920 !
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  creme_de_marron le Mar 26 Mar 2013 - 20:49

Je ne me suis jamais sentie à l'aise avec ces "féministes"...
Les luttes féministes doivent s'inscrire dans une lutte plus globale... et non contre
C'était en tous cas notre point de vue dans les années 60...
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Dr_Natural le Mer 27 Mar 2013 - 10:37

Diviser pour régner, non ? Vieil adage !
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Ardwenn le Mer 27 Mar 2013 - 11:32

Ce qui me frappe, c'est qu'on regroupe sous le terme "féministes" deux tendances radicalement opposées.
Et ce sans que personne n'ait l'air de trouver ça bizarre.
D'un côté, les "féministes" qui se disent radicales, et qui, d'après moi, sont simplement antisexuelles. Elles diront, elles, qu'elles militent contre ce qu'elles appellent désormais l'"hétérosexisme". Ce que, pour ma part, j'appelle l'amour naturel entre un homme et une femme. La plus belle illustration de cette tendance étant les mercenaires nommées "Femen".
D'un autre, certaines féministes, nettement plus rares, dont les observations vont au fond des choses.
Je pense à Mona Chollet, dont le livre "Beauté Fatale" montre comment la féminité naturelle est laminée, ratiboisée, déniée, pour, plus que jamais, transformer le corps féminin en objet de fantasmes.
Fantasmes, qui, par ailleurs, sont produits par l'industrie du porno.
Je pense, bien sûr, à Riane Eisler, dont le livre "le Calice et l'Épée" est incontournable pour quiconque veut comprendre la manière dont le patriarcat a écrasé, voici plus de 5.000 ans, le matriarcat dans le bassin méditerranéen, avant de se diffuser sur l'ensemble de la planète.
On peut presque affirmer que de nos jours, le féminisme est devenu une imposture. Il est, en tout cas, curieux, que plus aucun "féministe" ne défende l'existence de valeurs féminines, ni d'une perception spécifiquement féminine de la réalité.
Il faut aller vers la littérature ( Fred Vargas, Rowlings ) pour trouver quelque chose de ce genre.
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Dr_Natural le Mer 27 Mar 2013 - 11:48

Tu résumes parfaitement la situation...
Je ne peux qu'être d'accord avec toi.
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  hipnik le Mer 27 Mar 2013 - 13:14

C'est vrai qu'il y a certainement confusion aujourd'hui dans ce qu'on appelle "féminisme"...
Il ya féminisme et féminisme...
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Doctor Sex le Jeu 28 Mar 2013 - 15:56

mimi pinçon a écrit:On a vraiment l'impression que le capitalisme (vous avez remarqué que le mot lui-même avait, de nos jours, mystérieusement disparu du champ lexical ?) utilise plus que jamais toutes les pseudo-luttes LGBT, "féministes", celles des "minorités sexuelles" , bref, des "diversités", et les suscite même, pour pouvoir continuer à se maintenir en place... Tous ceux-là sont devenus les idiots utiles du capitalisme !

C'est très intéressant cette idée de l'utilisation des luttes des "diversités" pour atomiser encore plus la société...
Mais tu pourrais développer stp ?
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  mimi pinçon le Sam 30 Mar 2013 - 8:47

Je veux simplement dire que le capitalisme investit largement le champ de ces "luttes" et les manipule pour les détourner de la lutte des classes, cloisonner ainsi les luttes, et les diriger plutôt comme des éléments marchandisables de la société de consommation pour en tirer profit...

Aujourd'hui un certain féminisme, les LGBT, les "diversités" etc en divisant la classe ouvrière sont les alliés objectifs les petits valets du grand capital qui n'a même plus, lui, à dire son nom tant ses "valeurs" sont relayés par tous ces petits collabos !
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Dr_Natural le Jeu 29 Aoû 2013 - 11:10

Les putes  sont des femmes qui vous donnent beaucoup de choses, pour relativement peu d'argent. Tout le contraire de ma femme.
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  Dr_Natural le Ven 22 Nov 2013 - 21:06

Ainsi la pénalisation des clients est en route et semble faire consensus à quelques exceptions près , mais notoires  : Médecins du monde, Act -Up, le Planning Familial...et la démarche debile et vulgaire des 343 salauds. cependant la prison est exclue : amende de 1500€ , stages "citoyens" dont on se demande à quoi cela peut il bien servir....
Dans cette approche il y a une grande méconnaissance de ce qu'est l'être.  Une fois de plus les bons sentiments gagnent , les apparences sont sauves, sans considération pour la marge extrêmement dangereuse qu'ils sont en train de fabriquer

Peu après le concile de Vatican 2  les bonnes dames patronnesses pour peu que le curé ait été un peu effacé ont pris le pouvoir dans les paroisses... Aujourd'hui, c'est dans le même esprit que ces nouvelles dames patronnesses s'occupent de notre sexualité . Car c'est bien la sexualité qui fait scandale pour ces furieuses.
La lutte contre la traite, les réseaux mafieux et le proxénétisme ne les intéressent absolument pas. Seule la sexualité à leurs yeux déviante est visée. Car la sexualité ça doit obligatoirement s'exercer dans le cadre d'un couple légitime, hétéro ou homo !
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  neo-codion le Sam 23 Nov 2013 - 8:17

Hier soir sur France-Culture très critique envers le projet de loi, Mireille D'arc défendait la liberté de la prostitution en évoquant les hommes trop timides ou maladroits pour oser aborder une femme... Cela existe,,,

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"Nous avons besoin d'hommes libres pour mettre en place un monde de paix et d'amour"
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Planning familial

Message  Dr_Natural le Sam 23 Nov 2013 - 9:30

Le Planning familial qu'on ne peut suspecter de la moindre complaisance envers la traite des êtres- explique pourquoi il est résolument contre la pénalisation des clients
http://www.planning-familial.org/articles/le-planning-et-la-prostitution-00389
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Re: Prostitution : pénalisation des clients

Message  hipnik le Lun 25 Nov 2013 - 20:57

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