Histoire du mouvement hippie

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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  hipnik le Dim 22 Fév 2015 - 22:08

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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  hippium le Lun 23 Fév 2015 - 14:45

La meilleure année pour être un hippie a été 1965, mais à cette époque il n’y avait pas grand chose à écrire sur le sujet parce que peu de choses se passait en public et la plupart de ce qui se passait en privé était illégal. La vraie année du hippie a été 1966, malgré l’absence de publicité, qui en 1967 a donné lieu à une avalanche nationale dans Look, Life, Time, Newsweek, the Atlantic(1), the New York Times, the Saturday Evening Post, et même dans Aspen Illustrated News, qui a réalisé un numéro spécial en août 1967 et une vente record en ne gardant que 6 exemplaires invendus sur un tirage de 3 500. Mais 1967 n’était pas vraiment une bonne année pour être un hippie. C’était une bonne année pour les commerçants et les exhibitionnistes qui s’auto-proclamaient hippies et accordaient des interviews pittoresques pour le plus grand bénéfice des médias, mais les hippies sérieux, qui n’avaient rien à vendre, pensaient qu’ils n’avaient rien à gagner et beaucoup à perdre en devenant des personnages publics. Beaucoup d’entre eux étaient harcelés et arrêtés sans aucune autre raison que l’amalgame soudainement réalisé avec un soi-disant culte pour le sexe et les drogues. La publicité faite autour du phénomène, qui ressemblait dans un premier temps à une plaisanterie, se transforma en grondements menaçants. Ainsi, beaucoup de gens que l’on pourrait qualifier de hippies originels de 1965 avait disparu du paysage au moment où les hippies devinrent une lubie nationale en 1967.

Dix ans auparavant, la Beat Generation avait emprunté le même chemin déroutant. De 1955 à 1959 environ, il y eut des milliers de jeunes gens engagés dans une sous culture bohème florissante qui n’ était plus qu’un lointain écho lorsque les médias s’en saisirent en 1960. Jack Kerouac fut l’écrivain de la Beat Generation de la même façon que Ernest Hemingway fut celui de la Génération Perdue (2) , et le classique beat On the Road de Kerouac fut publié en 1957. Au moment où Kerouac commença à apparaître dans des émissions de télévision pour expliquer la "portée" de son livre, les personnages sur lesquels il était fondé flottaient déjà dans les limbes, attendant leur réincarnation comme hippies quelques années plus tard. (L’exemple le plus parfait en est Neal Cassidy [Cassady], qui servit de modèle pour Dean Moriarity dans On the Road et aussi pour McMurphy dans One Flew Over the Cuckoo's Nest de Ken Kesey ) La publicité suit la réalité mais seulement dans la mesure où un nouveau type de réalité, créé par la publicité, commence à émerger. Ainsi, le hippie en 1967 se trouvait dans la position étrange d’être le héros d’une anti-culture héros en même temps qu’il devenait un produit commercial à la mode. Sa bannière d’aliénation apparut planté dans du sable mouvant. La société même dont il essayait de s’évader commençait à l’idéaliser. Il était célèbre, de façon floue, n’étant pas encore vraiment une infamie mais encore ambivalent, pittoresque et vaguement dérangeant..

Hunter S. Thompson
Suite sur http://www.freakencesixties.yi.org/textes%20et%20doc/leshippies.html

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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  Dr_Natural le Dim 5 Avr 2015 - 20:01

Tout le monde a été ou sera hippie
(le Figaro, août 2007)

http://www.lefigaro.fr/livres/2007/08/08/03005-20070808ARTFIG90045-tout_le_monde_a_ete_ou_sera_hippie.php
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Jean-Jacques Rousseau et les hippies

Message  Durga le Mer 6 Avr 2016 - 6:22

  Le mouvement hippie n’a guère été pris en considération. À la fin des années soixante, quand il voit le jour, l’opinion publique lui est généralement défavorable et ne voit, les médias aidant, que les aspects les plus spectaculaires : les hippies ne sont qu’une bande de jeunes naïfs, refusant le travail, se droguant et vivant une sexualité débridée. L’image qu’on en a ensuite, et jusqu’à aujourd’hui, n’est guère plus nuancée, même si elle est moins réprobatrice : le hippy n’effraie plus et il est pratiquement devenu un déguisement de carnaval ou un thème pour vendre vêtements et autres colifichets. Il peut même détenir une dose de nostalgie quand on parle de la libération sexuelle des sixties avec laquelle on l’identifie, selon la formule : c’était le bon temps. Peu de personnes se rappellent les mots d’Herbert Marcuse :

« Il me semble que le mouvement hippie, comme tout mouvement anti-conformiste de gauche, est divisé. Il y a deux tendances. Pour une grande part, il s’agit de mascarade et clownerie, et par conséquent c’est un mouvement totalement inapte, bien que très charmant et sympathique. Mais ce n’est pas toute l’histoire. Il y a chez les hippies et notamment dans certaines branches des hippies comme les Diggers ou les Provos, un élément politique inhérent – et peut-être plus aux États-Unis qu’en Europe. C’est l’apparition de nouveaux besoins instinctifs et de nouvelles valeurs. Il existe une nouvelle sensibilité contre l’efficiente et maladive sagesse. Il existe un refus de jouer selon les règles d’un jeu rigide, un jeu dont tout le monde sait qu’il est rigide depuis le début, et une révolte contre la propreté convulsive de la moralité puritaine et de l’agression engendrée par cette morale puritaine comme nous le voyons aujourd’hui au Vietnam, entre autres. Au moins, cette part des hippies, pour laquelle les révolutions sexuelles, morales et politiques sont unies, est vraiment une forme de vie non agressive : une manifestation d’une agressive non-agressivité qui parvient, au moins potentiellement, à une démonstration de valeurs qualitativement différentes, à une transvaluation des valeurs »



La suite sur :  http://rousseaustudies.free.fr/articlerousseauhippies.html  [/i]
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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  hipnik le Sam 9 Avr 2016 - 11:31

L'article sur Jean-Jacques Rousseau et les hippies est très intéressant dans son intégralité Je suis assez d'accord avec son analyse sur l'extrême diversité du mouvement hippie, parfois avec des courants opposés voire contradictoires, bien loin de l'image un peu globalisante forcément réductrice ("peace and love") qu'on peut en avoir aujourd'hui.
Ce que je retiens de l'expérience des années hippies, c'est justement l'exploration dans les expériences les plus diverses et la remise en question permanente de l'autorité et des conventions.
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