Le livre que vous venez de terminer

Page 3 sur 7 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  Snufkin le Sam 26 Jan 2013 - 19:14

hipnik a écrit:Un grand coup de poing, pas vraiment optimiste !
C'est exactement comme ça que je l'ai perçu à l'époque où je l'ai lu (il y a plus de 15 ans). C'est un livre dont j'ai eu beaucoup de mal à me remettre, c'est ce qui fait la force de ces oeuvres-là.
L'écriture est "particulière" mais on a vraiment cette sensation d'aller jusqu'au bout des choses, si je puis dire.
avatar
Snufkin

Messages : 21
Date d'inscription : 26/01/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  neo-codion le Lun 28 Jan 2013 - 15:09

Le traducteur ne connaît qu'un seul mot pour "boire" : siroter ! Ça finit par être agaçant, "siroter" un whisky, un café...

_________________
"Nous avons besoin d'hommes libres pour mettre en place un monde de paix et d'amour"
Thomas Sankara
avatar
neo-codion

Messages : 1694
Date d'inscription : 03/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Littérature enfantine

Message  Durga le Mar 12 Fév 2013 - 6:41

Ta réflexion me fait rire Néo parce que ce mot, siroter, fait très Enyd Blyton et que ces jours-ci je me suis mise à relire les livres que je lisais lorsque j'étais enfant, les Georges Chaulet, Fantômette bien sûr et les Béatrice (Une rapière pour Béatrice, Béatrice au grand galop...) et que, j'avoue, j'y ai pris grand plaisir ! Lol !

avatar
Durga
Admin

Messages : 2575
Date d'inscription : 01/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  creme_de_marron le Mer 13 Fév 2013 - 13:00

Mes souvenirs de lectures d'enfance : la peau de chagrin (Balzac) et Papa faucheux (Jean Webster)
avatar
creme_de_marron

Messages : 594
Date d'inscription : 01/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  Mr_Nostalgia le Mer 13 Fév 2013 - 16:53

Jules Verne, Stevenson (L'île au trésor), Gustave Aymard !
avatar
Mr_Nostalgia
Admin

Messages : 311
Date d'inscription : 01/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  rainbowgeek le Sam 23 Fév 2013 - 21:41

C'est plutôt l'année dernière que je l'ai lu, mais comme il en est question dans une autre rubrique du forum, je mentionne ici un livre au sujet de Richard Stallman, un chercheur américain en désaccord avec l'évolution des logiciels dans les années 80, qui de produits non commerciaux dont chacun pouvait examiner le contenu et l'adapter à ses besoins, sont devenus pour certains d'entre eux des "boites noires" dans lesquelles seule l'entreprise qui les a conçu et les vend peut intervenir pour corriger les défauts, ou rajouter des fonctionnalités.

Pour contrecarrer cette évolution, Richard Stallman est à l'origine du concept de "logiciels libres" basé sur le partage, la libre utilisation et la collaboration des développeurs.



Le livre vendu en version papier mais également téléchargeable et consultable sur Internet gratuitement :
http://framabook.org/richard-stallman-et-la-revolution-du-logiciel-libre
avatar
rainbowgeek

Messages : 726
Date d'inscription : 18/05/2012
Age : 58
Localisation : Région Occitanie (Pyrénées-Méditerranée)

Voir le profil de l'utilisateur http://bech.free.fr/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  hippium le Mar 5 Mar 2013 - 21:43

Dernier livre lu : un texte de Jacques Prévert "Des bêtes" sur des photos de Ylla...
Un beau livre paru en 1950 chez Gallimard et trouvé récemment dans une poubelle près de chez moi...



Dans la même poubelle, le même soir, j'ai trouvé aussi (mais pas encore lu) :
-Fromm, Le langage oublié, introduction à la compréhension des rêves, des contes et des mythes
-Pierre-Christian Guiollard, Guide pratique du chercheur d'or en France

hippium

Messages : 1576
Date d'inscription : 01/08/2011
Age : 37

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  patchouli le Jeu 7 Mar 2013 - 22:41

Faites l'amour, pas la guerre ! de Françoize Boucher, éditions Marabout
Dans cet ouvrage très librement inspiré du Kama-sutra, Françoize Boucher délivre avec humour et sans complexe ses conseils en matière de sexualité : un livre à lire (seul ou à plusieurs) pour rire, apprendre et encore rire !
avatar
patchouli

Messages : 269
Date d'inscription : 13/08/2011
Age : 66
Localisation : Région lilloise

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  Dr_Natural le Ven 8 Mar 2013 - 14:53

Ce n'est pas le dernier livre que j'ai lu puisque je l'ai lu lorsqu'il est sorti en 1977...
Son auteur était passé à Apostrophes.
C'est un conte de politique fiction sur l'absurdité du monde et un peu sur l'enfer que sont les autres...
C'était surtout un très beau livre écrit par Rafael Pividal, véritable très grand écrivain et philosophe aujourd'hui oublié et frère de Jorge, dit le "petit Georges" qui nous servait des canons chez Georges, à nous les amis de Georges...


Rafael Pividal, Pays Sages, éditions Rupture 1977
avatar
Dr_Natural

Messages : 1628
Date d'inscription : 02/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  Jean-Luc le Ven 8 Mar 2013 - 15:12

Merci Georges !

Jean-Luc
Admin

Messages : 2067
Date d'inscription : 01/08/2011
Age : 65
Localisation : Drôme

Voir le profil de l'utilisateur http://hippies-1973.forumactif.org

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  hipnik le Ven 15 Mar 2013 - 18:48

Speed de William Burroughs Junior , fils de son père, le pape des beatniks et comme son père tirant accidentellement avec une arme à feu sur une personne chère, vie brûlée et mort à 34 ans.
Speed, son premier roman sorti en 1970 et traduit en français en 2009 est une véritable démystification du mouvement hippie, très loin du "flower power", qui en évoque les aspects les plus sordides. Et il sait de quoi il parle, il l'a connu de l'intérieur !

Speed - William Burroughs Jr (traduction de Patrice Carrer) 13e note éditions - octobre 2009




avatar
hipnik

Messages : 1375
Date d'inscription : 01/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  hipnik le Ven 15 Mar 2013 - 18:57

J'en profite pour citer un livre sorti également en France en 2009 sur le même sujet "L'Amérique" de Joan Didion, différentes nouvelles où il est question de communautés hippies de San Francisco "où l'on vole, viole et se défonce, plus qu'on se pare de fleurs..."

L'Amérique, de Joan Didion chez Grasset (avril 2009)



avatar
hipnik

Messages : 1375
Date d'inscription : 01/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  Durga le Sam 16 Mar 2013 - 7:36

Je ne sais pas comment on doit lire ces deux livres, hipnik ?
avatar
Durga
Admin

Messages : 2575
Date d'inscription : 01/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  hippium le Sam 16 Mar 2013 - 10:48

Probablement comme des témoignages de ce que fut vraiment majoritairement le mouvement hippie, très loin du "peace and love" gentillet habituellement admis...
C'est ce que ne nous a cessé de dire Dr_Natural !!!

hippium

Messages : 1576
Date d'inscription : 01/08/2011
Age : 37

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  creme_de_marron le Dim 17 Mar 2013 - 19:32

Dernier livre lu "Sand et Ségur" un essai de Dominique Bussillet (Editions Cahiers du Temps, Cabourg 2009) dans lequel l'auteure met en parallèle les vies et les oeuvres d'Aurore Dupin dite George Sand (1804-1876) et de Sophie Rostopchine plus connue sous le nom de Comtesse de Ségur (1799-1874)
En apparence très dissemblables, nous découvrons finalement une Ségur moins lisse qu'on pourrait croire, une Sand moins scandaleuse qu'il n'y parait...
Deux femmes (féministes à leur façon avant l'heure) qui ont su, seules, mener leurs affaires, et dont les conceptions politiques apparemment opposées font toutefois chez l'une et l'autre une grande place aux plus faibles, aux pauvres et au monde paysan... Assez proche finalement dans leurs rêves d'une société idéale et même dans leurs tentatives de créer une utopie...

avatar
creme_de_marron

Messages : 594
Date d'inscription : 01/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  Dr_Natural le Lun 18 Mar 2013 - 20:52

hippium a écrit:
C'est ce que ne nous a cessé de dire Dr_Natural !!!

Exact !! Very Happy

@ creme_de_marron : je vois que tu succombes à la mode de parler d'auteureu ! Laughing
avatar
Dr_Natural

Messages : 1628
Date d'inscription : 02/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  patchouli le Sam 23 Mar 2013 - 12:18

Jean-Claude Guillebaud : Une autre vie est possible, L'Iconoclaste - 14 €

Je l'ai trouvé moins fort et moins écrit que ses livres précédents, mais tout de même j'ai beaucoup aimé.
Guillebaud nous invite, face à la desespérance contemporaine et à la culture de l'inespoir, à ne pas abandonner le monde aux méchants, au "tout-marché" et au crétinisme qui colonise les esprit.
En prenant comme point de référence les colères de Bernanos, Charles Péguy, Pierre Bourdieu, André Gorz et Chesterton, il nous enjoint au contraire à avoir une nostalgie agissante dans cette société qui "n'est plus un tout mais un tas" (Régis Debray).
Très sévère envers les faux combats pseudo-révolutionnaires (pseudo "féminisme", et luttes actuelles pour des sexualités différentes et les diversités, cyberrévolution), il nous rappelle une évidence, et valide ainsi les options des décroissants : la croissance ne peut pas être illimitée dans un monde limité...

avatar
patchouli

Messages : 269
Date d'inscription : 13/08/2011
Age : 66
Localisation : Région lilloise

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  Dr_Natural le Sam 23 Mar 2013 - 12:25

Le crétinisme qui colonise les esprit...

Tellement vrai !
avatar
Dr_Natural

Messages : 1628
Date d'inscription : 02/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  patchouli le Sam 23 Mar 2013 - 12:27





Et en plus j'aime bien le titre ! I love you
avatar
patchouli

Messages : 269
Date d'inscription : 13/08/2011
Age : 66
Localisation : Région lilloise

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  patchouli le Sam 23 Mar 2013 - 12:30

Juste encore une petite précision : dans ce livre Guillebaud révèle que son père est mort en...1973 !
avatar
patchouli

Messages : 269
Date d'inscription : 13/08/2011
Age : 66
Localisation : Région lilloise

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Albert Cossery

Message  creme_de_marron le Mar 2 Avr 2013 - 13:37

Albert Cossery nous le rencontrions dans tous les cafés de Saint Germain des Près dans les années 60/70...
Je ne m'étais jamais lancée, à l'époque, dans la lecture de ses livres et voici que je viens pour la première fois en lire un.
Il s'agit de son chef d'œuvre (cultivant une image de paresseux, il n'a écrit que sept livres...) Mendiants et orgueilleux (éditions Joelle Losfeld) : un policier homosexuel du Caire enquête sur l'assassinat d'une prostituée. Son enquête le conduit dans les milieux interlopes et miséreux de la capitale égyptienne, notamment auprès d'une communauté de trois marginaux, un ancien professeur de philosophie, un poète et un revendeur de haschich. Découvrant que l'auteur du crime est l'un d'eux, il ne le dénoncera pas mais démissionnera de la police pour rejoindre le groupe...
L'écriture est magnifique, dans un français d'une beauté que seuls ceux dont le français n'était pas la langue maternelle et qui ont fait pourtant le choix de la prendre comme langue d'écriture sont encore capables...
Albert Cossery mort en 2008 a vécu toute sa vie dans un hôtel du Quartier Latin, La Louisiane au 60 rue de Seine, et qui avait été surnommé l'hôtel des beatniks dans les années 60...
avatar
creme_de_marron

Messages : 594
Date d'inscription : 01/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Albert Cossery

Message  creme_de_marron le Mar 2 Avr 2013 - 14:04

Portrait d'Albert Cossery, l'hôte de la chambre 58
Par Alexie Lorca (Lire 01/12/1999)

Depuis 50 ans, l'écrivain égyptien vit dans un hôtel de Saint-Germain-des-Prés. Le «mendiant philosophe» a érigé la paresse en véritable art de vivre.
C'est un hôtel rue de Seine, dont les fenêtres s'ouvrent sur l'étal d'un marchand de quatre-saisons. L'enseigne déroule sur le mur blanc ses hautes lettres: La Louisiane. Un voyageur sans bagage y débarque un jour de 1952. Albert Cossery a quitté Le Caire sept ans plus tôt pour vivre à Paris. Destination logique pour un Egyptien qui a suivi toute sa scolarité dans des écoles françaises et écrit dans la langue de Molière. Ses parents sont morts depuis longtemps. Il a trente-deux ans, un peu d'argent et sous le bras un recueil de nouvelles, Les hommes oubliés de Dieu, qu'Henry Miller vient de publier aux Etats-Unis et que l'éditeur Edmond Charlot fait paraître en France.

Albert s'amuse. Le jour, il dort à Montmartre; la nuit, il fait la fête à Saint-Germain-des-Prés. Mais les dames qui le suivent chez lui sur le coup de quatre heures du matin se lassent: "Je leur disais, viens, c'est tout près; au bout d'une heure de marche, elles en avaient marre et je n'avais pas de quoi payer un taxi. Alors, j'ai laissé mon studio et je me suis installé à La Louisiane. J'y connaissais des filles..." A l'époque, l'hôtel accueillait une bonne partie de la gent littéraire et artistique germanopratine. Gréco, Sartre, Beauvoir, Mouloudji... y feront quelques séjours, le temps d'une jeunesse engagée ou désabusée. Cossery y reste. La chambre 58 devient son unique lieu d'écriture, le miroir parfait d'un homme qui n'a d'autre ambition que de jouir de la vie, le reflet exact d'une oeuvre qui érige le dénuement en philosophie.

En ce jour d'octobre, le vieux monsieur longiligne à la mise parfaite qui nous reçoit dans le salon de l'hôtel rechigne à montrer cette chambre devenue légendaire. Vous voyez l'écrivain, vous avez ses livres, pourquoi en demander davantage? Manie d'Occidental... L'oeil s'assombrit, les coins de la bouche s'affaissent. Un mouvement d'exaspération, un "C'est vous qui l'aurez voulu" chuchoté - une opération de la gorge l'a privé de ses cordes vocales - et l'écrivain nous conduit dans le ventre de l'hôtel, jusque dans l'ascenseur de service - celui des clients est en panne! Un couloir étroit, quelques marches, un tour de clef et la porte s'ouvre sur une chambre minuscule qui donne sur une cour sombre. Les murs sont recouverts d'une tapisserie beige; la moquette a connu des jours meilleurs; un vieux rideau masque ce que l'on suppose être un cabinet de toilette. Des sacs en plastique s'entassent entre le lit et l'armoire. Sur une tringle, deux vestes. A côté de la porte, une planche noire posée sur deux tréteaux fait office de bureau. Une lampe de guingois, un pot à crayons, des monceaux de papiers et, sous la poussière, quelques livres. C'est donc ici que l'Egyptien a écrit ses sept romans, dont l'action se déroule pourtant dans les quartiers populaires du Caire et les souks d'Orient: "Je suis un écrivain de langue française, mais je suis par-dessus tout égyptien. Je vis ici comme je vivais en Egypte." On regarde alors la chambre autrement. Comme une bulle hors de l'espace et du temps, un sas entre l'Orient et l'Occident.

Le vieux monsieur s'est assis sur le lit défait et attend. Il s'est définitivement fermé. Vous vouliez voir, vous avez vu, et après? A l'évocation d'un livre ou d'un objet qui l'aurait suivi au long de son existence, il ricane en se tapant le front: "C'est une question idiote." Un long silence, puis l'?il s'allume, un sourire s'ébauche: "Si j'avais gardé tout ce qu'on m'a offert, je serais milliardaire. J'étais ami avec les plus grands artistes du siècle. Lorsque Giacometti me donnait un tableau, il savait que j'allais le vendre le lendemain. Cela me permettait de vivre quelque temps. Imaginez la valeur de ces toiles aujourd'hui." Chez les Cossery, on ne gagne pas d'argent, on en trouve: "Gagner est un mot obscène, un terme de commerce. Je hais l'argent et l'ambition, ils sont la cause de tous les malheurs du monde. En Orient, lorsqu'on a de quoi vivre, on ne travaille pas. Mon père et mon grand-père n'ont jamais travaillé. Ils n'étaient pas riches, mais les terres qu'ils possédaient nous permettaient de vivre bien. En cas de problème, ma mère vendait un bijou. En Occident, plus on a d'argent, plus on en veut. On fait même du fric en écrivant sur sa maladie." Furieux, il griffonne sur un bloc de papier: "Je suis le seul écrivain à qui le cancer n'a rien rapporté!"

A l'image des mendiants philosophes, des voleurs magnifiques et des fainéants cultivant l'humour et la dérision qui traversent ses livres, Albert Cossery a banni de son existence les biens de ce monde et érigé la paresse en art de vivre et en outil de résistance contre la vaine agitation de ses contemporains. Comme Gohar, Gala ou Ossama, il a choisi la liberté, stigmatisant l'infamie des puissants et la veulerie de leurs courtisans. S'ils changent de nom au fil des romans, ses personnages sont toujours les mêmes. : Des rebelles pacifiques qui cultivent la pauvreté pour n'avoir rien à perdre Ici, on les appelle des marginaux. Mais ce sont eux les vrais aristocrates. Ils n'ont d'intérêt que pour la vie. Comme moi." Aujourd'hui, le Saint-Germain qu'il aimait n'existe plus. Disparus aussi les amis: Camus, de quatre jours son cadet, Genet, Louis Guilloux, Mastroianni, Ferreri.

Albert Cossery est désormais seul, poursuivant ses promenades quotidiennes. Emergeant du sommeil sur le coup de midi, il sort acheter Le Monde. Commence alors une balade dans le quartier, invariablement ponctuée d'escales au Flore, au salon de thé Dalloyau et, si le temps le permet, d'une méditation sur une chaise du jardin du Luxembourg. C'est dans cet univers que sont nés ses sept romans, dont le dernier, Les couleurs de l'infamie, vient de paraître chez Joëlle Losfeld. Pourquoi si peu? "Pourquoi davantage?" ironise le vieux jeune homme qui continue à bouder. "Je peux passer six mois sans rien écrire, à penser à une phrase; appelez ça de la paresse, si vous voulez. Pour moi, c'est de la réflexion." Pourquoi écrit-il? Pour qu'un jour un lecteur, en refermant l'un de ses livres, décide de ne plus jamais retourner au travail et rejoigne le royaume des amoureux du sommeil, des gueux philosophes et magnifiques.

avatar
creme_de_marron

Messages : 594
Date d'inscription : 01/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  Durga le Mer 3 Avr 2013 - 6:54

Sa philosophie de la vie est sans doute devenue incompréhensible à la plupart, à une époque où l'on conjugue plus facilement le verbe avoir que le verbe être...
avatar
Durga
Admin

Messages : 2575
Date d'inscription : 01/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  hipnik le Mer 3 Avr 2013 - 21:02

creme_de_marron a écrit:[
Albert Cossery mort en 2008 a vécu toute sa vie dans un hôtel du Quartier Latin, La Louisiane au 60 rue de Seine, et qui avait été surnommé l'hôtel des beatniks dans les années 60...

Je pense que tu confonds avec le Beat Hôtel de la rue Git-le-cœur et fréquenté par la beat generation....
avatar
hipnik

Messages : 1375
Date d'inscription : 01/08/2011

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Le livre que vous venez de terminer

Message  Doctor Sex le Dim 7 Avr 2013 - 19:22

Patti Smith : La mer de corail

Patti Smith et Robert Mapplethorpe se sont rencontrés en 1967 lorsqu’ils avaient vingt ans, à New York, où ils vécurent ensemble pendant plusieurs années. Leurs carrières respectives de musicienne et de photographe célèbres ne cessant plus, dès lors, de se croiser.

À la mort du photographe, en 1989, Patti Smith a livré sa vision de l’homme et de l’artiste dans un texte demeuré longtemps inédit — La Mer de Corail — où l’écriture, en prenant la forme d’un récit allégorique, joue avec des photographies de Robert Mapplethorpe choisies par Patti Smith elle-même.

Quand ce livre est sorti à New York en mai 1996, William Burroughs a écrit, en citant Tennessee Williams, que « Patti Smith fait résonner dans La Mer de Corail la cloche de la poésie pure ». (notes de l'éditeur)

avatar
Doctor Sex

Messages : 426
Date d'inscription : 14/07/2012
Age : 38
Localisation : Vallée de Gouédic

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Page 3 sur 7 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum