Les nomades du vide

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Les nomades du vide

Message  Muddy_le_hobo le Dim 11 Sep 2011 - 19:35

Entre routards et zonards (sans aucun mépris de ma part) nous sommes très loin des hippies et même des beatniks. N'est-ce pas ceux là que suit plutôt Gabrielle Culand ?
Paru à La Découverte en mai 2011.



Présentation de l'éditeur
Ils avaient entre seize et vingt-cinq ans au début des années 1990 quand ils ont fait irruption dans l'espace public avec leurs chiens, leurs sacs à dos, leurs looks punk ou baba, en affirmant fortement leur marginalité. Aucune plainte, mais bien au contraire un statut de "zonards" explicitement revendiqué. En quelques années, ils ont investi les marges des grands festivals, les squares des centres villes, les places publiques, les halls de gares... Les CEMEA (Centres d'entraînement aux méthodes d'éducation active) ont été alors sollicités et ont engagé une recherche-action pour connaître cette population, inventer des solutions d'accueil et d'accompagnement social et proposer de nouvelles réponses institutionnelles et professionnelles. Les Nomades du vide présente ce travail : données ethnologiques, psychologiques et sociologiques, propositions d'accueil et d'accompagnement, évolutions des prises en charge et des réponses sociales et politiques. Mais, au-delà de la richesse des informations recueillies, cet ouvrage dresse le portrait vivant d'une population mal connue, par le prisme de la vie, du déroulement et de l'invention quotidienne d'un travail social construit au plus près de ses destinataires. Cette nouvelle édition intègre, dans une postface inédite de l'auteur, les dernières données portant sur ces jeunes.


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Re: Les nomades du vide

Message  Hippy73 le Dim 8 Juil 2012 - 7:58


Ces marginaux qui gênent la " bien-pensance "

(Nouvelle République) 29/05/2012

Niort. Echoués dans les rues, ils squattent certains quartiers, dérangent par leur look ou leur comportement. Qui sont ces marginaux qui vivent à nos côtés ?


Dès la fin de l'après-midi, ils sont parfois jusqu'à une vingtaine de marginaux à se retrouver près de la poste, place du Roulage. Ils s'éclipsent au cœur de la nuit, qui dans un squat, qui dans un appart de fortune, qui dans la rue.

Ces marginaux qui gênent la " bien-pensance "

Depuis que le soleil tape fort, ils ont déserté les bancs du petit square de la place du Roulage. Ils se sont retranchés un peu à l'ombre, à l'arrière de l'école Saint-Hilaire. Il est 17 h, lorsque le groupe commence à se former.
Percings abondants, crête rouge comme Human, cheveux rasés teintés couleur pastel comme Gladys, dreadlocks comme les deux Nico et Malik, tatouage comme Zeb, ces signes ostentatoires de différence inquiètent, interpellent parfois ou souvent le passant. Gênent aussi les bien-pensants.

« On est différent dans notre look et dans notre manière de vivre, on n'est pas méchants », confie Gladys. « No Violence, no violence », lance Manu, même s'il reconnaît que parfois, comme il y a quinze jours de cela, « certains ont l'alcool mauvais et ça dérape ».
Manu, 32 ans, sept ans de rue, se fait porte-parole du groupe : « La majorité des gens qui passent nous donnent un peu d'argent. Ils n'ont pas peur de nous. Ça se voit que l'on est dans la galère non ? C'est ça notre différence. » Tous assurent que la police municipale les traite plutôt bien, sauf quelques-uns qui leur manquent de respect. « Pas la majorité », ajoute Manu. Avec les policiers de la BAC, les rapports sont un peu plus musclés. C'est du moins ce qu'ils racontent.

" On a été chassés de Pré-Leroy "

Surtout le soir tard, lorsque le ton monte en puissance, qu'ils refont le monde, que leurs chiens aboient. Et qu'ils dérangent la tranquillité du voisinage. « On nous a chassés de Pré-Leroy parce que nos chiens ne sont pas en laisse », raconte Zeb qui vit dans un camion. « Avant que ma vie bascule, j'étais tatoueur. » Alors, ils zonent là. Et squatteront ailleurs s'ils y sont contraints.
« On se retrouve parce qu'on est pareils, dans la même situation. Certains ont le RSA. D'autres font la manche. On n'est pas là pour emmerder le monde, juste se retrouver. » Lætitia, jusqu'alors silencieuse, parle de sa vie, de celle d'une maman de 28 ans qui a du mal à trouver du boulot parce qu'elle arbore trois piercings sur son visage. Et parce qu'elle en a marre des clichés, ajoute : « Je viens ici un peu en fin d'après-midi avec mon fils. Vous pensez que je serais là si je nous sentais en danger ». Se retrouver, refaire le monde, ils crient leur indignation, admirent les mouvements de révolution de la jeunesse ailleurs. Loin, là où ils n'iront peut-être jamais. « Tu as vu, ça bouge vraiment au Québec », argumente Human qui affiche au compteur 15 ans de vie dans la rue et jamais de vrai boulot. Un des Nico parle, lui, de son métier, celui de métallier. Un boulot perdu, il y a un moment. Cette perte d'emploi l'a marginalisé. La spirale vers le bas va vite. En commun, ils ont souvent le passage par l'accueil de jour L'Escale. Certains ont retrouvé un toit, pas encore une vraie vie. « Au début, on se retrouve dans la rue, pas par choix, puis on s'habitue », confie la jolie brune qui dit s'appeler Amélie. Non, ce ne sont pas pour autant des enfants de chœur, mais des adultes en perdition que la société a laissés sur le côté.

De bière en bière jusqu'à l'ivresse

Alors, bon nombre d'entre eux oublient leurs conditions avalant bière sur bière, souvent jusqu'à l'ivresse « parce que c'est moins cher qu'un steak », balance Manu. « Et aussi, parce qu'on aime boire », ironise Human. Quelques sous ramassés se transforment en packs de bières achetés au petit supermarché de la place et/ou en nourriture pour leurs chiens. « Ils sont polis. Certains le savent, lorsqu'ils se sont mal conduits dans le magasin, ils y sont interdits de séjour », détaille la patronne de la petite supérette, qui renvoie chez lui un gosse de 16 ans, venu acheter des bières avec une carte d'identité ne lui appartenant pas.

Des gens qui se ressemblent et se rassemblent

Certains ne boivent pas, comme Lætitia ou la petite Gé qui raconte : « Je travaille, j'ai un passé d'ancienne droguée, je ne m'en cache pas. Aujourd'hui, je continue de me battre. Ici, je partage des moments avec des gens qui me ressemblent ». Originaires du coin ou pas, ils ont échoué là, un jour lorsque la vie leur a joué de mauvais tours. Parfois, certains se sont cherché la misère en refusant cette société qui jusque-là ne leur a pas forcément proposé les bons leviers pour s'en sortir. Ne pas juger, parfois juste écouter…



réaction

" Une jeunesse gâchée "

De ses fenêtres, ancienne prof, Hélène se désole du spectacle. Et du bruit, impossible pour cette dame âgée de fermer l'œil avant que la troupe ne se disperse, tard dans la nuit. « Je fais partie de ceux qui ont appelé la police l'autre fois, parce qu'une bagarre a éclaté. C'est rare mais cette fois, ça semblait sérieux. De voir cette jeunesse, c'est un véritable gâchis. En outre, je déplore la dégradation de ce petit square. Certains se servent du mur en bas de l'école comme urinoir. J'ai interpellé par e-mail la mairie. Personne ne m'a répondu. Il y a deux ans, j'ai appelé les médiateurs sociaux. Une jeune femme est venue, elle m'a laissé sa carte, m'a dit qu'il n'y avait rien à faire. En ce qui me concerne, je ne me sens pas en insécurité, mais il faudrait trouver une solution pour cette population. D'autant que le problème va grandissant. Certains soirs, ils sont une vingtaine à se retrouver sur cette placette. »

Patricia Lange
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Re: Les nomades du vide

Message  Muddy_le_hobo le Dim 16 Fév 2014 - 19:46



Marcelo FREDIANI

Sur les routes

Le Phénomène des New Travellers

Préface de Judith Okely

Suscitant inquiétude ou hostilité, des milliers de nouveaux nomades apparaissent, depuis quelques années, en marge de nos sociétés. Toujours dans le provisoire, sous la menace d'expulsions, ces New Travellers, squattant les propriétés abandonnées, vivent dans des habitations de fortune - cabanes, huttes, bus ou camions aménagés... - et se déplacent en groupes entre les festivals de musique, les grandes foires et les raves-parties.

Mais qui sont ces New Travellers ? Des errants oisifs, dealers et toxicomanes, subsistant de larcins et d'allocations ? Des victimes désorientées d'un système économique sans âme ? Des contestataires, héritiers de la contre-culture et du mouvement hippie, en quête d'un mode de vie alternatif ?

Marcelo Frediani, qui a longtemps partagé leur quotidien dans de nombreux campements, notamment en Angleterre, nous livre dans cet ouvrage une description minutieuse et souvent surprenante de ce milieu. En ethnologue, il répond aux interrogations que font surgir inévitablement sur leur passage ces étranges tribus...

Marcelo Frediani est docteur en sciences sociales. Après avoir été thérapeute en psychiatrie à Bruxelles, il a enseigné l'anthropologie politique à l'Université de Lille-III. Il enseigne aujourd'hui la sociologie des groupes marginalisés à l'Université Paris-VIII Vincennes.






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