Désir

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Désir

Message  neo-codion le Lun 28 Mai 2012 - 12:54

En ces temps où certains veulent assassiner le désir j'ouvre ce topic avec un texte du situationniste Claude Guillon qui s'était rendu célèbre au début des années 80 pour avoir écrit le livre toujours interdit (que je possède) "Suicide, mode d'emploi" :

Extrait de Sexpol N°5 du 15 octobre 1975
"On est tous des putes, on est tous maqués. Vendre ses mains, son cerveau, sa vie, n'est certes pas moins aliénant que de vendre son cul. Le salariat est le système de la prostitution généralisée. La misère sexuelle qui fonde ce système fournit directement les clients de la putain. L'équation paraît simple à poser, au moins en théorie : abattons le salariat, faisons reculer la misère et l'ignorance en amour et nous résoudrons du même coup le problème de la prostitution.
Et pourtant nous ne l'aurons abordé qu'en tant que forme particulière de l'esclavage sans aller au fond des questions qu'il soulève. Plus de putes, plus de macs, fort bien ! Maintenant, qui va faire l'amour avec ceux-celles qui dans l'ancienne société payaient pour se faire aimer ? Et puis on sait bien que les prostituées ne voient défiler qu'une portion infime de ceux que la société prive d'amour. D'abord les femmes qui ne disposent pas - même si elles le désiraient - du recours à la prostitution masculine ; les vieillards dans la misère et puis, dans toutes les catégories d'âge et de sexe, il y a les moches, handicapés graves ou simplement gueules ingrates par trop éloignées de nos critères habituels de beauté ; les hommes encore sont censés avoir « du charme », mais les femmes...Certes, on peut imaginer que les bouleversements amenés par une révolution culturelle modifieraient radicalement le tableau des relations sociales, donc érotiques, dont nous avons l'habitude. Puisque l'axe, le moteur et le but de la révolution c'est de faire naître en chaque individu « dix fois plus » de passions qu'il n'en a aujourd'hui, sans doute découvrirons-nous avec enthousiasme telle pratique amoureuse dont nous n'avions pas idée ou qui nous rebutait.
Algèbre d'amour
La manie de l'acte gratuit se développant, comme dirait Brassens, va-, t-on voir un brassage complet et immédiat des âges, des sexes et des conditions sociales ? Fourier, avec raison, n'y croit pas un instant ; il a compris, avant que nous en fassions l'expérience pratique, que si on se contente d'afficher la liberté des désirs ce sont toujours les mêmes qui se branlent devant l'affiche. Et c'est l'audace et l'ambiguïté de Fourier pour mieux aider le désir à s'épanouir dans. tout le corps social, il faut le cerner, le codifier et finalement le coincer dans une morale, voire une mystique. Il sera question de "philanthropie", de "charité" amoureuse. L'harmonie se doit d'assurer le plaisir amoureux « au centenaire comme aujouvenceau pourvu qu'il lui reste assez de force ou d'intelligence pour y parvenir ».
Fourier devance à longueur de pages les critiques qu'il pressent. Comment réfléchir à de telles possibilités révolutionnaires quand on a l'esprit encore embrumé de la crasse « civilisée » ? Même l'image que nous nous faisons de la vieillesse est caduque.; en harmonie la jeunesse des corps et des esprits entretenue par une vie entière de libre amour réduit à un fort petit nombre les vieillards usés par l'âge ou par quelque disgrâce. Pour les autres, parfaitement aptes à donner et recevoir l'amour, un renversement des mentalités leur attirera la déférence et l'intérêt passionné de la jeunesse.
Un exemple. Urgèle a 80 ans et Valère en a 20 ; Urgèle risque de se heurter à la répugnance de Valère mais celui-ci fréquente depuis l'âge de 5 ans plusieurs groupes où Urgèle a acquis depuis longtemps une grande expérience ; elle excelle entre autres "en algèbre d'amour ou calcul des sympathies accidentelles en amour; c'est l'art d'assortir passionnément une masse d'hommes et une masse de femmes qui ne se sont jamais vus ; faire en sorte que chacun des cent hommes discerne d'emblée celle des cent femmes pour qui il éprouvera amour composé, convenance parfaite des sens et de l'âme, sympathie de circonstance en rapport de caractère et en fantaisie accidentelle ».
Leurs passions communes rapprochent aussi Valère et Urgèle dans un amour « bien différent de la conquête que peut faire aujourd'hui une femme de 80 ans gui n'obtient un jeune homme qu'à force d'argent ». "Valère ne deviendra pas pour elle un amant habituel mais elle aura quelque part au gâteau". Voilà une façon de concevoir la réinsertion sociale des vieux, explosive non seulement en France mais en Chine "populaire" où l'on se gargarise de la place faite aux personnes âgées dans la collectivité.
Le code amoureux de la société harmonienne accorde aussi beaucoup d'importance à la beauté. Dans la "civilisation" être laide) est un handicap ; en harmonie, on encouragera vivement la beauté à servir la communauté. C'est « l'angélicat, coutume qui déterminerait une foule de beaux couples à favoriser passagèrement une masse d'amants et d'amantes »(:..) « On contraint aujourd'hui tant de beaux jeunes gens au service de la guerre » (...) « Combien il serait plus séduisant de suivre la facile carrière de philanthropie amoureuse."
Un ministre des plaisirs
Chacun des partenaires du couple angélique "sera ministre des plaisirs sensuels de l'autre, introducteur bénévole des élus et élues, négociateur pour leur admission collective. Chacun considérera comme service de haute amitié les plaisirs qu'on aura procurés à son angélique moitié » (...)
« S'il se trouve dans la contrée quelque individu accidentellement disgracié par la nature, l'ange et l'angesse leur feront religieusement !'offre de leurs faveurs. »
Outre le plaisir sensuel proprement dit que tel membre du couple angélique peut prendre à ce qui nous apparaîtrait plutôt comme une corvée, le couple est gratifié de l'admiration et du respect religieux qu'il suscite. « Il est adoré de ce gui !'entoure autant qu'il s'adore lui-même."
Ces actes philanthropiques que nul n'est tenu d'accomplir puisque "l'harmonie n'admet aucune mestcïe coercitive", assurent d'abord à leurs auteurs la garantie de bénéficier réciproquement de la disponibilité amoureuse de tous et de toutes. Fourier est strict : "Ce n'est jamais l'individu servi qui paie ceux qui le servent"; même si cette formulation paraît excessive, elle indique bien la préoccupation d'assurer la circulation maximum de l'amour et du désir dont les codifications d'apparence parfois obsessionnelles ont pour fonction, paradoxalement, de prévenir le gel du désir dans une structure limitante (couple, groupe).
Pas de loi contraignante donc mais une forte pression sociale puisque "un couple peu connu n'exciterait malgré sa beauté que le plus faible intérêt ». En somme, une illustration dans le domaine sexuel de Bakounine : « Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m'entourent, hommes et femmes, sont également libres. Ma liberté personnelle, ainsi confirmée par la liberté de tout le monde, s'étend à l'infini ». Tout le contraire du stupide et flic « ma liberté s'arrête où commence celle des autres ». Autrement dit (Vaneighem) « Je sais que tu ne m'aimes pas car tu n'aimes personne hormis toi-même. Je suis comme toi. Aime-moi ! » Pour Fourier, je n'accorde pas d'identité propre à ceux auxquels je m'offre, en eux j'adore le remous du désir qui m'enflamme moi-même. La pseudo-individualité bourgeoise est dissoute dans le flux des rapports désirants. Rien n'est perdu, personne n'est floué.
L'amour aveugle
Non seulement l'amour n'est pas aveugle, mais c'est peu dire qu'il y regarde à deux fois. Personne ne fait l'amour avec « n'importe qui ». Chacun(e) de nous a « ses » goûts, « ses » dégoûts, « ses » préférences. Proposer à quelqu'un de partager son plaisir est une entreprise sordide ; en dehors de rite extrêmement précis, on a toutes les chances d'essuyer un refus. On ne laisse pas comme ça n'importe qui servir de prétexte à l'afflux de son désir. Il faut que ça corresponde à des normes - M. Dugland, quel est votre type de femme ? - il faut que la marchandise soit conforme, qu'elle mérite le label personnel qu'on décerne l'air de rien mais sans faiblesse - pas mal ! mais t'as vu son nez ?
Le « mot d'amour » le plus prononcé en une minute sur la planète c'est : non. Pourquoi non ? Parce que « je n'ai pas - envie - de faire l'amour avec toi ». La dénégation est assortie dans le meilleur des cas de formules de consolations, - on regrette sincèrement de ne pas avoir envie de vous, on n'aurait pas demandé mieux. On vous exhorte à vous résigner devant ce phénomène normal. Il est bien « naturel », n'est-ce pas, de n'avoir pas envie de quelqu'un. Insister c'est s'exposer aux dernières violences verbales. Le demandeur se voit qualifié(e) suivant son sexe et la finesse de son argumentation d'hystérique, d'obsédé(e), de sadique, de phallocrate, etc. Et les MLF de hurler à l'unisson : si c'est ça votre liberté sexuelle, être toujours « disponibles totalement pour le premier venu » (Torchon n° 6) ; nous voulons choisir nos compagnons, nos compagnes !
Je m'expose à une critique féministe en ayant l'air de présenter le refus sexuel comme un comportement largement féminin ; mais je souhaite vivement que, un jour proche, les femmes (à commencer par celles qui luttent pour leur libération) puissent dire simplement à un homme qu'elles le désirent y compris en l'abordant dans la rue. Nous reparlerons alors plus tranquillement de la drague sou toutes ses formes en constatant d'ail leurs que les mecs, plus sollicités réagiront aussi mal que les filles aujourd'hui (cf. les difficultés d'un mec assumer une relation qu'il n'a p provoquée). Pour l'instant, l'initiative, au moins apparente, reste un prérogative surtout masculine.
Le refus naturel
Bien sûr, moi, mâle hétérosexuel, je peux dire sans « mentir » que telle femme m'attire, telle autre moins, que telle autre me répugne. Si ce vécu affectif est réel, il mérite au moins analyse.
Tous nos comportements sont déterminés culturellement, historiquement, etc. - platitude d'amphithéâtre que nous préférons oublier en ce qui concerne nos comportements amoureux. Déterminé(e)s, nous le sommes par notre histoire affective (image des parents), sociale (division de classe), biologique (tares), par l'idéologie (concept laid-beau, mariage, couple, tabous variés). La satisfaction d'un besoin et son organisation sociale varient d'une civilisation à l'autre. Il en va des pratiques amoureuses comme des habitudes culinaires et Fourier ne s'est pas fait faute d'utiliser l'image.
Les travaux sociologiques sur le choix du conjoint ont mis en pièce l'idéologie du coup de foudre, du hasard amoureux, de l'attirance inexplicable, du prince charmant et de la prédestination à laquelle appartient finalement la théorie de « l'envie ». Toute la littérature, le surréalisme compris, a tissé autour de la sexualité un épais cocon de préjugés sentimentalistes exploités et entretenus par la presse du « coeur » et qui fait disparaître la signification du désir sous « l'envie », épiphénomène culturel.
Les humains croient choisir leurs partenaires comme les ménagères croient choisir leur marque de lessive. La marge de liberté est la même, les objets également interchangeables. Difficile de reconnaître que n'importe quel amant est forcément le premier venu, mais c'est littéralement vrai ; chaque nouvel amant est le premier qui vient après des milliers d'autres incarnant chaque fois la redécouverte de l'amour. Ceci dit n'enlève rien de sa poésie, de sa totalité au plaisir, au contraire, son infinité ne reste limitée que par le temps et la mort.
L'acte sexuel est souvent vécu, surtout par les femmes, comme un sacrifice (il ne manque d'ailleurs pas de bases objectives dans les comportements des mecs à cette façon de voir) impliquant une sacralisation dans le couple. Proposer à quelqu'un de faire l'amour équivaut donc aujourd'hui à lui demander une faveur dont on est censé(e) être seul(e) à profiter. D'ailleurs, quand il a eu "ce qu'il voulait" - c'est-à-dire ce que la fille ne s'avoue pas vouloir - le garçon fout le camp. Alors la liberté c'est de dire non, y réfléchir, faire peut-être des concessions ; c'est l'amputer.
Bien sûr, je peux décider de me refuser à toi comme je peux faire voeu de chasteté, mais le refus n'est jamais assumé et je me retranche derrière une prétendue connaissance prémonitoire de l'échec. En réalité, croyant refuser le plaisir de l'autre c'est aussi et d'abord le sien propre qu'on nie. En me refusant à toi, je te refuse à moi. Le refus que s'opposent entre eux les acteurs inconscients du jeu social n'est que la tradition du refus que la société signifie au désir.
La liberté de refuser
Malgré l'abondance qui règne en harmonie, le refus y subsiste encore puisque Fourier prévoit qu'après une nuit où s'est opéré « un grand nombre d'unions », Bacchantes et Bacchants ont pour rôle de relever les blessés, c'est-à-dire de consoler les amant(e)s refusé(e)s en leur prodiguant "leur éloquence et leur charme":
Si le refus subsiste, c'est dans des circonstances bien particulières Galatée a préféré Pygmalion à Narcisse et Pollux ; de toute façon, il est intégré au jeu amoureux et la souffrance qu'il peut engendrer réduite autant que possible. Au moins ni Narcisse ni Pollux n'auront l'idée d'aller étrangler Galatée et son amant d'une nuit. Différence de poids d'avec la rubrique faits divers de votre quotidien habituel. Le jeu continuera et demain Galatée aimera Pollux peut-être, tous deux le savent et le désirent. La jalousie est désamorcée.
Reste que tout ça est utopique, pas sérieux et complètement étranger aux préoccupations de la classe laborieuse. Alors, je veux bien que la classe laborieuse avorte, déprime, cogne ses mômes et s'étripe sans s'en « préoccuper ». Justement, ça s'appelle la misère. Vouloir en sortir c'est utopique, puisque l'utopie c'est d'assumer nos désirs au point de vouloir les réaliser. Nos désirs ne sont pas sérieux parce qu'ils ne sont pas tristes. Pourquoi nous voulons changer la vie ? Pour rien, POUR LE PLAISIR !
Dans la pratique de tous les jours, ça n'est pas facile, non. Et alors ? La non-vie quotidienne, les renoncements, l'assassinat du désir, la résignation, les maigres compensations du couple ou de la putain, c'est facile, ça ? c'est gai ? Ça vous donne envie d'aller jusqu'à la retraite ?
Bien sûr qu'au jour le jour on se casse la gueule souvent et qu'on souffre encore pour faire reculer la souffrance et le désespoir de voir nos amours fragiles sans cesse brisées par les habitudes et la famille et les flics. Et la tentation de reculer, de croire encore aux illusions dont nous nous voulons riches tant nous sommes pauvres de jouissances.
L'utopie de Fourier nous gêne parce qu'elle n'a rien d'abstrait. Elle nous met en scène avec nos désirs, nos lâchetés, notre jalousie. Dans chaque illustration romancée, nous nous reconnaissons précisément. Nous y lisons le refrain de notre quête - « je t'aime comme je voudrais que tu t'aimes toi-même, c'est-à-dire libre ».
Claude GUILLON

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Re: Désir

Message  Dr_Natural le Lun 28 Mai 2012 - 13:09

Bonne initiative ! Very Happy
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Re: Désir

Message  rainbowgeek le Lun 28 Mai 2012 - 15:43

Un long pavé bien compact. Il faut avoir envie de passer du temps pour le lire.

Ça aurait été quand même simple de mettre des lignes blances par-ci par-là pour en faciliter la lecture.
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Re: Désir

Message  Jean-Luc le Lun 28 Mai 2012 - 18:09

Ah ouais ! C'est vrai ! Very Happy Je m'en occupe illico !

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Re: Désir

Message  Jean-Luc le Lun 28 Mai 2012 - 18:19

neo-codion a écrit:En ces temps où certains veulent assassiner le désir j'ouvre ce topic avec un texte du situationniste Claude Guillon qui s'était rendu célèbre au début des années 80 pour avoir écrit le livre toujours interdit (que je possède) "Suicide, mode d'emploi" :

Extrait de Sexpol N°5 du 15 octobre 1975

"On est tous des putes, on est tous maqués. Vendre ses mains, son cerveau, sa vie, n'est certes pas moins aliénant que de vendre son cul.
Le salariat est le système de la prostitution généralisée.
La misère sexuelle qui fonde ce système fournit directement les clients de la putain.
L'équation paraît simple à poser, au moins en théorie : abattons le salariat, faisons reculer la misère et l'ignorance en amour et nous résoudrons du même coup le problème de la prostitution.

Et pourtant nous ne l'aurons abordé qu'en tant que forme particulière de l'esclavage sans aller au fond des questions qu'il soulève. Plus de putes, plus de macs, fort bien !
Maintenant, qui va faire l'amour avec ceux-celles qui dans l'ancienne société payaient pour se faire aimer ? *
Et puis on sait bien que les prostituées ne voient défiler qu'une portion infime de ceux que la société prive d'amour. D'abord les femmes qui ne disposent pas - même si elles le désiraient - du recours à la prostitution masculine ; les vieillards dans la misère et puis, dans toutes les catégories d'âge et de sexe, il y a les moches, handicapés graves ou simplement gueules ingrates par trop éloignées de nos critères habituels de beauté ; les hommes encore sont censés avoir « du charme », mais les femmes...

Certes, on peut imaginer que les bouleversements amenés par une révolution culturelle modifieraient radicalement le tableau des relations sociales, donc érotiques, dont nous avons l'habitude. Puisque l'axe, le moteur et le but de la révolution c'est de faire naître en chaque individu « dix fois plus » de passions qu'il n'en a aujourd'hui, sans doute découvrirons-nous avec enthousiasme telle pratique amoureuse dont nous n'avions pas idée ou qui nous rebutait.

Algèbre d'amour
La manie de l'acte gratuit se développant, comme dirait Brassens, va-, t-on voir un brassage complet et immédiat des âges, des sexes et des conditions sociales ?
Fourier, avec raison, n'y croit pas un instant ; il a compris, avant que nous en fassions l'expérience pratique, que si on se contente d'afficher la liberté des désirs ce sont toujours les mêmes qui se branlent devant l'affiche.
Et c'est l'audace et l'ambiguïté de Fourier pour mieux aider le désir à s'épanouir dans tout le corps social, il faut le cerner, le codifier et finalement le coincer dans une morale, voire une mystique.
Il sera question de "philanthropie", de "charité" amoureuse. L'harmonie se doit d'assurer le plaisir amoureux « au centenaire comme aujouvenceau pourvu qu'il lui reste assez de force ou d'intelligence pour y parvenir ».

Fourier devance à longueur de pages les critiques qu'il pressent.
Comment réfléchir à de telles possibilités révolutionnaires quand on a l'esprit encore embrumé de la crasse « civilisée » ? Même l'image que nous nous faisons de la vieillesse est caduque.; en harmonie la jeunesse des corps et des esprits entretenue par une vie entière de libre amour réduit à un fort petit nombre les vieillards usés par l'âge ou par quelque disgrâce.
Pour les autres, parfaitement aptes à donner et recevoir l'amour, un renversement des mentalités leur attirera la déférence et l'intérêt passionné de la jeunesse.

Un exemple. Urgèle a 80 ans et Valère en a 20 ; Urgèle risque de se heurter à la répugnance de Valère mais celui-ci fréquente depuis l'âge de 5 ans plusieurs groupes où Urgèle a acquis depuis longtemps une grande expérience ; elle excelle entre autres "en algèbre d'amour ou calcul des sympathies accidentelles en amour; c'est l'art d'assortir passionnément une masse d'hommes et une masse de femmes qui ne se sont jamais vus ; faire en sorte que chacun des cent hommes discerne d'emblée celle des cent femmes pour qui il éprouvera amour composé, convenance parfaite des sens et de l'âme, sympathie de circonstance en rapport de caractère et en fantaisie accidentelle ».

Leurs passions communes rapprochent aussi Valère et Urgèle dans un amour « bien différent de la conquête que peut faire aujourd'hui une femme de 80 ans gui n'obtient un jeune homme qu'à force d'argent ».
"Valère ne deviendra pas pour elle un amant habituel mais elle aura quelque part au gâteau". Voilà une façon de concevoir la réinsertion sociale des vieux, explosive non seulement en France mais en Chine "populaire" où l'on se gargarise de la place faite aux personnes âgées dans la collectivité.

Le code amoureux de la société harmonienne accorde aussi beaucoup d'importance à la beauté. Dans la "civilisation" être laide) est un handicap ; en harmonie, on encouragera vivement la beauté à servir la communauté. C'est « l'angélicat, coutume qui déterminerait une foule de beaux couples à favoriser passagèrement une masse d'amants et d'amantes »(:..)
« On contraint aujourd'hui tant de beaux jeunes gens au service de la guerre » (...) « Combien il serait plus séduisant de suivre la facile carrière de philanthropie amoureuse."

Un ministre des plaisirs

Chacun des partenaires du couple angélique "sera ministre des plaisirs sensuels de l'autre, introducteur bénévole des élus et élues, négociateur pour leur admission collective. Chacun considérera comme service de haute amitié les plaisirs qu'on aura procurés à son angélique moitié » (...)

« S'il se trouve dans la contrée quelque individu accidentellement disgracié par la nature, l'ange et l'angesse leur feront religieusement !'offre de leurs faveurs. »
Outre le plaisir sensuel proprement dit que tel membre du couple angélique peut prendre à ce qui nous apparaîtrait plutôt comme une corvée, le couple est gratifié de l'admiration et du respect religieux qu'il suscite. « Il est adoré de ce gui !'entoure autant qu'il s'adore lui-même."

Ces actes philanthropiques que nul n'est tenu d'accomplir puisque "l'harmonie n'admet aucune mestcïe coercitive", assurent d'abord à leurs auteurs la garantie de bénéficier réciproquement de la disponibilité amoureuse de tous et de toutes.
Fourier est strict : "Ce n'est jamais l'individu servi qui paie ceux qui le servent"; même si cette formulation paraît excessive, elle indique bien la préoccupation d'assurer la circulation maximum de l'amour et du désir dont les codifications d'apparence parfois obsessionnelles ont pour fonction, paradoxalement, de prévenir le gel du désir dans une structure limitante (couple, groupe).

Pas de loi contraignante donc mais une forte pression sociale puisque "un couple peu connu n'exciterait malgré sa beauté que le plus faible intérêt ». En somme, une illustration dans le domaine sexuel de Bakounine : « Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m'entourent, hommes et femmes, sont également libres.
Ma liberté personnelle, ainsi confirmée par la liberté de tout le monde, s'étend à l'infini ». Tout le contraire du stupide et flic « ma liberté s'arrête où commence celle des autres ». Autrement dit (Vaneighem) « Je sais que tu ne m'aimes pas car tu n'aimes personne hormis toi-même. Je suis comme toi. Aime-moi ! » Pour Fourier, je n'accorde pas d'identité propre à ceux auxquels je m'offre, en eux j'adore le remous du désir qui m'enflamme moi-même. La pseudo-individualité bourgeoise est dissoute dans le flux des rapports désirants.
Rien n'est perdu, personne n'est floué.

L'amour aveugle

Non seulement l'amour n'est pas aveugle, mais c'est peu dire qu'il y regarde à deux fois. Personne ne fait l'amour avec « n'importe qui ». Chacun(e) de nous a « ses » goûts, « ses » dégoûts, « ses » préférences.
Proposer à quelqu'un de partager son plaisir est une entreprise sordide ; en dehors de rite extrêmement précis, on a toutes les chances d'essuyer un refus. On ne laisse pas comme ça n'importe qui servir de prétexte à l'afflux de son désir. Il faut que ça corresponde à des normes - M. Dugland, quel est votre type de femme ? - il faut que la marchandise soit conforme, qu'elle mérite le label personnel qu'on décerne l'air de rien mais sans faiblesse - pas mal ! mais t'as vu son nez ?
Le « mot d'amour » le plus prononcé en une minute sur la planète c'est : non.
Pourquoi non ? Parce que « je n'ai pas - envie - de faire l'amour avec toi ».

La dénégation est assortie dans le meilleur des cas de formules de consolations, - on regrette sincèrement de ne pas avoir envie de vous, on n'aurait pas demandé mieux.

On vous exhorte à vous résigner devant ce phénomène normal. Il est bien « naturel », n'est-ce pas, de n'avoir pas envie de quelqu'un. Insister c'est s'exposer aux dernières violences verbales. Le demandeur se voit qualifié(e) suivant son sexe et la finesse de son argumentation d'hystérique, d'obsédé(e), de sadique, de phallocrate, etc. Et les MLF de hurler à l'unisson : si c'est ça votre liberté sexuelle, être toujours « disponibles totalement pour le premier venu » (Torchon n° 6) ; nous voulons choisir nos compagnons, nos compagnes !

Je m'expose à une critique féministe en ayant l'air de présenter le refus sexuel comme un comportement largement féminin ; mais je souhaite vivement que, un jour proche, les femmes (à commencer par celles qui luttent pour leur libération) puissent dire simplement à un homme qu'elles le désirent y compris en l'abordant dans la rue.

Nous reparlerons alors plus tranquillement de la drague sous toutes ses formes en constatant d'ail leurs que les mecs, plus sollicités réagiront aussi mal que les filles aujourd'hui (cf. les difficultés d'un mec assumer une relation qu'il n'a pas provoquée). Pour l'instant, l'initiative, au moins apparente, reste un prérogative surtout masculine.

Le refus naturel

Bien sûr, moi, mâle hétérosexuel, je peux dire sans « mentir » que telle femme m'attire, telle autre moins, que telle autre me répugne. Si ce vécu affectif est réel, il mérite au moins analyse.

Tous nos comportements sont déterminés culturellement, historiquement, etc. - platitude d'amphithéâtre que nous préférons oublier en ce qui concerne nos comportements amoureux.
Déterminé(e)s, nous le sommes par notre histoire affective (image des parents), sociale (division de classe), biologique (tares), par l'idéologie (concept laid-beau, mariage, couple, tabous variés).
La satisfaction d'un besoin et son organisation sociale varient d'une civilisation à l'autre. Il en va des pratiques amoureuses comme des habitudes culinaires et Fourier ne s'est pas fait faute d'utiliser l'image.

Les travaux sociologiques sur le choix du conjoint ont mis en pièce l'idéologie du coup de foudre, du hasard amoureux, de l'attirance inexplicable, du prince charmant et de la prédestination à laquelle appartient finalement la théorie de « l'envie ».
Toute la littérature, le surréalisme compris, a tissé autour de la sexualité un épais cocon de préjugés sentimentalistes exploités et entretenus par la presse du « coeur » et qui fait disparaître la signification du désir sous « l'envie », épiphénomène culturel.

Les humains croient choisir leurs partenaires comme les ménagères croient choisir leur marque de lessive. La marge de liberté est la même, les objets également interchangeables.
Difficile de reconnaître que n'importe quel amant est forcément le premier venu, mais c'est littéralement vrai ; chaque nouvel amant est le premier qui vient après des milliers d'autres incarnant chaque fois la redécouverte de l'amour.
Ceci dit n'enlève rien de sa poésie, de sa totalité au plaisir, au contraire, son infinité ne reste limitée que par le temps et la mort.

L'acte sexuel est souvent vécu, surtout par les femmes, comme un sacrifice (il ne manque d'ailleurs pas de bases objectives dans les comportements des mecs à cette façon de voir) impliquant une sacralisation dans le couple.
Proposer à quelqu'un de faire l'amour équivaut donc aujourd'hui à lui demander une faveur dont on est censé(e) être seul(e) à profiter. D'ailleurs, quand il a eu "ce qu'il voulait" - c'est-à-dire ce que la fille ne s'avoue pas vouloir - le garçon fout le camp. Alors la liberté c'est de dire non, y réfléchir, faire peut-être des concessions ; c'est l'amputer.

Bien sûr, je peux décider de me refuser à toi comme je peux faire voeu de chasteté, mais le refus n'est jamais assumé et je me retranche derrière une prétendue connaissance prémonitoire de l'échec. En réalité, croyant refuser le plaisir de l'autre c'est aussi et d'abord le sien propre qu'on nie.
En me refusant à toi, je te refuse à moi. Le refus que s'opposent entre eux les acteurs inconscients du jeu social n'est que la tradition du refus que la société signifie au désir.

La liberté de refuser

Malgré l'abondance qui règne en harmonie, le refus y subsiste encore puisque Fourier prévoit qu'après une nuit où s'est opéré « un grand nombre d'unions », Bacchantes et Bacchants ont pour rôle de relever les blessés, c'est-à-dire de consoler les amant(e)s refusé(e)s en leur prodiguant "leur éloquence et leur charme":
Si le refus subsiste, c'est dans des circonstances bien particulières Galatée a préféré Pygmalion à Narcisse et Pollux ; de toute façon, il est intégré au jeu amoureux et la souffrance qu'il peut engendrer réduite autant que possible.
Au moins ni Narcisse ni Pollux n'auront l'idée d'aller étrangler Galatée et son amant d'une nuit. Différence de poids d'avec la rubrique faits divers de votre quotidien habituel.


Le jeu continuera et demain Galatée aimera Pollux peut-être, tous deux le savent et le désirent. La jalousie est désamorcée.

Reste que tout ça est utopique, pas sérieux et complètement étranger aux préoccupations de la classe laborieuse. Alors, je veux bien que la classe laborieuse avorte, déprime, cogne ses mômes et s'étripe sans s'en « préoccuper ». Justement, ça s'appelle la misère. Vouloir en sortir c'est utopique, puisque l'utopie c'est d'assumer nos désirs au point de vouloir les réaliser. Nos désirs ne sont pas sérieux parce qu'ils ne sont pas tristes. Pourquoi nous voulons changer la vie ? Pour rien, POUR LE PLAISIR !

Dans la pratique de tous les jours, ça n'est pas facile, non. Et alors ? La non-vie quotidienne, les renoncements, l'assassinat du désir, la résignation, les maigres compensations du couple ou de la putain, c'est facile, ça ? c'est gai ? Ça vous donne envie d'aller jusqu'à la retraite ?

Bien sûr qu'au jour le jour on se casse la gueule souvent et qu'on souffre encore pour faire reculer la souffrance et le désespoir de voir nos amours fragiles sans cesse brisées par les habitudes et la famille et les flics. Et la tentation de reculer, de croire encore aux illusions dont nous nous voulons riches tant nous sommes pauvres de jouissances.

L'utopie de Fourier nous gêne parce qu'elle n'a rien d'abstrait. Elle nous met en scène avec nos désirs, nos lâchetés, notre jalousie. Dans chaque illustration romancée, nous nous reconnaissons précisément. Nous y lisons le refrain de notre quête - « je t'aime comme je voudrais que tu t'aimes toi-même, c'est-à-dire libre ».

Claude GUILLON


ça va comme ça ? J'ai fait ce que j'ai pu ! Very Happy Je ne suis pas sûr que ça fasse moins pavé ! Laughing

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Re: Désir

Message  Dr_Natural le Lun 28 Mai 2012 - 18:28

Tu fais ce que tu peux, c'est bien ce qu'on te reproche ! Laughing
Trève de plaisanterie, le sujet est... rafraîchissant ; ce n'est pas très éloigné de ce qu'évoquait neo-codion ailleurs...
Toutes les utopies des situationnistes !
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Re: Désir

Message  rainbowgeek le Lun 28 Mai 2012 - 21:12

Jean-Luc a écrit:ça va comme ça ? J'ai fait ce que j'ai pu ! Very Happy Je ne suis pas sûr que ça fasse moins pavé ! Laughing
Ça va tout à fait. Comme tu es modérateur (enfin, je pense) tu devais pouvoir éditer directement le texte alors que neo-codion aurait pu seulement tant que personne n'avait répondu.

Mais une rediffusion en noir sur fond blanc (comme le télévision de notre enfance), c'est bien aussi.
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Re: Désir

Message  Jean-Luc le Lun 28 Mai 2012 - 21:15

Oui, merci ! J'avais effectivement le choix entre les deux options ! Very Happy

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Re: Désir

Message  Jean-Luc le Lun 28 Mai 2012 - 21:17

Et merci de ton indulgence !
Et dans la rubrique "histoire" il y a un topic sur la télévision de notre enfance ! Avec Zorro ! Very Happy

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Etrusques

Message  Dr_Natural le Dim 3 Juin 2012 - 19:11

Les pratiques sexuelles des anciens Étrusques selon Athénée de Naucratis.

[12,14] Chez les Étrusques, voluptueux comme il n'est pas possible, Timée dit dans son livre I, que les petites esclaves servent les hommes dans le plus simple appareil. Théopompe, dans le livre XLIII de ses Histoires, ajoute qu'il est monnaie courante chez ces populations de mettre les femmes en commun ; celles-ci prennent un soin particulier à leur corps, n'hésitant pas à s'exercer en compagnie des hommes, ou entre elles. En effet, les femmes n'éprouvent aucune honte à se montrer nues. Lors des banquets, elles se mettent à table, non point aux cotés de leur maris, mais indifféremment auprès du premier convive qui se présente, donnant un toast à qui bon leur semble. Du reste, dotées d'une rare beauté, elles sont aussi de sacrées buveuses. Les Étrusques élèvent sans distinction tous les enfants qui naissent sans se préoccuper de savoir qui est le père de chacun d'eux. À leur tour, ces gamins reprennent le mode de vie de leurs nourriciers, se précipitant dans des beuveries sans fin et baisant avec n'importe quelle femme. Il n'y a rien d’infamant pour les Étrusques à être surpris en train de copuler en public.

C'est la coutume de ce peuple.

Loin d'eux l'idée de mal faire, au point que, lorsqu'un maître de maison baise, et qu'un visiteur s'enquiert de lui, le serviteur lui répond qu'il fait « crac-crac » sans aucun problème ! Quand ils se paient des gourgandines ou toute autre personne, voici ce qu'ils font : d'abord, ayant cessé de boire,ils se décident à rejoindre leur couche ; aussitôt, à la lueur des flambeaux, les esclaves leur amènent des putes ou de charmants gitons, quelquefois aussi leurs épouses; une fois qu'ils ont bien joui, les esclaves font alors venir des hommes particulièrement robustes, qui les enculent. Bref ils ont des rapports sexuels très fréquents, et se livrent parfois à leurs ébats à la vue de tous. Toutefois, dans la plupart des cas, ils installent des paravents autour des lits ; ces paravents sont faits de baguettes tressées, au-dessus desquelles sont attachés les manteaux. Ils prennent leur pied surtout avec les femmes, mais il en est qui se délectent de frais adolescents. Il est vrai que, dans leur pays, ces derniers sont très beaux, la raison en étant qu'ils se vautrent dans le luxe très tôt et qu'ils s'épilent le corps. En fait, tous les Barbares des contrées occidentales s'arrachent les poils en utilisant de la poix ou en se les rasant; et chez les Étrusques, on trouve des échoppes d'artisans qui correspondent à nos barbiers. Quand nos jolis garçons pénètrent dans ces locaux, ils s'offrent alors sans réserves, indifférents au regard des voyeurs ou des simples passants. Cette coutume est typique également des Grecs habitant l'Italie, parce qu'ils la tiennent des Samnites et des Messapiens. Voluptueux jusqu'au bout des ongles, les Étrusques, comme le rapporte Alcimos, pétrissent le pain, boxent et supplicient les condamnés au son de la flûte.

Athénée de Naucratis, les Deipnosophistes (ou Le Banquet des sages), livre XII, Chapitre 1.
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Re: Désir

Message  creme_de_marron le Lun 4 Juin 2012 - 18:14

Je ne te savais pas aussi cultivé Georges ! Et helléniste distingué ! Tu m'étonneras toujours !
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Re: Désir

Message  creme_de_marron le Lun 4 Juin 2012 - 18:25

Je reviens (ici, puisqu'un topic reste encore inaccessible), à propos de quelques évènements récents, sur cette obsession quasi pathologique d'une société propre, enfin débarrassée de ses miasmes, de ses recoins, de ses zones d'ombre, y compris celles que tout homme a en lui, bref de son humanité tristement humaine...
Le refus ou la négation de cette part d'ombre, dois-je préciser que je ne dis en aucun cas qu'il faille la flatter ? a souvent été la marque des plus féroces dictatures et a dans l'Histoire conduit a bien des chasses aux sorcières et à allumer bien des bûchers...
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Re: Désir

Message  neo-codion le Mar 5 Juin 2012 - 13:26

Ben, si on peut maintenant apporter quelques explications et précisions sur nos commentaires, je le fais également volontiers !
Je trouve particulièrement assez incroyable effectivement que pour certains le libertinage s'oppose à la pudibonderie, alors que ce sont bien deux réponses très proches à une même détestation d'une sexualité naturelle, libre et épanouie et, pour utiliser un mot à la mode, normale, c'est à dire considérée comme une fonction normale, naturelle du vivant...
C'est amusant (affligeant ?) de constater que pour certains il n'y a d'autres possibles que la pudibonderie OU le libertinage !
Voilà ce que je voulais dire, simplement, si je n'en avais pas été découragé !

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Albrecht Dürer

Message  Jean-Luc le Mar 5 Juin 2012 - 21:29

Des chercheurs du Germanisches Nationalmuseum de Nuremberg ont découvert, grâce aux rayons X, sur une oeuvre d'Albrecht Dürer (1471-1528), un portrait de son ami Pirckheimer, une inscription de la main de l'artiste passée inaperçue jusqu'alors écrite en grec et disant : "avec ma bite dans ton cul"...

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Message  Jean-Luc le Mar 5 Juin 2012 - 22:19

Je reviens (ici, puisqu'un topic reste encore inaccessible), à propos de quelques évènements récent

Ben, si on peut maintenant apporter quelques explications et précisions sur nos commentaires, je le fais également volontiers !

Je vais déverrouiller le forum sur la pénalisation des clients de la prostitution. Je ne sais pas trop quoi en faire ! scratch Question


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Re: Désir

Message  Dr_Natural le Mar 5 Juin 2012 - 22:45

Ça serait vraiment dommage de ne pas laisser ce topic en l'état !!! Laughing
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Re: Désir

Message  neo-codion le Dim 10 Juin 2012 - 8:41

Selon des chercheurs de l'université de Victoria (Nouvelle Zélande), il sera habituel vers 2050 d'avoir des relations sexuelles avec des robots androïdes. La sexologue Michelle Mars n'y voit que des avantages : plus de prostitution contrainte, les robots pourront être "programmés" pour nous apprendre à avoir du plaisir. Mais pourra-t-on se marier avec son robot ?
Plusieurs programmes sont en étude, au Pays-Bas, au Japon...
C'est drôle, tu te souviens oiseaulys que le "petit Pierre" (Pierre Dev..) nous en avait parlé ("lorsque nous auront testé l'amour avec un robot nous ne voudrons plus faire l'amour avec un humain" disait-il ! )et que nous en avions alors bien ri ! C'était en 1974 !


http://www.lesinrocks.com/2012/04/21/actualite/et-si-des-robots-remplacaient-les-prostituees-11251778/

http://next.liberation.fr/sexe/2012/06/04/robots-a-prises-multiples_823562

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Re: Désir

Message  Jean-Luc le Dim 10 Juin 2012 - 9:10

Ce n'est pas très réjouissant !

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Re: Désir

Message  Dr_Natural le Dim 10 Juin 2012 - 12:07

oui, je suis quand même sceptique... Faut voir... Laughing
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Re: Désir

Message  oiseaulys le Dim 10 Juin 2012 - 18:13

neo-codion a écrit:
C'est drôle, tu te souviens oiseaulys que le "petit Pierre" (Pierre Dev..) nous en avait parlé ("lorsque nous auront testé l'amour avec un robot nous ne voudrons plus faire l'amour avec un humain" disait-il ! )et que nous en avions alors bien ri ! C'était en 1974 !

Oui, je m'en souviens et je me souviens que le jour où il nous avait faire rire avec ça, il a bien failli mourir étouffé dans un sac de couchage "parfaitement imperméable" de son invention.
Il est devenu architecte...
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Dépravés

Message  hippium le Mar 12 Juin 2012 - 18:57

L'explorateur britannique George Murray Levick (1856-1956) avoue dans ses écrits que le pire qu'il a pu observer est la dépravation et la perversion des manchots de la Terre d'Adélie (Antartique) qui selon lui sont capables de s'accoupler avec des congénères du même sexe, avec des cadavres de femelles et même de jeunes poussins. Ils pratiqueraient également la sexualité de groupe. L'explorateur en était si horrifié de ça qu'il n'a pas, à l'époque, rendu public ses observations !
(AFP)

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