Histoire du mouvement hippie

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Histoire du mouvement hippie

Message  Jean-Luc le Mar 2 Aoû 2011 - 20:21

J'ai trouvé ce texte très intéressant :


15 août 1969 : Woodstock, rassemblement symbolique des années hippies, plus grand festival de l’histoire de la musique
jeudi 3 mars 2011.
Source : http://www.lemonde.fr/

Le 15 août 1969, 450 000 personnes sont réunies pour le festival le plus marquant de l’histoire de la musique. Quarante plus tard, Woodstock est toujours aussi présent dans l’imaginaire collectif : il symbolise le mouvement hippie dans son entier, l’engagement de la jeunesse américaine et ses valeurs pacifistes. Dans un entretien croisé, Pierre Delannoy, auteur de L’Aventure hippie (Poche, 10/18), et Jean-Yves Reuzeau, auteur de biographies de Janis Joplin, des Rolling Stones et de Jim Morrison, qui a travaillé une dizaine d’années pour de grands labels, reviennent sur l’influence du mouvement hippie et celle de Woodstock.

Woodstock symbolise la contre-culture hippie. Pourtant le festival a lieu à un moment où le mouvement hippie commençait déjà à décliner ?

Pierre Delannoy : Woodstock, c’est le début de la fin : la récupération et la marchandisation de l’idéologie hippie. Les organisateurs du festival [Michael Lang et Artie Kornfeld] veulent profiter de la popularité de la contre-culture hippie pour faire un "bon coup", sur la côte Est des Etats-Unis. On est loin de San Francisco, berceau de la culture hippie, mais surtout loin des idéaux des premiers festivals hippies. Le festival est d’abord un fiasco financier. L’idée de ne pas payer fait partie de cette contre-culture. Face à près de 500 000 personnes, les organisateurs n’ont pas d’autre choix que de le rendre gratuit. Cependant, ils ont réussi a créer l’évènement et à s’assurer une importante médiatisation. Michael Wadleigh (le réalisateur du documentaire Woodstock, 1970) a eu la bonne idée de tout filmer. Il fait découvrir au monde ce "sommet de la contre-culture hippie". Woodstock devient un symbole, mais surtout une marque qui rapporte beaucoup d’argent par la suite.

Jean-Yves Reuzeau : Dans les premières heures du mouvement, la production musicale est complètement libre et spontanée, c’est d’ailleurs pourquoi elle est si riche. A mesure que le mouvement grandit, les maisons de disques commencent à s’intéresser aux musiciens qui émergent de la culture hippie. A Woodstock, la tendance s’est déjà affirmée : les grandes majors sont présentes sur le festival. A partir des années 1970, les maisons de disques gagnent en puissance. La musique devient un business comme un autre. Il faut générer du profit : sortir des hits et accumuler les disques de platine. On ne demande plus aux artistes d’innover, mais on les guide vers le grand public. On les pousse à produire ce qui se vend.

Quelles étaient en 1969 les "revendications" du mouvement hippie ?

Pierre Delannoy : Il faut bien comprendre que les hippies ne sont pas les "babas cool", les doux rêveurs, qui ne pensent qu’à fumer de l’herbe et à courir tout nus, qu’on voit au cinéma. Au contraire, le mouvement hippie est très politisé. Ils ont tous l’âge d’aller se battre au Vietnam. C’est un jeunesse éprise de liberté qui s’engage contre la guerre. Ce serait réducteur de ne parler que de révolution des mœurs et de révolution sexuelle. Le mouvement hippie porte en lui une véritable révolution politique. C’est toute la société qu’ils veulent changer : de l’organisation du travail à celle de la famille et des rapports humains. Ils militent pour une société plus juste, plus égalitaire et vont même jusqu’à poser les bases de l’écologie.

Jean-Yves Reuzeau : Le morceau Five To One (1968), des Doors résume un sentiment alors largement partagé : C’est "nous", la jeunesse, contre "eux", les forces réactionnaires. Le contexte de l’époque est très tendu (les Etats-Unis sont en guerre au Vietnam et les manifestations afro-américaines pour des droits civiques sont très violentes). Les hippies rejettent la société de leurs parents pour réinventer la leur.

Comment expliquer que l’idéologie hippie soit aujourd’hui encore si présente dans l’imaginaire collectif ?

Pierre Delannoy : Le mouvement hippie marque une rupture. Les années 1960, c’est l’avènement de la jeunesse. Ce n’est plus l’appartenance à une classe sociale qui compte, mais la classe d’âge et la volonté de changer la société. Le mouvement hippie naît au milieu des Trente Glorieuses. Les hippies sont les enfants du baby-boom, de l’explosion de la classe moyenne et des débuts la société de consommation. Ils grandissent dans un monde qui change, mais au sein d’une société qui reste complètement coincée, conservatrice. Le mouvement hippie naît de cette rupture entre une société figée et une partie de la jeunesse qui aspire à vivre autrement. Pendant les années 1960, les hippies fondent des communautés, vivent une nouvelle expérience sociale et bousculent leurs propres barrières.

Jean-Yves Reuzeau : C’est une révolution pour l’histoire de la musique. Les musiciens de l’époque éclatent le rock’n roll, le blues, la folk, pour créer de nouveaux genre musicaux. Les sons sont uniques, on n’a jamais entendu ça avant. En juin 1967, le Festival international de musique pop de Monterey est le premier vrai festival de rock. Une partie des grandes stars de l’époque se produisent gratuitement devant des dizaines de milliers de hippies rassemblés pour le début de ce qu’on appellera le "Summer of Love", à San Francisco. Les musiciens sont décomplexés. A l’époque, on expérimente. On cherche l’éveil des consciences, on essaye de voire de "l’autre côté", notamment par la consommation de drogues. La musique multiplie les influences et s’ouvre sur d’autres mondes.

Après le mouvement hippie, comment va s’exprimer la génération suivante ?

Pierre Delannoy : Le mouvement est rattrapé par la réalité. D’abord, il est peu à peu récupéré et vidé de sa substance. Ensuite, le choc pétrolier de 1973 réduit les marges de la société. Les communauté hippies virent à l’affect. On observe des dérives sectaires ou, plus simplement, le contexte économique rend plus difficile à accepter ce mode de vie fondé sur le partage du travail et les relations libres. Enfin, des drogues douces, les hippies passent aux drogues dures : le paradis artificiel qu’ils s’étaient créé devient un enfer. Les hippies sont les derniers porteurs de la grande illusion. La génération suivante est celle de la crise : les punks revendiquent le désespoir.

Jean-Yves Reuzeau : A partir des années 1970, les maisons de disques deviennent puissantes. Ce sont elles qui font les tubes, peu importe que l’album soit mauvais s’il se vend. Le mouvement punk naît en réaction à l’uniformisation de la musique. Ses valeurs sont complètement différentes de celle des hippies, mais on retrouve ce même fond contestataire. Là encore, c’est une contre-culture qui exprime un sentiment fort de révolte, comme plus récemment avec le hip-hop. Aujourd’hui avec l’éclatement du Net, on retrouve une certaine liberté. Les maisons de disques prennent moins de risques et perdent de leur influence sur le marché. On peut espérer quelque chose de ce nouveau regain de liberté.

Propos recueillis par Mael Inizan

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Les Enfants-Fleurs

Message  Mr_Nostalgia le Sam 20 Aoû 2011 - 22:08

Un très beau texte sur "ce qu'ont apporté les hippies", extrait d'un site très intéressant, "AK Psy, regards psychanalytiques sur le monde". Il répond, sans pour autant qu'on soit d'accord d'ailleurs, à toute une série de questions qu'on s'est posées ici, comme l'engagement politique par exemple...

http://www.akpsy.com/37_les_hippies.htm

Ce que nous ont apporté les Hippies

Cheveux longs, chemises à fleurs, consommateurs de drogues, peu enclins au travail et cultivant la cool attitude : voilà le cliché plus ou moins facile qui se présente à nous à l’évocation du mot hippie. La liberté sexuelle et le rejet de la société de consommation seraient les principaux leitmotivs d’une jeunesse alors tourmentée et d’une poignée d’illuminés ; par la transgression de la loi, ils auraient entretenu, dans une naïveté anarchiste, une vaste utopie... Pourtant, bien plus qu’une liberté sexuelle ou qu’une critique du capitalisme, c’est une déferlante humaniste qui à brisé les barrières et insufflé une énergie porteuse d’un nouveau savoir. Mais qui étaient ces hippies et quel héritage nous ont-ils laissé?
Le mouvement hippie fait son apparition dans les années 60 à San Francisco. Les USA sont alors à leur apogée quand ils assistent à l’émergence d’une nouvelle conscience. La jeune génération ne trouve plus sa place dans les carcans moraux imposés par une société américaine traditionaliste et puritaine. Ces militants contre la folie de la boucherie militaire et civile — la guerre du Vietnam ébranle incontestablement les esprits—, remettent en cause le modèle économique et social ; ainsi s’engagent-ils dans de nombreuses luttes contre les inégalités (féminisme, homosexualité, droits des Noirs etc.)... Le pays connaît un changement radical alors qu’il mène des croisades pour imposer, de façon paternaliste, ses conceptions politique et économique, il voit sa jeunesse rebelle bouleverser l’ordre et la loi établis. Aucune légitimité de l’Establishment n’est reconnue ni authentifiée.
A l'assaut d'un âge nouveau
Véritable révolution du désir, le mouvement hippie prône des idées de non-violence, d’écologie, de retour à la nature, de partage. De philosophie hédoniste, les Hippies partent à l’assaut d’un âge nouveau : ils s’enrichissent de cultures orientales et cherchent à explorer les profondeurs abyssales de leur inconscient par l’expérimentation de drogues douces et dures, dont le LSD. Certains embrassent le Bouddhisme, l’Hindouisme ou encore la religion américaine indigène et s’écartent définitivement des valeurs traditionnelles bourgeoises. Pourtant élevés dans l’abondance, ces enfants du baby-boom marqueront leur époque par leurs idées contestataires ; ils participeront à un développement massif de l’information n’ayant pas encore accès au pouvoir, ils se servent des domaines artistiques pour diffuser leurs peurs, leurs révoltes, leurs idées, leurs conceptions du monde ; c’est la contre-culture. La musique rock et psychédélique déferle sur le monde entier. Les concerts remplacent les messes, avec une nouvelle mise en scène de l’iconographie. Les Beatniks devenus Hippies font triompher le non-conformisme (par exemple, l’art voit naître le dadaïsme, celui-ci s’étayant sur un mouvement de révolte datant de 1916). Ils trouvent refuge dans une marginalité qui n’est qu’apparente puisqu’ils inventent un monde nouveau. Il semble compréhensible alors que la révolte hippie ait servi de modèle pour le reste du monde car c’est tout un mode de pensée qui se déploie. Et avec lui, une énergie et une créativité nouvelles. Dans tous les pays occidentaux, la jeunesse est dans la rue et proteste. Malgré peu de structures — leur style de vie est nomade ou communautaire — ces enfants-fleurs sèment les graines d’une culture novatrice ; celle-ci, bien qu’excluant tout engagement politique, vise le libre accès à la connaissance pour tous. Quelques quarante ans plus tard, c’est ce que proposent la cyber culture et Internet (leur savoir se retrouve chez les pionniers de l’informatique), en se mettant au service du plus grand nombre...
Mettre la vie en terme de sens
Prophètes de la jouissance sans entraves dont le corps récolte les effets, les Hippies font décliner l’ordre et toutes les limites. Ils cherchent et briguent à leur façon le Nirvana, jouant avec les pulsions de mort et frôlant l’anéantissement par le plaisir. La sexualité éclabousse la morale judéo-chrétienne et ses tabous. Et pourtant, les jeunes, à l’image du Christ, tendent l’autre joue face aux agressions des policiers. L’heure est aux nude-in. aux love-in,à Woodstock. sans honte du corps. Totalement pacifistes et férus de spiritualité, la drogue, qui a toujours occupé un thème central dans leur quête mystique, les plonge au coeur de perceptions inconnues. Lucides, ils le furent pourtant en quelque sorte, en « perçant à jour le néant d’une société », pour paraphraser Paul Ricoeur. Et plus encore, pour oser s’affronter à des interrogations existentielles. Car tout le mouvement hippie a eu à coeur de confronter l’individu à lui-même, avec la volonté de développer non pas l’outil mais l’être humain et de mettre la vie en terme de sens. Plutôt que de vouloir changer la société, les Flower Power proposent des valeurs fondées sur la paix. Avec le partage de l’information et la fin de la propriété, c’est une modification totale d’une manière de pensée qui s’impose. Le qualitatif prime sur le quantitatif. L’autogestion libère et responsabilise.
L’écologie participe à mettre la vie en actes et à l’inscrire dans un avenir. Enfin, toutes les différences sont intégrées, qu’elles soient raciales, sexuelles, civiques...
Bien évidemment, une société fondée sur l’utopie ne pouvait aboutir dans son intégralité. La loi est la condition sine qua non pour que des libertés émergent, tout autant que le désir naît de la frustration, comme le disait Lacan... L’idéal communautaire finit par s’étioler mais les moyens d’expression de la contre-culture intéressèrent vivement les industries. Les traces de cette révolte insolente sont encore visibles et le message anti-élitiste, symbole de ces années-là, n’est pas totalement oublié... Ce que nos ados tentent de nous démontrer...

Texte initialemnt publié dans le numéro n°30, Décembre-Janvier 2006, de Signes & Sens Magazine


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La Révolution Hippie

Message  Jean-Luc le Dim 21 Aoû 2011 - 12:21

un livre de Frédéric Robert consacré à "La Révolution Hippie" est paru en janvier 2011. Je ne l'ai pas lu mais voici un article qui en fait la recension dans la revue catholique "Catholica".

A pro­pos du livre de Fré­de­ric Ro­bert, La ré­vo­lu­tion hip­pie, Presses uni­ver­si­taires de Rennes, jan­vier 2011, 15 €.
Par Marie Raynaud, article publié le 10 juillet 2011

« Les hip­pies ont lais­sé une trace in­dé­lé­bile dans l’his­toire col­lec­tive. Ils ont in­di­rec­te­ment fait évo­luer les mœurs d’une so­cié­té tra­di­tio­na­liste à l’excès. Dans leur sillage d’autres mou­ve­ments se sont dé­ve­lop­pés et en­ga­gés pour dé­fendre des causes plus nobles les unes que les autres », per­pé­tuant la « tra­di­tion contes­ta­taire » : Green­peace, rave par­ties, dé­fen­seurs des droits des ani­maux, etc. L’ou­vrage s’achève sur cette conclu­sion, voyant un mes­sage d’es­poir dans l’en­ga­ge­ment des jeunes en fa­veur d’une évo­lu­tion de la so­cié­té. F. Ro­bert ne traite qu’in­di­rec­te­ment des suites du mou­ve­ment hip­pie, son ou­vrage consti­tuant une in­té­res­sante plon­gée dans l’his­toire d’un mou­ve­ment ré­gu­liè­re­ment remis à l’hon­neur.
Le mou­ve­ment hip­pie trouve ses ori­gines dans les hips­ters noirs des an­nées trente. Il s’agit de jeunes noirs hé­do­nistes, dé­ver­gon­dés, ha­billés de ma­nière voyante et dé­ca­lée afin de pro­vo­quer la so­cié­té blanche fai­sant tout pour les mettre à l’écart. Dans les an­nées 1940, cer­tains blancs, mar­qués par la guerre, se mettent à adop­ter ce com­por­te­ment ; ce sont les « nègres blancs » vi­vant en marge de la so­cié­té, dé­si­reux de pro­fi­ter de chaque ins­tant de l’exis­tence comme s’il s’agis­sait du der­nier, s’adon­nant à un mode de vie dé­bri­dé à l’ex­trême, ex­pé­ri­men­tal, mé­lange d’al­cool, de sexe et de drogue, sou­hai­tant vivre une vie rem­plie, faite d’ex­pé­riences nou­velles « en­ri­chis­santes, di­verses et va­riées leur per­met­tant d’ex­plo­rer des zones in­soup­çon­nées de leur conscience » (p. 36). Ainsi naît le mou­ve­ment « beat­nik » dont se­ront issus les hip­pies connus pour avoir oc­cu­pé mas­si­ve­ment, avec toutes les dé­rives que put en­gen­drer leur com­por­te­ment, le quar­tier de Haight Ash­bu­ry à San Fran­cis­co. [...]

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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  hipnik le Sam 27 Aoû 2011 - 9:51

Texte sur le lien entre "hippies" et mouvement révolutionnaire en 1973 de Yannick Toutain Source :
http://monsyte.voila.net/de/AS/actualite/Mouvement_2007/Mouvement_hippy_mouvement_revolutionnaire_1.htm
Ah, le troskisme !

MARS 1973 : Mouvement hippy, mouvement révolutionnaire - Yanick Toutain
Le 22 mars 1973 eut lieu la première véritable mobilisation auto-organisée des étudiants, rejoints par les lycéens. Mai 68 en France fut parfaitement inorganisé et manipulé par des leaders magouilleurs : Daniel Cohn-Bendit en est le plus parfait exemple. Mars 73 vit la première application de la revendication trotskyste de soviets démocratiques : ce furent les coordinations. Les délégués étaient élus par section (lettres, sciences etc.) et formaient le comité de grève. Les délégués des comités de grève formaient ensuite la coordination étudiante. Et les délégués étudiants se réunissaient avec les délégués lycéens.
Il y avait déjà des magouilleurs qui refusaient les délégués de section pour obtenir que le choix de délégués se fasse par des AG massives.
Ce mouvement naquit sur deux revendications annoncées : le refus de la suppression des sursis et le refus de l'instauration du DEUG sur le modèle des IUT.
Mais la masse des étudiants n'était pas dupe : il s'agissait pour la bourgeoisie de mettre au pas cette jeunesse qui rêvait de se débarrasser du capitalisme, qui rêvait d'aider les combattants vietnamiens en renversant la barbarie impérialiste. Et la jeunesse elle même ne prenait pas la revendication du retrait des reformes comme d'un prétexte pour obtenir une part plus grande du pillage colonial.
A cette époque, Hippies, beatniks et révolutionnaires (que les staliniens appelaient "gauchistes") étaient d'accord sur le refus de ce capitalisme avilissant, barbare et sur le refus de ses valeurs de fric, d'arrivisme et d'égoïsme.
Les uns voulaient tout, tout de suite : reconstruire un autre monde, à la campagne, en Indes ou dans les vapeurs des fumées toxicologiques.
Les autres voulaient renverser les Bourses et en finir avec les gangsters assassins de l'Indochine et du Vietnam. Mais il serait tout aussi absurde d'imaginer qu'il existait un mouvement hippy et à côté un mouvement révolutionnaire : que ce soit en France ou en Allemagne ou dans beaucoup de pays, ces deux orientations étaient totalement poreuses. Un militant sectaire partisan de l'embauche ouvrière immédiate, perroquet rabâchant les citations du président Mao, pouvait, un mois plus tard, craquer complètement et devenir, à toute vitesse, un fumeur de cônes acharné et un partisan du retour aux valeurs campagnardes. : on vit même un dirigeant trotskyste réclamer sérieusement - dans un bulletin intérieur de la Ligue - la mise en place d'une guérilla dans le Massif Central.
Le fait que l'on assiste, depuis le CPE, à l'apparition d'une nouvelle génération revendiquant par sa tenue vestimentaire son lien avec les années 70 est un signe de toute autre valeur.
Cette revendication - qui va aller de pair avec l'apparition massive de groupes de protest-songs - est un signe fondamental de l'apparition d'une vague révolutionnaire sans précédent.
(...)
Un Tiken Jah Fakoly, s'il ne s'inscrit pas dans le style West Coast de Crosby Stills Nash and Young, est un signe tout aussi fort du même phénomène : le combat contre le capitalisme suscite l'émergence d'un art rebelle, d'un art sincère.
Le fait que Tiken ait dédié son album "Africain" à François-Xavier Verschave est un signe fort de l'approche de la révolution : elle indique la proximité de l'évacuation des troupes fascistes hors d'Afrique.
Pour autant, les apologistes de la fume, tels ceux de Tryo, sont eux la caricature des années 70. Quand la CIA a décidé de pourrir le mouvement anti-Vietnam en faisant ses distributions de drogues à la jeunesse américaine, quand Alexandre de Marenches (chef des services secrets en France) préconisait de pareilles distributions aux soldats russes d'Afghanistan, la technique est la même.
Quand Manu Chao, dans ses chansons et dans ses clips fait l'apologie "subtile" de la consommation de drogue, il est dans son rôle : il favorise la persistance de la bourgeoisie innovoise et de son train de vie élevée. (Qu'il exige que ses musiciens arrête de fumer devant les caméras et qu'il se désinscrive de la SACEM en écrivant des chansons FAJEAE)
Les véritables révolutionnaires sont anti-drogues, les véritables révolutionnaires excluent de leurs rangs les consommateurs de drogue (sans parler des misérables commerçants qui vivent de la misère en la répandant). La LCR excluait autrefois les malheureux drogués : elle est devenue réformiste et laxiste. Sa "tolérance" est un refus de la révolution.
Les véritables révolutionnaires ne sont pas dupes de ce que la bourgeoisie a fait dans les années 60 : distribuer la drogue pour empêcher la révolution.
Les analogies de surface rendent incompréhensible ce qui s'est réellement passé : Le festival de Woodstock festival anticolonialiste, anti-Vietnam, fut pourri par la drogue... et cette drogue fut fabriquée dans les laboratoires de la CIA et des agences criminelles de l'impérialisme américain.
La drogue servi au capitalisme à endormir sa propre jeunesse.
Et seul un imbécile croira que John Lennon avait besoin de fumer du shit pour pouvoir composer ou qu'il soit nécessaire d'utiliser des acides pour écrire Lucy In The Sky with diamonds.
YANICK TOUTAIN (09/11/07)
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Retour au Moyen-Age

Message  hipnik le Sam 27 Aoû 2011 - 10:29

La vision du Parti Communiste Marxiste Léniniste Maoïste (PCMLM) en 2009 (oui) sur ce qu'a été le mouvement hippie. Au début, j'ai cru que c'était un canular, une parodie ironique :

Woodstock 1969, une forme de contestation dépassée à notre époque, l’époque de la révolution
Il y a 40 ans, le 18 août 1969, s’achevait le festival de Woodstock sur un dernier concert de Jimi Hendrix.
Ces derniers jours, les médias bourgeois ont beaucoup parlé de l’évènement, symbole du mouvement hippie. En 2009, la bourgeoisie en 2009 insiste en particulier sur l’ « esprit » de l’époque, l’ « insouciance » et la « libération des moeurs ».
Mais nous, communistes, ne vivons pas dans la nostalgie et refusons de surfer sur la vague réactionnaire du « bon vieux temps ». Les révolutionnaires ne refusent pas le monde d’aujourd’hui, ils l’affrontent pour le transformer radicalement, dans le sens du communisme.
Le mouvement hippie, lui, construisait des communautés, et non le communisme. Le mouvement hippie comportait une forme de contestation, mais pas la révolution en elle-même à laquelle n’échappe aucune parcelle de la société. La fraternité, le partage, le respect de la nature, la destruction du patriarcat et du vieux monde perclus d’idées réactionnaires, prônés fort justement par les hippies, ne peuvent se concrétiser que dans le communisme.
Les hippies ne faisaient que s’échapper de la société pour créer un idéal « à part ». Finalement, c’était l’addition de « bonnes volontés » individuelles qui créaient les communautés. Et ces bonnes volontés finissaient par s’écrouler très rapidement car le mouvement hippie ne partait pas d’une base populaire et n’était pas ancré dans les masses, au contraire même, il faisait tout pour s’en détacher et inventer de toute pièces un mode de vie alternatif.
Une telle illusion anti-matérialiste ne peut conduire qu’à la capitulation contre-révolutionnaire et la réaction sur toute la ligne au final. Aujourd’hui, à l’instar du Comité Invisible, les petits-bourgeois qui s’imaginent se retirer à la campagne pour bâtir un style de vie en rupture avec le capitalisme, suivent une logique de renonciation faite de l’accumulation de désirs individualistes, dans la lignée du mouvement idéaliste hippie.
D’ailleurs, l’usage massif de drogues chez les hippies témoigne aussi de la volonté de s’échapper du monde, en somme « de ne pas être là où on est ».
Les révolutionnaires, quant à eux, sont dans la réalité de leur époque, ils sont « dans le peuple comme des poissons dans l’eau », car ce sont les masses qui créent l’histoire, on ne change pas le monde à l’extérieur du peuple, comme le pensaient les hippies.
Les communistes veulent la fin du patriarcat et du saccage de la nature, la paix et la fraternité entre les humains, mais pour cela, une lutte à mort doit s’engager contre l’horreur capitaliste, impérialiste et sa progéniture dégénérée : le fascisme. Cette lutte à mort, c’est la guerre populaire, puis la dictature du prolétariat inflexibles envers les exploiteurs du peuple!
L’addition de bonnes volontés est une construction bancale, inutile, s’effondrant au moindre souffle de répression bourgeoise. Le Parti marxiste-léniniste-maoïste, au contraire, est la référence idéologique, forgée dans le matérialisme et la lutte de classes, de notre époque, celle de la révolution. En France, seul le PCMLM est capable de transformer l’aspiration collective des masses au communisme en une force révolutionnaire indestructible.
La bourgeoisie instrumentalise aujourd’hui la nostalgie des années 60-70 pour désarmer la révolution qu’elle voit venir inéluctablement, mais le prolétariat révolutionnaire disloquera de ses propres mains le vieux monde de l’oppression capitaliste pour élever le communisme!
Source : http://www.contre-informations.fr/?p=1739
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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  Eon le Sam 27 Aoû 2011 - 12:48

hipnik a écrit:Texte sur le lien entre "hippies" et mouvement révolutionnaire en 1973 de Yannick Toutain Source :
http://monsyte.voila.net/de/AS/actualite/Mouvement_2007/Mouvement_hippy_mouvement_revolutionnaire_1.htm
hipnik a écrit:La vision du Parti Communiste Marxiste Léniniste Maoïste (PCMLM) en 2009 (oui) sur ce qu'a été le mouvement hippie. Source : http://www.contre-informations.fr/?p=1739
[/i]
Un peu effrayant. Cela représente beaucoup de personnes, ces gens-là ?

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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  hipnik le Sam 27 Aoû 2011 - 23:35

Il doit y en avoir encore quelques uns dans le formol lol!
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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  Mr_Nostalgia le Jeu 6 Oct 2011 - 22:28

23.08.2011
Les hippies ont donné bien du souci à Gilbert Roquefot
Durant ce début d'été 1971, à Paris, chez les hippies qui erraient entre Saint-Michel, la Contrescarpe et le jardin du Luxembourg, courait la rumeur, de plus en plus persistante d'un rendez-vous à Palavas-les-Flots.

Cette aimable plaisanterie devint une réalité dans la bonne ville de Dubout quand une cohorte fleurie s'y déploya au petit matin. C'était le 2 août et Gilbert Roquefort qui assurait le commandement de la brigade de gendarmerie n'en crut pas ses yeux. Arrivés en train, en bus, en auto-stop, ils étaient partout dans le village, sur les plages, dans les campings de la rive droite, créant une joyeuse panique.
Sans aucune gêne, cette gente chevelue et barbue mendiait en permanence, prenait ses aises sur les terrasses, dérobant au passage un demi sur une table ou une poignée de frite dans l'assiette des clients des restaurants. Le spectacle était également sur la plage où, au grand dam des puritains, la communauté se livrait, dans le plus simple appareil, à des bains et des parties de ballon.

Gendarmerie et police municipale commençaient à avoir des difficultés pour assurer la tranquillité qui sied à une station balnéaire familiale. C'est pourquoi, le 8 août, à 6 h du matin, une opération de maintien de l'ordre est diligentée. Un escadron de gendarmerie et une compagnie de CRS procèdent à l'évacuation des perturbateurs et les conduisent, sans incident, « Peace and Love » oblige, sur le plateau du Larzac.

Quelques-uns y sont encore… Ils élèvent des chèvres.
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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  Lovie le Ven 25 Nov 2011 - 12:10

Il me semble que l'histoire du mouvement beatnik et hippy commence avec Henri David Thoreau.

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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  Eon le Ven 25 Nov 2011 - 12:38

Lovie a écrit:Il me semble que l'histoire du mouvement beatnik et hippy commence avec Henri David Thoreau.
Excellent dossier sur ce monsieur dans Philosophie Magazine de juillet-août dernier (n° 51).

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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  Lovie le Ven 25 Nov 2011 - 13:44

Je suis allée lire le résumé de l’article et ça fait un peu récup mais bon !
Je suis également retournée sur France Culture car il y avait sous la rubrique « émissions les plus consultées » une émission sur HDT. Hélas, elle n’y est plus et c’est bien dommage car il était question des différences philosophiques entre Emerson et HDT.
Comme j’y étais par le plus grand des hasards le mois dernier (à Walden Pond) je vous poste le résumé que nous a fait une spécialiste sur HDT pour celles et ceux qui ne connaissent pas.
Résumé : Donc, c'est à la mort de son frère que HDT veut se retirer dans la solitude pour faire le point sur ses écrits...ça lui prendra 2 ans , 2 mois et 2 jours. Il marchait 4 heures et écrivait 4 heures par jour.
Il se baignait pour se laver dans le lac. L’eau y est douce et claire, perso, j’ai adoré !
Il ramassait le bois mort pour se chauffer.
Il ne payait pas ses taxes parce que le gouvernement les utilisait pour faire la guerre contre le Mexique (prise du Texas) mais il payait celles pour la construction des chemins car il pensait que cela permettait et favorisait la communication entre les êtres humains.
Il a montré l'exemple du végétarisme et de la non-violence aussi.
Il a inspiré les hippies, Martin Luther King, Gandhi, les théosophes, les révolutionnaires de toutes sortes dont Staline et surtout « The Big Point » a été son combat pour la « non propriété ». Il ne supportait même pas les clôtures qui empêchent les êtres et les animaux de circuler librement.
Et pour ceux qui lisent l’anglais : "I went into the woods because I wished to live deliberately,To front only the Essential facts of life.
And to see if I could not learn what it had to teach and not,
When I came to die, discover that I had not lived."
Bonne journée ! Lovie

Lovie

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De la misère en milieu hippie

Message  hipnik le Ven 9 Déc 2011 - 8:47



De la misère en milieu hippie

(extraits)



Les valeurs qui ont autrefois constitué l’ossature de l’organisation des apparences ont perdu de leur puissance. (...) Cette désintégration des valeurs a ouvert un vide favorable à la libre expérimentation. Mais si cette expérimentation ne s’oppose pas sciemment à tous les mécanismes du pouvoir, alors, au moment critique où toutes les valeurs sont aspirées dans le tourbillon, de nouvelles illusions viennent pour combler ce vide; le pouvoir a horreur du vide.

L’insatisfaction du hippie, son rejet des vieux clichés, a abouti à la fabrication ou à l’adoption de nouveaux stéréotypes. La vie hippie crée et consomme de nouveaux rôles (gourou, artisan, rock star), de nouvelles valeurs abstraites (l’amour universel, le naturel, la franchise) et de nouveaux mythes consolateurs (pacifisme, bouddhisme, astrologie) — les vestiges culturels remis sur le comptoir pour la consommation. Les innovations fragmentaires faites par le hippie — et qu’il a vécu comme si elles étaient totales — n’ont fait que raviver le spectacle. (...)

Disques, affiches, pantalons à pattes d’éléphant: quelques marchandises vous rendent cool. Quand on blâme le “capitalisme hip” pour avoir “volé notre culture”, on oublie que les premiers héros de cette culture (Timothy Leary, Allen Ginsberg, Alan Watts, etc.) ont promu le nouveau style de vie sur le marché de la consommation culturelle. En combinant leur propre fétichisme culturel avec la fausse promesse d’une vie authentique, ces promoteurs d’un nouveau style ont engendré un attachement quasi messianique à la cause. Ils ont présenté à la jeunesse un nouvel ensemble de valeurs et en même temps un ensemble de biens de consommation qui y correspond. (...) La différence entre le hippie “réel” et le hippie “synthétique” [plastic hippie, hippie du dimanche], c’est que le premier a des illusions plus profondes; il s’est approprié ces mythes dans leur forme pure et “biologique”, tandis que le second les achète en colis (l’astrologie mise en affiche, la liberté naturelle en portant des pattes d’éléphant, le taoïsme via les Beatles). Alors que le hippie réel peut s’être documenté sur l’idéologie hippie et avoir contribué à son développement, le hippie synthétique, lui, se contente d’acheter les marchandises qu’incarnent cette idéologie. (...)

Des gens ont rejoint la contre-culture parce que son contenu était en grande partie une critique partielle du vieux monde et de ses valeurs (Ginsberg ou le premier Bob Dylan, par exemple). Sous le capitalisme avancé, tout art qui n’est pas pure pacotille conçue pour le marché de la culture prétendument intellectuelle, ou pour la satisfaction des goûts dits populaires, doit être critique envers la non-vie spectaculaire, ne fût-ce que d’une façon incohérente ou nihiliste. Mais étant uniquement culturelle, une telle critique ne sert qu’à préserver son objet. Faute de remettre en cause la culture elle-même, la contre-culture ne peut rien faire d’autre que substituer une nouvelle culture oppositionnelle, un nouveau contenu sous une forme marchande immuable. (...)

Le projet lancé par les Diggers dans Haight-Ashbury — la construction d’une “ville libre et gratuite” dans la ville de San Francisco qui se nourrirait des déchets de son hôte et distribuerait librement les moyens de sa survie — a mis en évidence la réalité de l’abondance matérielle et la possibilité d’un nouveau monde fondé sur le principe du don. Mais comme il n’a pas mis directement en cause la pratique sociale du capitalisme, il n’est resté qu’une simple action, un programme militant d’avant-garde d’assistance sociale. Malgré les espoirs des Diggers, cette autogestion de déchets était loin d’être capable de faire tomber l’État.

Au début la pratique des Diggers était une réponse appropriée aux besoins du moment dans le contexte d’une activité insurrectionnelle: ils avaient mis en place la distribution de la nourriture quand l’émeute des noirs de San Francisco (1966) et le couvre-feu qui s’en est suivi l’ont rendu difficile à réaliser. Mais en continuant ce projet dans un contexte non-révolutionnaire, ils l’ont étayé avec une idéologie communiste primitive, ils ont fétichisé l’idée de la distribution gratuite et sont devenus en quelque sorte une institution antibureaucratique. Ils ont fini par faire le boulot des travailleurs sociaux mieux que ceux-ci n’en étaient capables, désamorçant la critique radicale de la famille que vivaient les fugueurs, en leur conseillant, dans le “langage de la rue”, de rentrer chez leurs parents.

Haight-Ashbury a connu des tentatives d’affronter directement l’urbanisme de l’isolement et de l’autorité qui l’impose, et elles ont souvent revêtu un aspect ludique (notamment dans les premières tentatives de s’approprier les rues). Mais parce que l’idéologie pacifiste et humaniste a dominé sa pratique, Haight-Ashbury est devenu une morale, une croisade plutôt qu’une révolte. Les actes critiques étaient dissous dans l’espoir utopique que la société, comme un mauvais enfant repenti, suivrait ce bon exemple. (...)

Tout comme les sociologues qui pensaient que les émeutes des ghettos n’étaient qu’une conséquence malheureuse de l’attitude des noirs envers les conditions existantes, le hippie croit que l’aliénation n’est qu’une question de perception. “Tout est dans votre tête.” (...) Il “s’adoucit”, se pacifie pour se mettre “en accord” avec son environnement (qui est dominé par le capitalisme). Tout sentiment négatif n’est qu’un problème de conscience, qui peut être résolu en manifestant de “bonnes vibrations”. La frustration et la misère sont attribuées au “mauvais karma”. Les “mauvais trips” viennent de ne pas “se laisser porter par le courant”. Psycho-moralisant envers les “ego trips” et les “power trips”, il les tient pour responsables de la pauvreté sociale actuelle, et entretient des espoirs millénaristes fondés sur la volonté abstraite de s’aimer les uns les autres. Tout continue comme avant, mais il y applique une interprétation secrète: les conditions existantes disparaîtront dès que tout le monde agira comme si elles n’existaient pas. (...)

C’était la promesse d’une communauté authentique qui a attiré tant de gens vers le milieu hippie. Et en effet pendant un certain temps dans Haight-Ashbury, les séparations entre les individus isolés, et entre les domiciles et la rue, ont commencé à s’écrouler. Mais ce qui était censé être une nouvelle vie a dégénéré en survie glorifiée. Parce que le désir commun de vivre en dehors de la société dominante ne pouvait être réalisé que partiellement en vivant en marge de cette société (économiquement ou culturellement), il a fini par réintroduire la survie comme base de la cohésion sociale. (...)

Dans les communautés rurales, une pseudo-communauté de néo-primitifs, qui ne partagent que leur retraite commune, se réunit autour d’une soi-disant crise d’une aliénation naturelle qu’ils s’imposent eux-mêmes. Cette réserve naturelle est pour eux un endroit sacré où ils espèrent retourner au lien érotique du communisme primitif et de l’union mystique avec la nature. Mais en fait ces zones d’expérimentation communautaire, qui servent d’amortisseurs pour la société dominante, ne font que reproduire les rapports hiérarchiques des sociétés précédentes, depuis la division naturelle du travail et le chamanisme jusqu’aux formes modifiées du patriarcat du Far West. (...)

Tout comme le retraité qui se consacre à des passe-temps parce qu’il s’ennuie, le hippie essaie de supprimer son malaise en s’occupant à quelque activité. Il rejette les formes de travail et de loisirs de ses parents, mais il les reproduit dans les faits. Il travaille dans des boulots “qui ont un sens” pour des “entreprises hip” où les travailleurs constituent une “famille”, ou bien il fait de l’agriculture de subsistance ou du travail temporaire. S’imaginant en artisan primitif, il cultive ce rôle et idéalise le métier artisanal. L’idéologie qu’il attache à son occupation pseudo-primitive ou pseudo-féodale dissimule son caractère petit-bourgeois. Ses centres d’intérêts, tels que la nourriture biologique, engendrent des entreprises florissantes. Mais les propriétaires hippies ne se voient pas comme des hommes d’affaires ordinaires, parce qu’ils “croient à leur produit”. Des bonnes vibrations tout le long du chemin de la banque.

Les loisirs du hippie sont tout aussi banals. Imaginant qu’il a rejeté le rôle d’étudiant, il devient un étudiant permanent. Les free universities sont des libres-services où sont servis les plats les plus métaphysiques et les plus insipides qui soient. Dans ses limites idéologiques, l’appétit du hippie est sans bornes. Il lit le Yi-king. Il pratique la méditation. Il jardine. Il apprend un nouvel instrument musical. Il fait de la peinture, des bougies, de la cuisine. Son énergie est inépuisable, mais elle est totalement dispersée. Chaque chose qu’il fait est en soi irréprochable, parce que banale; ce qui est risible ce sont les illusions qu’il échafaude à propos de ses activités. (...)

Rompant abstraitement avec son passé, le hippie vit une version superficielle d’un présent éternel. Dissocié du passé et de l’avenir, la succession de moments dans sa vie est une série décousue de “voyages”. Le voyage est son mode de changement, une dérive menant à la consommation de pseudo-aventures. Il traverse le pays à la recherche de ce “lieu agréable” qui lui échappe toujours. C’est un ennui toujours en mouvement. Il dévore avidement toute expérience qu’il trouve en vente pour garder son esprit dans de bonnes dispositions. Partout où se réunissent les hippies on trouve un espace rempli de tensions non résolues, de particules non chargées qui errent autour de quelque noyau spectaculaire. L’urbanisme hippie — essayant toujours de créer un espace intime où pourrait fleurir sa pseudo-communauté — n’est jamais parvenu qu’à créer une nouvelle forme de réserves où les indigènes se regardent d’un air ébahi parce qu’ils en sont également les touristes. Haight-Ashbury, la fête rock, la piaule hippie étaient censés être des espaces libres où les séparations s’écrouleraient. Mais l’espace hippie est devenu un espace de passivité, de consommation de loisirs, où les séparations ont réapparu à un autre niveau. Le concert rock dans l’Oregon qui était organisé pour détourner les gens d’une manifestation, et où l’État a distribué gratuitement de l’herbe et des drogues psychédéliques, n’est que l’exemple extrême d’une tendance générale: l’espace organisé pour les touristes du temps mort.

À son origine, la vie hippie avait certes un contenu plus actif. Le terme spectaculaire “hippie” recouvre des phénomènes divers, et la contre-culture et les individus qui en ont fait partie sont passés à travers des stades divers. Quelques-uns des premiers participants avaient bien compris que le nouveau monde doit être construit consciemment, qu’il ne surviendrait pas par hasard pour peu que tout le monde commence à fumer de l’herbe et à s’aimer les uns les autres. (...) Le mouvement hippie était un signe de l’insatisfaction de plus en plus répandue devant une vie quotidienne de plus en plus colonisée par le spectacle. Mais ne sachant pas s’opposer plus radicalement au système dominant, il n’a fait que construire un contre-spectacle.

Cela ne veut pas dire que cette opposition aurait dû être politique au sens ordinaire. Si le hippie ne savait rien d’autre, il savait très bien que la vision révolutionnaire des politicards gauchistes n’allait pas suffisamment loin. Bien que le style de vie hippie ne fût qu’un mouvement pour la réforme de la vie quotidienne, le hippie était dans une position où il pouvait au moins reconnaître que les gauchistes n’avaient aucune critique de la vie quotidienne (c’est-à-dire qu’ils étaient “vieux jeu”). Si les premiers hippies ont rejeté l’activité “politique” en partie pour de mauvaises raisons (à cause de leur perspective positiviste, leur utopisme, etc.), ils en avaient néanmoins une critique partiellement juste de son aspect ennuyeux, de son caractère idéologique, de sa rigidité. Ken Kesey avait raison de prétendre que les gauchistes ne remettaient en cause le vieux monde que dans ses propres termes. Mais en n’offrant rien de plus (sauf le LSD), lui et d’autres ont abdiqué de facto devant les gauchistes. Leur apolitisme simpliste les a amenés d’abord à soutenir ponctuellement le mouvement politique, puis à être absorbé par ce dernier. (...)

Si les hippies pré-politiques se sont laissés prendre par toutes les illusions et toutes les “solutions” utopiques, si leur critique de la vie quotidienne n’a jamais reconnu sa base historique et les forces matérielles qui auraient pu la rendre socialement efficace, l’apparition du hippie a quand même révélé l’étendu de l’insatisfaction, l’impossibilité ressentie par tant de gens de continuer dans la voie étroite de l’intégration sociale. Cependant, en même temps que la contre-culture a annoncé, ne fut-ce que d’une façon incohérente, la possibilité d’un nouveau monde, elle a construit quelques-unes des voies les plus avancées de réintégration dans le vieux monde. (...)


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De la misère en milieu hippie

Message  hipnik le Ven 9 Déc 2011 - 8:52

De la misère en milieu hippie, dont je donne un extrait ci dessus, est un célèbre texte critique sur le mouvement hippie, écrit en 1972 par le groupe Contradiction.
Vous trouverez l'intégralité du texte à l'adresse suivante : http://www.infokiosques.net/spip.php?article250

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Mai 1968 et la libération des moeurs

Message  hipnik le Ven 9 Déc 2011 - 8:57

Mai 1968 et la libération des moeurs
Martine Fournier

Libération de la parole, des corps, émancipation des femmes… Les événements de 68 et la décennie qui a suivi ont été porteurs d’une véritable révolution des mœurs toujours à l’œuvre aujourd’hui.
1967, Golden Gate Park, San Francisco : quelque 40 000 hippies couvrent de fleurs les policiers qui venaient contenir la manifestation. « Peace and love », sexe, drogue et rock’n’roll…, tels sont les attributs de la beat generation et de la contre-culture qui s’incarne dans les communautés californiennes (1), enclave hautement marginale dans l’Amérique puritaine de l’époque.
On le voit, on le sait, dire que la révolution sexuelle et la libération des mœurs datent de Mai 68 en France serait exagéré. Comme l’explique Patrick Rotman, pour comprendre Mai 68, il faut marier trois perspectives : la première délimite les huit semaines d’événements spectaculaires (mai et juin 1968) ; la deuxième, plus sociologique, couvre une douzaine d’années « et replace Mai 68 dans le continuum des années soixante (…) comme l’épicentre d’une grande mutation culturelle et sociale » ; la troisième enfin met l’accent sur le contexte international politique et culturel très particulier des sixties, où Le fond de l’air est rouge, selon le titre d’un film (1977) du cinéaste soixante-huitard Chris Marker. En cette fin des années 1960 pourtant, la France gaulliste semble ronronner. La fin de la guerre d’Algérie (1962) a ouvert une période de paix et de stabilité et les trente glorieuses battent leur plein, marquant une ère d’expansion économique et sociale sans précédent qui sonne le glas d’une France restée longtemps petite-bourgeoise et boutiquière. Avec la hausse du niveau de vie, la société de consommation s’installe, devenant d’ailleurs immédiatement la cible privilégiée de la pensée soixante-huitarde (3). C’est aussi le moment où les premières générations du baby-boom ont vingt ans et accèdent de plus en plus nombreuses à l’université (150 000 étudiants en 1958, 500 000 en 1968). Les prémices du mouvement de mai vont d’ailleurs naître dans la toute jeune université de Nanterre, à peine sortie des gravats de sa construction. L’histoire est célèbre : lorsque les garçons réclament de pouvoir se rendre dans les dortoirs des filles, ils sont évacués par la police. L’un de leurs représentants, Daniel Cohn-Bendit, se verra conseillé d’aller piquer un plongeon dans la piscine, lorsqu’il interpelle le ministre François Missoffe sur le désir des jeunes de vivre leur sexualité.
Cours camarade, le vieux monde est derrière toi !
Alors que le pays s’est modernisé, il reste, au niveau des mœurs, profondément arriéré. Interdit des relations sexuelles avant le mariage, filles enceintes répudiées par leur famille, renvoyées par leurs employeurs… La mixité est absente de la plupart des établissements scolaires. La contraception n’en est qu’à ses balbutiements : la loi Neuwirth, autorisant les premières pilules contraceptives est votée dans un tollé de protestations en 1967, mais jusqu’en 1972 (où sont publiés les décrets), une jeune fille de moins de 21 ans (âge de la majorité de l’époque) doit obtenir l’accord parental et trouver le médecin qui voudra bien la lui prescrire, à ses frais…
Dans ces années-là, « la France va passer du xixe au xxe siècle », remarque P. Rotman, qui voit dans les événements de mai 1968 « un formidable accélérateur des mutations à l’œuvre depuis une dizaine d’années ».
« Sous les pavés la plage », « faites l’amour, pas la guerre », « interdit d’interdire », « vivre sans temps morts, jouir sans entraves »…, dans le mouvement de prise de parole qui se fait jour en 68, les slogans sont plus souvent poétiques que politiques et non dénués d’humour. La liberté, la fête, le plaisir, voilà ce que réclame une jeunesse impertinente, lassée de la « chape moraliste » qui pèse sur les rapports sociaux et sur la sexualité… Si la révolte a, jusqu’en 1973, des visées politiques portées par des groupuscules d’étudiants trotskistes, maoïstes, communistes, toutes les analyses s’accordent à mentionner la dimension festive, ludique et hédoniste de Mai 68. Tout un courant disparate à tendance libertaire, proche de la mouvance situationniste (encadré ci-dessous), s’attaque à la morale et aux institutions au nom de la libération du désir et de l’épanouissement des individus, explique le sociologue Jean-Pierre Le Goff (4).
Minijupes, seins nus et monokinis pour les filles, cheveux longs et chemises à fleurs pour les garçons, relations sexuelles hors mariage et amour libre revendiqué, rock’n’roll et pop’music…, de nouvelles pratiques sont en germe depuis les années 1960. Durant le printemps chaud de 1968, les « pelouses interdites » des parcs parisiens se couvrent subitement de corps plus ou moins dénudés, enlacés ou simplement relaxés…
La libération des corps
Car c’est aussi à travers les corps que se manifeste la contre-culture qui signale, selon l’historienne Florence Rochefort, « l’imbrication du culturel et du politique (5) ». La transgression est le mot d’ordre de cette « culture jeune » qui apparaît, identifiée par le sociologue Edgar Morin (6).
Si la société de consommation récupère cette inventivité et cette marginalité dont la presse, le cinéma, la mode se font l’écho, c’est en fait toute une discipline des corps qui est alors contestée. Michel Foucault en montrera, dans Surveiller et punir (1975), la présence centrale dans le fonctionnement des sociétés bourgeoises de l’école, de la famille, de l’usine, des prisons. En 1975 également, la revue Quel corps ?, lancée par Jean-Marie Brohm, développe un positionnement radical qui fait « du corps un point central de la critique du capitalisme »…
Un ensemble de mutations d’ordre socioculturel est en marche et tous les domaines de la société sont touchés. Le pouvoir médical et son mandarinat est contesté mais aussi les pratiques. La vogue des médecines douces, venues d’un Orient que certains prônent comme exemple de la sagesse et de la connaissance, grandit. De leur côté, des médecins militants prennent l’initiative d’avorter les femmes, au risque d’une répression pour pratique illégale…
Plus radicalement, l’apparition du mouvement féministe va engendrer une profonde remise en question des normes sexuelles. Les filles ayant affiché en 1968 leur présence – certes minoritaire – dans les manifestations de rue, l’édification des barricades et les rassemblements à la Sorbonne ou à l’Odéon, la rupture avec leurs camarades des groupuscules gauchistes est consommée : elles prennent la parole, constatant que les idéaux révolutionnaires, loin de contribuer à leur émancipation, continuent à les cantonner dans le rôle de secrétaires ou de simples compagnes sur fond de « phallocentrisme » : « Condamnées à assurer l’intendance et le repos des guerriers maoïstes ou trotskistes », comme le dit J.‑P. Le Goff.
« Qu’est-ce qui est le plus long à faire cuire ? Le steak d’un révolutionnaire ou le steak d’un bourgeois ? »…, les premières revendications féministes vont elles aussi s’exprimer sur le mode de l’humour. Le 26 août 1970, des représentantes du « sexe faible » se rendent à l’Arc de triomphe y déposer une gerbe à la femme du soldat inconnu, proclamant qu’« un homme sur deux est une femme ».
Cette année-là naît officiellement en France le Mouvement de libération des femmes (MLF). Très actif dans la décennie 1970, le MLF aura un impact majeur sur la libération des mœurs et les transformations sociales du dernier quart du xxe siècle.
Certes, le féminisme puisait ses racines dans des contestations bien antérieures. La publication du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir datait de 1949 et dans les années 1960, la critique féministe est en pleine ébullition dans les universités américaines. Mais, explique F. Rochefort, « le féminisme des années 1970 s’inscrit dans la dynamique de mai-juin 68 par son ambition révolutionnaire, ses thèmes et son mode de dénonciation… » Il puise dans la contre-culture de l’époque ses modes d’expression d’une radicalité provocatrice, en s’appuyant sur une utilisation critique du marxisme, de la psychanalyse et de la déconstruction des rôles et des mécanismes de pouvoir (7).
Les femmes prennent le relais
En matière de sexualité, le « jouir sans entraves » des étudiants de mai fait voler en éclats les tabous ancestraux sur le corps féminin, nous dit F. Rochefort. Les féministes soixante-huitardes mettent à mal les clichés de l’éternel féminin : la femme objet, la femme facile, la maman ou la putain… Elles revendiquent leur propre jouissance sexuelle (dont il n’avait guère été question depuis la nuit des temps) en même temps que la procréation se veut choisie : « Un enfant si je veux, quand je veux ! » Et, en 1975, la ministre Simone Veil arrache, malgré des résistances farouches, le vote de la loi autorisant l’avortement.
Mais ce sont aussi les codes de la masculinité qui sont remis en question dès 1968. Le MLF va, toujours selon J.‑P. Le Goff, « brocarder joyeusement tout ce qu’impliquait le militantisme néoléniniste : esprit de sérieux, ascétisme, héroïsme viril, morale sacrificielle… ». « Le privé est politique », déclarent les femmes qui contestent la figure du pater familias tout-puissant et plus globalement le pouvoir patriarcal, incarné par la domination des 3 P : le père, le professeur, le patron (Cool
Les milieux homosexuels, notamment le Fhar (Front homosexuel d’action révolutionnaire), se font porteurs de la contestation de l’ordre patriarcal et du machisme dominant… Divorces, unions libres, droit à la sexualité pour les jeunes, homosexualité revendiquée, libération de la parole et des images sur l’érotisme et la pornographie…, tous ces sujets ne sont plus considérés comme tabous dans les sociétés occidentales contemporaines, même si, en France notamment, le mouvement des idées est parfois en avance sur certaines mentalités. Toujours est-il qu’ils ont trouvé des cadres juridiques (comme le pacs) et un encadrement institutionnel destiné à protéger les droits de chacun et de chacune…
Dans ces évolutions, les événements de mai 1968 en France ont joué le rôle de puissant catalyseur, en faisant sauter le couvercle d’un puritanisme et d’un ordre moral suranné

NOTES :
(1) Alain Dister, Oh, hippie days ! Carnets américains (1966-1969), Fayard, 2001.
(2) Patrick Rotman, Mai 68 raconté à ceux qui ne l’ont pas vécu, Seuil, 2008.
(3) Voir Guy Debord, La Société du spectacle, 1967, rééd. Gallimard, coll. « Folio », 2002.
(4) Jean-Pierre Le Goff, Mai 68, l’héritage impossible, 1998, rééd. La Découverte, 2008.
(5) Florence Rochefort, « La politisation des corps », in Philippe Artières et Michelle Zacharini-Fournel (dir.), 68. Une histoire collective (1962-1981), La Découverte, 2008
(6) Edgar Morin, L’Esprit du temps, 1962, rééd. Armand Colin, 2008.
(7) Florence Rochefort, « L’Insurrection féministe », in Philippe Artières et Michelle Zacharini-Fournel (dir.), op. cit.
(Cool Voir Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal (dir.), Mai juin 1968, L’Atelier, 2008.

Sources : http://www.scienceshumaines.com/mai-1968-et-la-liberation-des-moeurs_fr_22190.html
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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  Eon le Ven 9 Déc 2011 - 11:55

hipnik a écrit:De la misère en milieu hippie, dont je donne un extrait ci dessus, est un célèbre texte critique sur le mouvement hippie, écrit en 1972 par le groupe Contradiction.
Je n'arrive pas bien à comprendre la position de ce groupe Contradiction.
Ils prétendent dénoncer l'attitude du hippie qui, au bout du compte, s'accomode assez bien de la société telle qu'elle est en développant là où il peut son petit truc à lui et en créant de fait, et toujours localement, son propre modèle de consommation ; mais ils ne semblent pas apprécier davantage les "politicards gauchistes" (lesquels, traditionnellement, souhaitent changer la société - j'ajouterai de mon cru : quitte à faire souvent bien pire).
Donc je ne sais pas si la phrase :
hipnik a écrit:
Malgré les espoirs des Diggers, cette autogestion de déchets était loin d’être capable de faire tomber l’État.
exprime un regret ou juste un constat.

Eon

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Le groupe Contradiction

Message  creme_de_marron le Ven 9 Déc 2011 - 14:38

Eon a écrit:

Je n'arrive pas bien à comprendre la position de ce groupe Contradiction.


Peut-être que le groupe Contradiction avait du mal à comprendre lui-même sa position (cf. le goût des discutions interminables et menant souvent à rien de cette époque !) ou qu'elle était assez contradictoire, ce qui est probable car les choses ne sont jamais de toute évidence (ou plutôt raisonnablement) l'un OU l'autre, noir OU blanc.
http://www.bopsecrets.org/French/remarks.htm
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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  hippium le Ven 9 Déc 2011 - 16:58

Mais toi même n'en avais-tu pas fait partie de ce groupe à l'époque ?

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Tout !

Message  hippium le Ven 16 Déc 2011 - 17:17

Tout ! était l'organe du Front de Libération de la Jeunesse, le journal qui voulait réaliser la synthèse du mouvement hippie et du gauchisme. Il paraît en 1970, Jean-Paul Sartre en est le directeur de publication, et fait l'effet d'une bombe ! Son slogan : "ce que nous voulons : tout !" C'est à dire essentiellement le droit à la sexualité, à toutes les sexualités, y compris pour les mineurs (de moins de 21 ans à l'époque !) et de son accomplissement. L'équipe de ses journalistes fondera le quotidien "Libération"

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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  creme_de_marron le Ven 16 Déc 2011 - 17:41

hippium a écrit:Mais toi même n'en avais-tu pas fait partie de ce groupe à l'époque ?

Pas précisément celui-ci, mais des groupes similaires où l'on s'enivrait de nos propres discours : certainement !
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Barjavel

Message  hippium le Dim 25 Déc 2011 - 20:43

Sur le site Barjaweb consacré à René Barjavel et son oeuvre, ( http://barjaweb.free.fr/ ) une page sur les hippies : http://barjaweb.free.fr/SITE/ecrits/Katmandou/page24.html

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Barjavel

Message  hippium le Dim 25 Déc 2011 - 20:45

Et toujours sur le même site, une page sur Les chemins de Katmandou, à la fois le livre et le film !
http://barjaweb.free.fr/SITE/ecrits/Katmandou/katmandou.html

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Les quatre types de temps modernes hippies

Message  hippium le Dim 25 Déc 2011 - 21:00

Un article sur les 4 types de hippies : hippies bleus, hippies moderne-jour, ou "enfant-granola", hippies techno, et les rippies.
Vous appartenez auquel ?

Les quatre types de temps modernes Hippie

La contre-culture hippie populaire qui a commencé dans les années 1960 ont effectivement été si populaire que, jusqu'à présent, le concept et la culture parvient toujours à vivre. Toutefois, les années qui ont changé la contre beaucoup aussi. Malgré les tentatives de hippies vrai-bleu de réaliser et de conserver l'esprit authentique hippie comme ils faire la transition entre les hippies vintage à hippies des temps modernes, les temps modernes encore provoqué divers changements. Maintenant, le moderne-hippie jour a quatre côtés.
Le premier type de ce qu'on appelle "hippie des temps modernes" est le vrai hippie-bleu, un véritable enfant de la contre-culture des années 1960. Ils sont la véritable image d'une part entière hippie, qui vit les valeurs hippies originale de l'intérieur et l'extérieur. Ils sont désormais appelés Hippies nouvelles ou néo-hippies. Comparable à des hippies dans le passé, ils sont encore politiquement informés et éduqués. Elles plaident également pour les mêmes causes dans l'esprit de paix, d'amour et de liberté. Ils se tiennent avec les tendances actuelles politiques et environnementaux. Ils ont protesté contre les problèmes qui sont en contradiction avec leurs valeurs hippie de la même manière que les hippies du passé protesté. Comme hippies vrai-bleu, ils continuent à vivre aussi avec les bons et les mauvais côtés d'être un hippie. Ils protestent contre la manière et la violence, car ils favorisent la paix. D'un autre côté, ils aiment aussi à se livrer à des activités inhabituelles, l'utilisation des vêtements bizarres et accessoires, et expérience de la drogue dans leur plaidoyer pour les droits libérale. Ils sont vraiment hippies à la base.
Le deuxième type d'un hippie moderne-jour est une version quelque peu minimisé l'importance. Leur côté hippie se traduit plus par leur environnement convivial, des arbres longeant plaidoyers, plutôt que par leur idéalisme politique et sociétal. Ils sont pour la plupart végétariens, et a tendance à vivre à travers la vie dans une brise et se concentre simplement sur leur amour pour l'environnement et propres, des choses saines. Ils sont plus légers et plus lumineux hippies. Ils sont parfois appelés enfants granola. Un enfant «granola», selon le dictionnaire urbain, est celui qui «jouit tie-dye, granola, et la paix".
Le troisième type d'un hippie des temps modernes, d'autre part, est l'opposé exact d'un enfant granola. Ils sont les hippies en colère. Ils sont plus futuriste, et comme pour montrer leurs valeurs hippie en améliorant, les moyens exagérées. On les appelle les «hippies techno». Ils sont plus modernes et plus en avant que les néo-hippies. Ils prennent le caractère hippie au niveau suivant. Ils sport tatouages, piercings corps, et les coiffures étranges comme les dreadlocks célèbre. Ils affichent également leurs opinions même si «rave parties» où ils consomment surtout de grandes quantités de drogue et d'alcool. Ils prennent aussi leurs plaidoyers à l'Internet et sont en phase avec les technologies de jeu les plus récentes. Ils sont, en quelque sorte, hippies rebelle.
Enfin, le quatrième type d'hippie des temps modernes n'est pas vraiment composé de hippies plus, comme beaucoup de gens prétendent. Ils sont des hippies sans cause. Les cyniques, comme les appeler «rippies", parce qu'ils sont tout simplement déchirant au large de la mode de vie hippie, faute d'un style de génération et culture d'origine pour vivre. Il ya beaucoup de termes étroitement associés avec eux. L'un de ces termes est "yunkers", qui se réfère à un hippie des temps modernes qui fume et prend de la drogue a lot. D'une certaine manière, ils dégagent l'idée qu'ils sont simplement en utilisant la culture hippie comme une excuse pour prendre généreusement la drogue. Accusé de porter la mode, les versions designer de vêtements hippie distinctes, comme la cravate des colorants, des gilets et des sandales, ils sont aussi souvent désignés sous le nom de hippies qui ont perdu leur activisme politique.
Ces quatre types d'un hippie des temps modernes mai sera complètement différente. Mais une chose reste la même: le style de vêtements. N'importe quelle race de hippie porte toujours des sandales et d'arrimage des colorants. Maintenant, c'est une culture de façon à ne pas mourir simplement.

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Source : http://www.freemag.fr/quatre-modernes-s812018.htm


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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  neo-codion le Mar 27 Déc 2011 - 10:51

Il y a plusieurs façons (et il en a toujours été ainsi) d'envisager ou de vivre la "philosophie" hippie... Entre l'individualisme hédoniste jouisseur, les expériences de vie communautaires, le dépouillement radical, un certain acétisme et la (haute) spiritualité que certains y ont développée qu'y a-t-il de commun ? Où placer le curseur ? Sans compter les tentatives d'édulcoration qu'est le mouvement Rainbow, les "hippies-prisunic" ou autre Endémol comme certains ici les appellent...
Une belle cartographie à établir en perspective !
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neo-codion

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Chronologie des libertés

Message  hippium le Jeu 12 Jan 2012 - 0:04

Le site Jimboland ( http://jimboland.hautetfort.com/archive/2006/08/27/1918-1970-chronologie-des-libertes.html ) propose cette chronologie des libertés et date la mort du mouvement hippie vers 1967-1970


1918-1970 Chronologie des libertés
1918 Premier manifeste Dada.
1924 Manifeste du surréalisme, d’André Breton.
1928 Un chien andalou, de Luis Buñuel et Salvador Dali.
1936 En finir avec les chefs-d’oeuvre, d’Antonin Artaud, révolution dans la culture bourgeoise.
1944-1945 Premières grandes années de Saint-Germain-des-Prés “existentialiste” et jazzophile, on découvre Sartre, Vian et Juliette Gréco.
1945 Naissance du jazz “bop”, Charlie Parker.
1945 Tropique du Cancer, d’Henri Miller (publié à Paris).
1947 L’écume des jours, de Bons Vian
1951 Julian Beck et Judith Malina créent à New York le Living Theater. II leur faudra dix ans pour se mettent tout nus sur scene
1952 Première soirée multimédia au Black Mountain College (Californie du Nord). John Cage parle du haut d’une échelle, Merce Cuningham danse , Films et diapos sur les murs, toiles au plafond. C’est le premier happening.
1953 Jonas Mekas et Stan Brakhage réalisent les premiers films underground américains : Grand Street et interim. Naissance de The Village Voice, précurseur des Journaux underground
1955 La fureur de vivre, avec James Dean.
1956 Howl d’Allen Ginsberg, publié par “City Lights Books”son éditeur Charles Ferlinghetti est condamné pour obscénité.
1956 Avec la chanson Rock around the clock, Bill Haley tance la vogue mondiale du rock’n’roll. Elvis Presley devient sa plus grande star et on commence à baiser sur la banquette arrière de la voiture de papa.
1957 Guy Debord fonde l’internationale Situationniste.
1957 On the road, de Jack Kerouac.
1960 Réédition en France d’Aden Arabie, de Nizan : manifeste anticipé de la révolte de la jeunesse.
1960 Grand tournant de la censure aux Etats-Unis: autorisation de L’amant de Lady Chatterley de D.H. Lawrence.
1960 A bout de souffle, de Jean-Luc Godard.
1960 Album “Free jazz” du double quarter d’Ornette Coleman, à l’origine du courant dit “ “free jazz”.
1961 un journaliste du new york times Robert Sheldon va ecouter dans un club de Greenwich village le 'gerde' un chanteur folk de 20 ans qui n'a encore rien enregistré ,foudroyé il publie le lendemaion un papier ou il parle de sa decouverte 'un mélange d'enfant de choeur et de beatnik ' l'artiste s'appelle Bob Dylan
1962 Ascension vertigineuse des Beatles.
1963 Fondation de la “San Francisco Mime Troupe”: début de la guérilla théâtre dans la rue.
1963 Assassinat de John Fitzgerald Kennedy a Dallas
1963 concert gratuit organisé par Europe 1 place de la nation pour le premier anniversaire du magazine salut les copains on attend 30..000 personnes pour voir Hallyday et les chats sauvages il en viendra 200.000
1963 Timothy Leary et son collègue Richard Alpert sont expulsés de l’université pour leurs expériences sur les hallucinogènes, et fondent la “Fondation internationale pour la liberté Intérieure”.
1963 Blowin in the wind de Bob Dylan : le vent tourne.
1963 Marche de deux cent mille personnes sur Washington, avec Martin Luther King.”
1964 Premiers films d’Andy Warhol enfin, du cul!
1964 Révolte étudiante à Berkeley et création du “Free speech movement”.
1964 L’homme uni-dimensionnel!, d’Herbert Marcuse:première analyse de la société ‘postindustrielle”.
1964 Première tournée triomphale des Beatles aux Etats-Unis.
1965 Fondation du Los Angeles free press.
1965 Dylan electrifie sa guitare au festival de Newport sacrilege pour les puristes ,coup de genie pour les visionnaires on sait aujourd'hui que ce jour la Dylan ecrit une page de l'histoire de la musique
1965 Début des bombardements américains sur le Nord- Viêt-Nam.
1965 Emeutes raciales de Watts. ‘
1965 Sorcier chimique et électrique, August “Owsley” Stanley III met sur pied son grand laboratoire clandestin de fabrication de LSD, qui lui vaudra le nom du “Ford de l’acide”.
1965 Création du Black Panther Parry par Huey Newton et Bobby Seale à Oakland.
1965 Ken Kesey et les Merry pranksters partent sur les routes dans un vieux bus bariolé rempli de LSD
1965 un grand happening poetique beat a l’albert hall de Londres réunit 7000 personnes
1965 les Beatles sont décorés du M.B.E (member of british empire) peut etre le premier joint fumé dans les toilettes de Buckingham palace
1966 naissance de It le premier journal ‘underground ‘ anglais
1966 les Beatles plus popuilaires que Jesus la phrase est de Lennon elle déclenche un raz de marée sans précédent contre les fab Four
1966 six heures pour le Vietnam a la mutualité et fondation du comite vietnam national
1966 Antoine chante les élucubrations et parle de la pilule en vente libre et des cheveux longs
1966 Clapton is God partout sur les murs de Londres
1966 ouverture a Londres de l’U.F.O qui fera les grands nuits du psychédélisme anglais
1967 la société du spectacle de Guy Debord
1967 grand Be-in autour du golden gate de San Fransisco
1967 les Stones sont arettés pour possession de drogue
1967 sortie de ‘sergeant pepper’s lonely heart club band des Beatles
1967 mort de Che Guevara
1967 les(vrais) hippies qui condamnent la récupération de leur mouvement mettent en scène un enterrement officiel du mouvement hippie a San fransisco (avec cercueils et procession)
1967 loi Neuwirth autorisant la contraception en France
1967 arrestation d’Oswley roi de l’acide et saisie massive de LSD
1967 Début de la révolution culturelle en Chine
1967 « la fenêtre rose » première nuit psychédélique a paris au palais des sports
1967 festival pop de Monterey
1968 le Maharashi, gourou des Beatles en général et d’Harrison en particulier est au sommet de sa gloire
1968 sortie de Electric ladyland double album phenomenal de Jimi Hendrix le mélange parfait du blues , du rock et du psychédelisme -pochette historique
1968 manifestations violentes de la jeunesse et révolte des étudiants de Columbia
1968 assassinat de Martin Luther King
1968 parution de The electric kool aid acid-test de Tom Wolfe qui retrace l’épopée de Kesey et des merrypranksters
1968 manifestations de Mai à Paris et un peu partout en France
1968 manifest du SCUM (society for cutting up men) Valerie Solanas tire sur Andy Warhol
1968 premières manifestations du groupe de militantes qui vont fonder le M.L.F
1969 Jim Morrison enlève pour la troisième fois son pantalon sur scène -six mois de prison (il ne les fera pas)
1969 appartion des premiers skinheads en grande –Bretagne
1969 naissance du journal Hara-kiri
1969 festival de Woodstock et festival de l’Isle de Wight
1969 manifestation monstre contre la guerre du Vietnam aux états-unis 30. Millions de personnes se mobilisent
1969 concert gratuit des Rolling Stones a Altamont (1 mort)
1969 Meurtre de Sharon Tate et de ses invités par Charles Manson
1969 grande campagne de presse anti-hippie
1970 smoke in a Washington pour la législation de la marijuana
1970 interdictions de la plupart des festivals en France
1970 creation du F.H.A.R (front des homosexuels)
1970 mort de Janis Joplin a Los Angeles et de Hendrix a Londres ils sont les premiers martyrs de la musique Hippie

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Renouveau hippie ?

Message  hippium le Dim 11 Mar 2012 - 19:06

http://www.ladetentegenerale.com/blog/the-hippies-are-back/
http://dorianwybot.typepad.com/blog_officiel/2010/09/manifeste-pour-un-renouveau-hippie.html
http://groups.skyrock.com/group/ja7-Pour-le-Renouveau-du-Mouvement-Hippie
http://www.lepoint.fr/archives/article.php/401800

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