Histoire du mouvement hippie

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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  hippium le Dim 11 Mar 2012 - 19:24

Extraits du meilleur site sur l'histoire du mouvement beatnik et hippie en France actuellement sur le net :
http://paris70.free.fr/babas.htm
http://paris70.free.fr/index.htm

Ce fut vraiment une période extraordinaire : ceux qui l'ont vécue le savent. Le temps de toutes les libertés et de toutes les expériences, et Paris en était le laboratoire. Se côtoient dans ces pages aussi bien des gens connus que d'autres qui ne le sont pas. Tel que nous l'avons vécu : les vedettes et les anonymes, la jet set et les fauchés, tout le monde se mélangeait.
Si j'ai traversé ces années avec peu d'argent, j'ai aussi souvent côtoyé le luxe et la sophistication : on évoluait des squats aux réceptions dans des palaces ! On croyait que l'avenir nous appartenait, même si ça n'a pas vraiment été le cas
.

(Bernard Bacos, http://paris70.free.fr/index.htm )



Tout a commencé dans les années 60 au Golf Drouot, ou à la Locomotive (au même endroit que l'actuelle Loco !), et avec des gens comme Jean-Claude Berthon le fondateur de Disco-Revue, le seul magazine qui parlait vraiment de rock. C'était vers 1965, l'époque des Beatniks, qui se retrouvaient au square du Vert Galant, sur l'ile de la Cité ou chez Popov, le bar légendaire de la rue de la Huchette où certains pouvaient même passer la nuit, au son des premiers Dylan, avec dans la poche 'On the Road' de Jack Kerouac. On pourrait aussi remonter aux années 50 et au mouvement 'Beat', dans les hôtels du Quartier Latin comme le Beat Hotel de la rue Gît-le- Coeur, où séjournèrent Allen Ginsberg, Jack Kerouac, William Burroughs, Brion Gysin, mais ceci est une autre histoire...
En 1967, année décisive, ce fut l'éclosion du Flower Power et du Rock Psychédélique aux USA et en Angleterre, avec le Grateful Dead, Jefferson Airplane, les Doors, Hendrix ou bien le premier Pink Floyd. En France, ce furent les débuts de Rock & Folk, avec Philippe Paringaux, Philippe Koechlin, Alain Dister, Yves Adrien et Paul Alessandrini. Il faut aussi citer le rôle de précurseur du Pop Club de José Artur sur France Inter, avec Pierre Lattès, puis Patrice Blanc-Francart. Cette année là, j'avais 17 ans, j'étais un minet du 16ème, je fréquentais les boums et les Drugstores des Champs Elysées (particulièrement le New Store, à côté de la rue Pierre Charron).
Mais en même temps, nous vivions à l'heure du Swinging London, des Stones, de Blow Up. D'ailleurs, les minets parisiens étaient un peu l'équivalent des mods anglais. J'étais donc au courant qu'il se passait quelque chose en dehors des boums du 16 ème ! De temps en temps, j'allais au Quartier Latin en mobylette, où je croisais les beatniks du Vert Galant.
Puis il y eut 68, sur lequel il y aurait beaucoup à dire. En Mai 68, j'ai été plus spectateur qu'acteur. D'un côté c'était un moment d'effervescence formidable, irréel, avec un immense élan de liberté, où tout le monde se parlait, où on se déplaçait en stop dans Paris,.. De l'autre, je ne croyais pas du tout aux idéologies maoïstes, trotskistes, etc,.. qui inspiraient beaucoup des étudiants qui manifestaient. Alors qu'on avait tant besoin de liberté, pourquoi prendre comme modèles des régimes totalitaires comme la Chine ou Cuba ? Je n'ai jamais vraiment compris cet aveuglement. C'est pourquoi je n'ai pas eu envie de prendre des coups pour des idées qui n'étaient pas les miennes. Le bordel, la fête oui, mais sans l'idéologie et le dogmatisme ! Alors, dans la journée j'étais au Quartier Latin, à la Sorbonne ou à l'Odéon occupés avec mon amie Catherine Néréssis, où on avait droit à des successions de discours interminables par des gens qui se prenaient pour Lénine et qui se croyaient obligés de recadrer le sujet toutes les cinq minutes en disant qu'"on ne parlait pas assez des ouvriers", lesquels se foutaient pas mal d'eux car ils ne "voulaient pas participer aux jeux de leurs futurs patrons" ! Il nous arrivait aussi de vendre les numéros spéciaux de "Paris-Match" sur les "évènements" à la criée, les gens se les arrachaient, étant donné que les kiosques à journaux étaient en grève. Puis le soir, quand ça cognait, je rentrais bien sagement à la maison...
Un reportage audio sur Mai 68 réalisé en 2006 par Marie Kergoët, étudiante en journalisme, avec Bernard Bacos, Jean-Pierre Le Goff, Martine Storti
De même que l'avant 68 fut déterminant, les années qui ont suivi furent une période où les choses ont beaucoup bougé en France : libération des moeurs, décrispation de la société, les premiers festivals, les communautés, etc... On peut en avoir une idée dans certains films comme 'l'Eau Froide' d'Olivier Assayas ou 'J'entends plus la guitare' de Philippe Garrel.


Le mouvement hippie en France avait plusieurs visages : pour schématiser il y avait les hippies des villes et les hippies des champs. Les seconds sont allés jusqu'au bout de leurs idées, c'est à dire qu'ils ont quitté la ville pour aller vivre à la campagne, souvent en communauté, élevant des chèvres et faisant de l'artisanat ou du fromage, selon l'imagerie répandue, ce qui se révéla souvent comme un échec.
A Paris, il y avait des petits groupes de hippies, qui traînaient entre St Michel, le jardin du Luxembourg et la Contrescarpe, qui se défonçaient (cannabis, LSD), draguaient, et allaient dans les bars du quartier et les concerts Pop, quand il y en avait. Ils voyageaient aussi, en stop, pour voir d'autres hippies (en général il y avait une histoire de nana) : Amsterdam, bien sûr, l'Allemagne, l'Angleterre, où la culture hippie était plus présente qu'en France. Et pour beaucoup d'entre eux, l'Asie, "la route", en particulier l'Inde, Goa. Mais l'essentiel se passait dans les têtes : c'était surtout une quête de soi et une ouverture sur le monde.
En juin 71, il y eut l'affaire du festival gratuit d'Auvers sur Oise organisé par le couturier Jean Bouquin au cours duquel devait jouer le Grateful Dead, qui était le groupe le plus emblématique de la culture hippie. Après une série de rebondissements 'aura lieu ?, aura pas lieu?', il y eut en effet quelque chose qui ressembla à un mini-festival gratuit : cela arriva presque par suprise, ce qui fait que peu de monde était au courant, et le Dead donna un concert mémorable pour ceux qui y assistèrent, malgré la boue, c'est-à-dire quelques fidèles heureux d'être là et quelques paysans du cru venus voir 'les ipis'.

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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  hippium le Dim 11 Mar 2012 - 19:45

Texte de Bernard Bacos, créateur du site cité ci-dessus, ( http://paris70.free.fr/edito.htm ) qui parle de ces années "magiques" et de leurs conséquences :


J'ai traversé ces années en dandy bohême, tout en gardant une certaine distance. J'ai eu la chance de connaître plusieurs milieux fort différents les uns des autres, car je m'impliquais rarement à fond dans les mouvements, ce qui m'empêchait d'en être prisonnier et je gardais ma liberté et mon indépendance. Tout allait très vite à l'époque : les mouvements, les « trips » se succédaient sans cesse, sans pour autant chasser les précédents, ce qui donnait lieu à cette juxtaposition extraordinaire.

Nous avons été une génération de défricheurs, nous nous sommes retrouvés devant des situations inédites dans l'histoire de l'humanité, comme de vivre sans guerre et dans une relative prospérité, malgré la crise naissante. Nous avons été les premiers à vivre ça, nous avons eu de la chance, même si nous avons aussi connu les épreuves de l'héroïne et du sida qui ont été en quelque sorte « nos guerres ». Nous ne pouvions pas imaginer que les choses puissent revenir en arrière, comme cela a été le cas dans les années 80, celles du « backlash », mais tout cela n'est au fond que le mouvement d'un perpétuel balancier.

Maintenant que nous allons être, que nous le voulions ou non, rattrapés par le temps, nous nous trouvons face à un nouveau défi, inventer une façon de vieillir 'rock'n'roll', c'est-à-dire le moins possible, et ne surtout pas devenir des « vieux cons » qui radotent.

Aujourd'hui, le contexte a radicalement changé, je crois que nous en sommes tous conscients. Et un bon nombre de fondements de la « pensée soixante-huitarde » sont remis en cause, voire sévèrement contestés. Je m'y attendais, n'ayant pour ma part jamais adhéré à cette idéologie gauchiste qui sévit encore de façon caricaturale chez bon nombre de gens de ma génération, qui sont devenus à leur tour les « nouveaux conformistes », cela même qu'ils reprochaient à leurs parents dans les années 60. Cette idéologie qui est à l'origine, selon moi, de beaucoup de problèmes dans laquelle la France se trouve actuellement. Mais il n'est pas question non plus de jeter le bébé avec l'eau du bain, bien évidemment !

Je ne parle pas de ceux qui ont suivi leur chemin en restant libres d’esprit et indépendants, sans être prisonniers d’une idéologie, et tout en gardant quelque chose des idéaux et du meilleur de ces années-là, et ils sont nombreux.

Mais je vois une influence néfaste de l’idéologie soixante-huitarde dans plusieurs domaines :

- le « jeunisme », qui veut que les jeunes ont forcément raison parce qu’ils sont jeunes.

- le mythe de la Révolution : tous les 2-3 ans, on veut nous « refaire mai 68 », peu importe le prétexte, largement encouragé par certains parents soixante-huitards à qui ça rappelle « le bon vieux temps » et qui poussent leur progéniture à se révolter dans la rue.

- l’angélisme vis-à-vis de la délinquance : surtout pas de répression, car « c’est la faute à la société ».

- le système éducatif, dont on dit souvent qu’il est en faillite, les profs soixante-huitards ont fait beaucoup de dégâts, avec leur refus de l'autorité dont on est bien revenu aujourd'hui. Tous les profs ne sont pas comme ça, heureusement, et beaucoup sont tout à fait conscients des conséquences de ces errements.

- le multiculturalisme béat, l’« autre » est toujours formidable, même si ses traditions et sa culture sont en totale contradiction avec les nôtres, avec ses corrolaires, l'ethnomasochisme et la repentance perpétuelle, selon laquelle nous serions responsables de tous les maux de la planète et nous devrions expier nos fautes en accueillant toute la misère du monde.

Tout cela est largement véhiculé par les media, on estime qu’environ 90% des journalistes sont de gauche, même dans ceux qui sont censés être de droite. Dans le showbiz aussi, tout marche par cooptation, on aura du mal à trouver du travail si on n'est pas « dans la ligne », ce qui fait que tout le monde fait semblant de penser plus ou moins la même chose, et ne se prive pas de nous le faire savoir.

Certains d'entre vous vont sans doute me trouver bien réac, mais ce qui compte avant tout pour moi, c’est l’exigence de vérité et non les apparences et le conformisme bien-pensant et superficiel. Je pense que tout va par cycles, et beaucoup des idées dans lesquelles nous avons baigné et qui nous semblaient évidentes à l’époque ne sont tout simplement plus adaptées au monde d’aujourd’hui, qui est plus dur et moins dans le rêve et l’idéalisme. Je réfléchis souvent à ces choses-là, parfois des jeunes me disent que nous manquons d’utopies, je leur réponds que l’utopie c’est bien beau, mais gare aux désillusions quand elle retombe, beaucoup de gens de notre génération en ont fait les frais.

Ce qui n'empêche pas que je suis fier de faire partie de cette génération, nous avons vécu des choses extraordinaires et inédites, mais il faut savoir prendre du recul et ne pas perdre de vue l'essentiel, « autres temps, autres moeurs » !

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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  oiseaulys le Lun 12 Mar 2012 - 9:14

Je n'ai pas connu tout à fait la même époque, quelques années après, j'avais 14-15 ans vers 1971-72. Sans être "hippie" moi-même, je préférais les beatniks, il m'est arrivé souvent de fréquenter les lieux qu'ils investissaient. Le centre de la planète des hippies parisiens était à cette époque (tout début des années 70) le Quartier Latin, le boulevard Saint Michel, et quelques autres lieux comme les Arênes de Lutèce ou le Jardin du Luxembourg (Fontaine Médécis).
Et puis, surtout, le Jardin du Vert Galant, sous le Pont-Neuf. L'été, des hippies y campaient pratiquement en permanence, on y rencontrait des junkies en train de se fixer au vu de tous et des couples faisant l'amour devant tout le monde, aucunement génés !
Des articles de presse ayant parlé de "cour des miracles", le lieu fut par la suite "nettoyé"...
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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  hippium le Lun 12 Mar 2012 - 14:34

Quatre nuits d'un rêveur film de de Robert Bresson (1971) avec Isabelle WEINGARTEN
Un soir de déambulation dans Paris, Jacques, un jeune peintre rêveur, empêche une jeune femme de se suicider par dépit amoureux en se jetant du Pont-Neuf. Ils se retrouvent les soirs suivants et peu à peu, Jacques lui avoue son amour.
Ce film, caractéristique du style personnel de Robert Bresson, est une libre adaptation des "Nuits blanches" de Dostoievski, transposé dans le Paris des années 1970.
Sur le choix du Pont-Neuf et des bords de Seine à propos des extérieurs de ce film, Robert Bresson précisait :
"...J'habite sur les quais. La vie des bords de Seine, la nuit pendant l'été me sont familiers. Dans ce film, j'ai aimé retrouver et faire éprouver les impressions qu'ils me donnent. De plus, le Pont-Neuf et le jardin du Vert-Galant sont des lieux de rendez-vous des hippies au milieu desquels je désirais tourner. Paris, pour moi, est un ensemble de lieux privilégiés que je connais bien et que j'aime..." (Cité par Michel Estève dans "Robert Bresson", Seghers, 1962)














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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  hippium le Lun 12 Mar 2012 - 14:41

Le reste de l'île de la Cité est désormais voué au style second Empire (Hôtel-Dieu, Préfecture de police), ou néo-gothique, comme les tentacules du Palais de Justice qui étouffent la Sainte-Chapelle. Heureusement demeurent les jardins. Celui du Vert-Galant, qui s'effile en proue au ras de l'eau et où les clochards, les hippies et les amoureux rêvent en regardant passer les péniches.
(http://www.questmachine.org/article/%C3%89glises_et_cath%C3%A9drales_de_Paris)

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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  Mr_Nostalgia le Sam 24 Mar 2012 - 17:10

Quelques années auparavant, le 18 mars 1314, l'île avait été le théâtre de l'exécution de Jacques de Molay, dernier grand maître des Templiers et de Geoffroy de Chamay, grand priur de Normandie. Ils y furent brûlés vifs et sur le bûcher, ils protestèrent encore de leur innocence. Une plaque commémore aujourd'hui cet évênement.
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Le testament des hippies

Message  hippium le Dim 15 Avr 2012 - 15:20

Le site du testament des hippies (Hippies textimony) correspond à l'ensemble des textes que véhiculait le mouvement Hippie.
Sans cesse enrichi par les rencontres et les héritages culturels de divers peuples, les analyses des Hippies sur le Monde mettent en pleine lumière les incohérences parmi lequelles nous vivons.
http://testament-hippies.info/accueil_032.htm
http://testament-hippies.info/tome_1_034.htm

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Du mouvement hippie au Carmel

Message  hippium le Dim 15 Avr 2012 - 15:26

“Je suis libanaise. Le Liban est présent dans la Bible, il symbolise la gloire de Dieu. Le Liban est une montagne, en réalité ce sont deux chaines de montagnes : le Liban et l’anti Liban. Sur les deux chaines poussent des cèdres qui ont été plantés d’après la tradition par la main de Dieu. En effet ces cèdres peuvent atteindre jusqu’à 5000 ans. Le Liban est un refuge pour les minorités du Moyen-Orient. Je fais partie de ces minorités, mon père est un refugié palestinien qui est né à Nazareth en 1948 – quand l’état d’Israël a été créé. A ce moment-là il a dû prendre la fuite pour le Liban avec sa famille. Mais en tant qu’enfant d’un réfugié palestinien j’ai toujours détesté mon identité parce qu’au Liban on considère les palestiniens comme des citoyens de second rang.

Après j’ai appris à apprécier mon peuple quand j’ai vu qu’ils étaient très civilisés et qu’ils vivent comme des enfants de Dieu. Mais en tant qu’enfant j’ai eu beaucoup de mal avec mon identité bien que j’ai vécu une jeunesse normale dans un milieu bourgeois à Beyrouth. Quand j’ai grandi, j’ai vécu beaucoup d’expériences négatives comme toute cette génération dont la confiance en soi a été brisée.

Quand j’ai eu 13-14 ans je me suis révoltée. J’ai un caractère assez excessif et ma révolte a fait que j’ai brisé avec la société. On était en 1967 : tout les hippies venaient de San Francisco – le mouvement Flower Power – à Beyrouth parce qu’il y avait le meilleur cannabis. J’aimais les hippies : ils étaient libres, , portaient des vêtements originaux. Un an après je me suis jointe à eux et encore un an plus tard je les ai suivis pour vagabonder dans le monde entier. J’ai traversé toute l’Europe, j’y ai passé de longues périodes au Danemark et à Amsterdam, qui étaient les centres du mouvement hippie. Pendant ces périples j’ai vécu plusieurs étapes de ma conversion.

Je me trouvais à Amsterdam après avoir parcouru toute l’Europe, l’Inde et le Népal et je me disais en moi-même : « J’ai tout vécu, j’ai tout essayé et rien ne m’a rendue heureuse. Ma vie est un fiasco, mieux vaut mourir ». A ce moment-même de ténèbres et de misères le Seigneur m’a dévoilé le mystère de l’être humain, créé d’après Son image et Sa ressemblance. A ce moment-là, c’était comme si une grande lumière venait visiter mes ténèbres. Etant dans la plus grande misère, tout à coup je me trouvais dans la gloire de Dieu. Je veux dire que, tout à coup je me voyais comme Dieu me voit, dans la beauté originelle d’après le dessein du Créateur.

Un an après – toujours étant hippie – j’ai reçu un grande grâce à Copenhague. C’était une lumière très intense qui m’a donné de comprendre que Dieu est l’Etre et que la plénitude de la révélation se trouvait dans l’Eglise catholique. J’en suis toujours convaincue et je le dis aussi aux Juifs messianiques et aux Protestants. Un autre jour le Seigneur me disait : « trouve le Carmel ». Je me suis dit : « C’est quoi le Carmel », je n’avais jamais entendu parler de ce lieu. Après avoir fait quelques recherches on m’a dit que le Carmel est la vigne du Seigneur. Après, étant revenue au Liban, j’ai été voir mon grand oncle qui était religieux. Je voulais le visiter. Quand je le voyais s’approcher de moi, tout à coup, sans y réfléchir, j’ai senti une force qui m’incitait à tomber à genoux. J’ai commencé à pleurer et je lui ai demandé : « Je veux rentrer au Carmel ». Je ne connaissais rien du Carmel mais une force m’a poussé vers ce monastère cloitré à Beyrouth. C’était l’année 1971.

Les deux premières années au Carmel étaient affreuses : j’avais échangé une vie ultra-libre pour une vie complètement programmée. En plus je ne comprenais même pas ce que je faisais dans ce lieu. Le Seigneur m’avait obligé d’y habiter et je ne pouvais pas partir. Mais aujourd’hui je remercie le Seigneur car il m’y a donné un ‘training’ très intensif et durable. Il m’y a profondément purifiée, comme le charbon sous le sol qui devient du diamant à cause de la pression et de la chaleur.

En 1983 un moine libanais est venu nous visiter dans notre monastère. Il portait avec lui une grande icône de la Mère de Dieu qui avait été gravement abimée pendant la guerre. Il nous demandait de la restaurer. En la travaillant je découvrais que l’icône contenait cinq couches inférieures. Ces couches - la première couche datant du dixième siècle - étaient comme un résumé de toute l’histoire des Chrétiens Maronites du Moyen-Orient. En les étudiant j’ai fait une découverte qui m’a choqué et qui a déterminé le restant de ma vie : j’y avais découvert l’Eglise d’Antioche, ma propre Eglise dont j’ignorais complètement l’existence. C’est comme si on vous parlait aujourd’hui de l’Eglise de Rome et vous diriez : « C’est quoi, c’est où? ». J’étais vraiment choquée : comment étais-possible que j’avais quitté tout pour le Christ pour rentrer au Carmel et que je ne connaissais pas ma propre Eglise?

Je me suis rendue compte que les Chrétiens de cette région - donc le Liban, la Syrie, la Palestine, l’Irak et la Jordanie - sont appelés a une grande mission, mais la plupart l’ont oubliée. Les persécutions et l’attitude hostile envers les Chrétiens les ont plongés dans une fatigue. Aujourd’hui ils voient la vie dans le pays de leurs ancêtres plutôt comme une survie – à voir, une survie matérielle.

Tout commence avec l’identité culturelle pour un Chrétien. Lors de la Pentecôte l’Esprit Saint a confirmé cette identité. Les Apôtres, sur qui étaient descendues les langues de feu, ont commencé à proclamer les miracles de Dieu. Tous les présents entendaient le message du Salut dans leur propre langue! Cela démontre l’importance que le Saint-Esprit accorde à l’identité de chaque personne et de tous peuples. Deu 32:8-9 : « Quand le Très Haut donna un héritage aux nations, Quand il sépara les enfants des hommes, Il fixa les limites des peuples d'après le nombre des enfants d'Israël, car la portion de l'Éternel, c'est son peuple, Jacob est la part de son héritage. »

Grâce à ce miracle des langues le Seigneur a voulu nous monter la vraie vocation de l’Eglise. Elle consiste à sortir, de proclamer la Bonne Nouvelle aux autres, et non d’attirer les autres à elle. La théologie traditionnelle nous apprend qu’il y a une mission du Fils, du Saint Esprit et aussi de l’Eglise. Toutes sont des missions vers l’extérieur. Et les Eglises locales sont les fruits de cette mission dans laquelle est résumé tout le Plan salvifique de Dieu. L’Eglise locale, c’est nous, mais ici et maintenant, avec le Christ. Mat 18:20 : « Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux. », dit le Seigneur. C’est ça le mystère de l’Eglise locale, le mystère de l’enracinement humain. Et on parle bien sûr du mystère de l’identité. Je remercie le Seigneur de m’avoir introduite dans les profondeurs de l’Eglise locale. A ce moment-là Je voulais à tout prix apprendre à connaître mon Eglise locale, l’Eglise d’Antioche.

Ainsi j’ai reçue en 1992 la bénédiction du Saint Esprit par ma Mère supérieure et de ma Communauté pour servir l’Eglise d’Antioche dans ma vocation monastique à la manière que le Seigneur allait me dévoiler. J’ai été envoyée en France pour étudier les traditions monastiques anciennes, l’hébreu et le syriaque. J’ai pu aussi, à ce moment-là, établir des contacts en Europe et avec le Vatican pour des aides financières et morales afin d’accomplir tous mes projets.

Mon intention était de fonder un monastère au Nord du Liban, dans la Vallée Sainte, mais la Providence m’a guidée vers les ruines d’un monastère fortifié de sixième siècle dans le désert syrien. Je suis tombée amoureuse du lieu et j’ai demandé la bénédiction de l’Evêque pour le restaurer. Il a accepté avec grande joie. En 1994 j’ai commencé les travaux de restauration, aujourd’hui nous sommes une petite Communauté florissante avec des membres de 8 nationalités différentes."


Source : http://www.maryakub.org/Article_Temoignage_Mere_Agnes.html

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Rumi Missabu

Message  hippium le Dim 20 Mai 2012 - 21:46

Rumi Missabu était un artiste de la troupe The Cockettes (les p'tites bites, en anglais), troupe de drag-queens psychédéliques de San Francisco à la fin des années 60 qui carburaient dur aux psychotropes ! Lui même, l'actuel seul survivant de la troupe, fut une icône de la culture hippie à paillettes et de la culture gay et ami des Lou Reed, Iggy Pop, Marta Minujin, Alice Cooper, David Bowie... Le slogan de la troupe était "que la folie devienne réalité et le fantasme, la vérité" et militait pour un "théâtre libre et gratuit" et la "révolution sexuelle et la libération gay" ! Ses références étaient Brecht, Cocteau et Artaud.
Aujourd'hui Rumi Missabu se moque des revendications de mariage gay : " à quoi ça sert de réclamer ce que nous on a voulu exploser ! C'est triste !"





http://sortir.yagg.com/le-magazine/rumi-missabu-membre-fondateur-des-cockettes-groupe-mythique-du-san-francisco-hippie-et-gay-des-annees-70-en-visite-a-paris/


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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  mimi pinçon le Ven 25 Mai 2012 - 20:57



Quoi, quoi ? Toujours en face et jamais de profil ?
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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  Dr_Natural le Sam 26 Mai 2012 - 0:03



ça avait du bon la liberté !
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Les années hippies en musique

Message  Doctor Sex le Ven 27 Juil 2012 - 0:49

1965

Création des groupes :
-Gratuful Dead,
-The Doors,
-Love,
-Big Brother & The Holding Company,
-Quicksilver Messenger Service,
-13th Floor Elevator,
-The Electric Prunes,
-Pink Floyd,
-Tomorrow
-Os Mutantes

Albums :
-Bringing It All Back Home et Highway 61 Revisited (Bob Dylan),
-Mr. Tambourine Man et Turn, Turn, Turn! (Byrds),
-Rubber Soul (Beatles)
-Satisfaction (Rolling Stones)



1966

Création des groupes :
-Soft Machine,
-Cream,
-Buffalo Springfield,
-Santana,
-Country Joe & The Fish,
-The Creation,
-Barclay James Harvest
-Genesis,

Albums :
-Pet Sounds (The Beach Boys),
-5th Dimension (The Byrds),
-Revolver (The Beatles),
-The Psychedelic Sounds (13th Floor Elevator),
-Sunshine Superman (Donovan).
-Freak Out ! (Franck zappa & The Mothers Of Invention),
-Aftermath (The Rolling Stones),
-Blonde On Blonde (Bob dylan) s
-My Generation (The Who)
-California Dreaming (The Papas & Mamas).

Gathering :
En octobre, le Love Pageant Rally, au Golden Gate Park de San Francisco,


1967

Création des groupes :
-Vanilla Fudge,
-The Nice,
-Procol Harum,
-Traffic,
-The Crazy World Of Arthur Brown
-Tyrannosaurus Rex (T. Rex ).
-Tangerine Dream,
-Spirit,
-Jethro Tull
-Van Der Graaf Generator
-Sly & The Family Stone
-Blue Öyster Cult.

Albums :

-Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band (The Beatles),
-Messe Pour Le Temps Présent (Pierre Henry & Michel Colombier),
-Surrealistic Pillow et Are You Experienced ? (Jimi Hendrix Experience),
-The Doors et Strange Days (The Doors),
-Forever Changes (Love),
-The Velvet Underground & Nico et White Light/White Heat (The Velvet Underground),
- The Piper At The Gates Of Dawn (Pink Floyd),
-Buffalo Springfield et Buffalo Springfield Again
-Days Of Future Passed (The Moody Blues),
-Present Tense(Sagittarius),
-Their Satanic Majesty's Request (The Rolling Stones),
-Disraeli Gears » (Cream)...

Gathering :
Summer Of Love à San Francisco, dans le quartier de Haight-Ashbury. J
Du 16 au 18 juin, le Festival de Monterey, en Californie



1968

Création des groupes:
-Crosby, Stills, Nash,and Young
-Gong,
-Can,
-Yes,
-Caravan,
-Aphrodite's Child,
-Led Zeppelin,
-Deep Purple
-Funkadelic
.
Albums :
- Electric Ladyland (Jimi Hendrix Experience),
-Crown Of Creation, Anthem Of The Sun, In-A-Gadda-Da-Vida (Iron Butterfly),
- Mass In F Minor(The Electric Prunes)
- A Saucerful Of Secrets (Pink Floyd),
-Os Mutantes (Os Mutantes),
-Odessey And Oracle (The Zombies),
-S.F. Sorrow (The Pretty Things)
-The Soft Machine (Soft Machine).
-White Album ( Beatles)
-Beggars Banquet (Rolling Stones)
-We're Only In It For The Money (Franck Zappa)


1969


Albums :

-Live/Dead (Gratuful Dead),
-Soft Machine 2, Ummagumma (Pink Floyd),
-Karma » (Pharoah Sanders)
-Tommy » (The Who),
-Stand! (Sly & The Family Stone),
-Stand Up (Jethro Tull),
-Led Zeppelin
- Five Leaves Left (Nick Drake),
-The Least We Can Do Is Wave To Each Other (Van Der Graaf Generator),
-Unicorn (Tyrannosaurus Rex),
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Jim Morrison

Message  hipnik le Lun 30 Juil 2012 - 17:21

J'ai vu le film When you're stange dont parle Anaïs en pages cinéma http://hippies-1973.forumactif.org/t60p45-cinema-hippie et qui retrace la carrière des Doors et fait un portrait de Jim Morrison.
Outre que le film est très bon et resitue très bien le contexte de l'époque, j'y ai appris plein de choses sur le chanteur des Doors. Que très loin de la planète hippie, c'était un authentique poète bourré de multiples talents et que, comme Kerouac, il détestait les hippies et leur mentalité...
A noter que ce film, dont le commentaire est lu en anglais par Johnny Deep, situe la fin du mouvement hippie concomitamment à la mort de Morrison (1971) soit quelques mois avant le choc pétrolier (1973) qu'on utilise habituellement comme acte de décès du mouvement... L'analyse du film est sans doute plus près de la réalité, tout au moins au Etats-Unis, car depuis 1969, avec l'affaire Manson, la survie de l'ère hippie, qui avait atteint son apogée avec Woodstock, était déjà bien entamée et compromise, en tous cas comme idéal majoritaire dans la société...
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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  Jean-Luc le Lun 30 Juil 2012 - 20:32

Un "communiqué" (une publicité) parue en octobre 1969 dans Selection du Reader's Digest


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Petite chronologie des influences des principaux mouvements de contre-culture

Message  hippium le Mer 8 Aoû 2012 - 21:43



Source : http://garysullivan.blogspot.fr/2008/08/steve-abbott-lives-of-poets-101-part-1.html

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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  Jean-Luc le Mer 12 Sep 2012 - 15:54

Commentaire un peu intéressant sur le mouvement hippie, ce mouvement avorté, mort-né car très vite récupéré dit à juste titre l'auteur :
(Source : http://www.centpapiers.com/le-gros-pipi/9238 )

Le gros pipi
(12 août 2009)
«Est pauvre, non pas celui qui n’a pas de chemise,
Mais celui qui n’a personne».
Proverbe africain

Cet individualisme est pourtant passé dans les mœurs
et l’arrivée du néo-libéralisme aurait pour certains
récupéré, en les dénaturant, les valeurs hippies. Hippie
- Aux dernières nouvelles, il vivait dans un groupe hippie.
- Dans un quoi ?
- Un groupe hippie
- Ô ! Grand Dieu ! Vivre dans l’urine, c’est affligeant…
OSS 117, Rio ne répond plus
L’avortement
Woodstock fête ses quarante ans cette année. Le 16, 17, et 18 août 1969, le spectacle, qui avait été monté pour accueillir 50,000 spectateurs, en attira 450,000. On dit que ce fut l’apogée de ce «mouvement», puisqu’en réalité il n’y eut jamais de mouvement «organisé». Le mouvement hippie se répandit dans les sociétés occidentales dans une onde tranquille et, surtout, très spontanée.
Le gros party… «Si vous vous en souvenez, c’est que vous n’y étiez pas»…
Le «party» reçut 10 fois plus de festoyeurs que ceux attendus. La préparation d’un tel tsunami n’étant pas prévue, essayez d’imaginer l’hygiène, la folie de ce rassemblement monstre sous la pluie d’énergumènes poilus, écrasés dans un champ de boue. Et pourtant, ce fut à la fois l’apogée d’un monde qui aurait dû naître, mais qui jamais ne vint au monde : Woodstock est un avortement…
L’art de la désorganisation
Il y a quelques années, lors d’une visite chez ma fille, elle me montra un livre sur ce mouvement lié à la contreculture. L’idée «livresque» qu’on s’en fait après 40 ans, n’est pas tout à fait exacte d’un phénomène sans organisation et sans idéologie établie.
En parcourant les pages du net, on peut se rendre compte que ce mouvement bien caricaturé, un peu oublié et ridiculisé, avait une place importante dans l’Histoire : il fut le premier réflexe à l’ère du consumérisme qui allait suivre, et la première conscience d’un état de dévastation de la planète, tant du point de vue de ses habitants ( guerre du Vietnam) que de l’habitat lui-même. Toujours dans une «approche» intuitive, le mouvement était déjà un embryon de L’hypothèse Gaïa, hypothèse biochimique, physiologique dynamique qui inclut la biosphère et maintient notre planète depuis plus de trois milliards d’années, en harmonie avec la vie ». James Lovelock.
L’ensemble des êtres vivants sur Terre serait ainsi comme un vaste organisme (appelé Gaïa, d’après le nom de la déesse grecque personnifiant la Terre), réalisant l’autorégulation de ses composants pour favoriser la vie. Un exemple cité par Lovelock à l’appui de son hypothèse est la composition de l’atmosphère qui aurait été régulée au cours du temps de manière à permettre le développement et le maintien de la vie.
Pour une «idée générale» et stéréotypée, la description du mouvement apparaît ainsi :
De manière générale, les hippies contestaient le matérialisme et le consumérisme des sociétés industrielles, et tout ce qui y était lié. Ils rejetaient en particulier les valeurs associées au travail et à la réussite professionnelle, ainsi que le primat associé aux biens technologiques au détriment des biens naturels. Ils remettaient fréquemment en cause l’idée d’autorité et tout ce qui en découlait (toute domination de l’un sur l’autre), les frontières, et surtout une violence qui leur était devenue incompréhensible. Ils recherchaient un sens à la vie dans des spiritualités plus authentiques à leurs yeux que les pratiques religieuses dont ils avaient hérité ou au sein même de ces dernières, s’aidant parfois de substances psychotropes. Ils aspiraient à une sorte de fraternité universelle pour laquelle ils espéraient trouver idées et techniques dans des sociétés traditionnelles qui étaient moribondes à leurs yeux. Ce complexe idéologique, essentiellement constitué en une praxis, n’a pas réellement été théorisé ; jamais non plus il n’a fait l’objet d’une homogénéité pratique parmi celles et ceux qui se reconnaissaient pourtant comme hippies. Qu’est-ce qu’un hippie?
En fait, c’est l’avortement d’un rejeton qui aurait dû se rendre à terme. Mais la société «évolua» vers un phénomène autre : l’égosystème. La culture du «moi» détrôna celle du «nous».
Le phénomène hippie au Québec
Il y aurait énormément à dire sur le phénomène hippie au Québec. La revue Mainmise, lancée en 1970 demeura longtemps la bible des hippies. J’en ai conservé une trentaine, voire davantage, d’exemplaires en souvenir.
Mais le plus visible – pour nous, ici- fut la migration de ces jeunes vers nos régions ( Bas-du-Fleuve, Gaspésie) qui s’approprièrent des terres abandonnées par les petits cultivateurs. Bâtiments et maisons comprises… À un prix dérisoire… Pour y vivre en autosuffisance. L’agriculture et l’élevage commençaient à suivre le grand mouvement des gros conglomérats, s’ajustant au monde industrialisé : la petite ferme à Séraphin, les petits lopins de terres n’avaient plus sa place.
J’étais dans la vingtaine quand un jour un ami m’invita à passer quelques jours chez-lui. Dans un petit village presque vide, des dizaines de groupes vinrent s’installer, se promenant à cheval, élevant des poules, des chèvres devant le regard des «vieux» qui ne comprenaient rien à ce retour vers la terre qui leur avait donné tant de misères. Et pour l’agriculture, ils étaient davantage habiles à la culture du cannabis que de la tomate. J’étais estomaqué… Il arriva un jour une jeune femme avec ses deux enfants de 6 et de 5 ans qui s’installèrent dans un poulailler abandonné. Heureusement, les poules étaient parties depuis longtemps… Aux jours difficiles elle allait chez «des amis».
Reste que sans le savoir, ces jeunes – peuplèrent la région, firent des enfants et devinrent peu à peu des «retombées économiques». Puis, lentement, ils s’intégrèrent à la population et certains devinrent même des dirigeants populaires.
La plupart sont dans la soixantaine aujourd’hui, les enfants étant partis en ville, certains d’entre eux vivent encore leur «rêve» d’un monde meilleur.
Voilà que la semaine dernière, je rencontrai un jeune homme allant vers l’un de ces villages abandonné montrer à un couple comment élever des poules. Il venait tout juste d’acheter un lopin de terre…
Les retrouvailles
Anodin ce mouvement ? Pas tant que ça… Ce fut comme une grande intuition dans ce monde cérébral et aride, où l’orgueil et le nombrilisme règnent. Chacun pour soi, disait une de mes voisines. Ça n’existe pas un «chacun pour soi». L’Univers, les humains, et tout l’assemblage visible ou invisible est relié. Cette affirmation n’est pas une foi, c’est une réalité cosmique et terrestre.
Dans ce fouillis de lucioles qui s’allument et s’éclairent à la chandelle de l’électricité de leur cerveau, il arrive parfois des livres qui décrivent d’une façon lumineuse cette ère de noirceur satanique, cet oubli d’une solidarité nécessaire : Des racines pour l’avenir: cultures et spiritualités dans un monde en feu :

Examinons-les… Je dirais aussi : examinons-nous. «La notion d’économie n’existe pas en tant qu’entité séparée de la vie sociale».
Les sociétés ne se bâtissent pas que sur un «cirque du soleil du cerveau», mais sur des valeurs intégrant l’empathie, l’acceptation de l’autre, et l’intégration du domaine émotif humain.
Ridicules ces hippies ?
Moins dangereux toutefois que ces adeptes du porc de la cravate.
Il faut plus que des idées pour faire un «monde»…

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The hippie temptation

Message  neo-codion le Lun 24 Sep 2012 - 18:02



Ces images sont extraites d'un documentaire de la télé américaine CBS réalisé en 1967 par Harry Reasoner "The hippie temptation". Le DVD a été réédité !


_________________
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Jean-Jacques Lebel

Message  hipnik le Dim 25 Nov 2012 - 19:10

Jean-Jacques Lebel, né en 1936 fut un provocateur patenté, le créateur des happenings en France et l'un des importateurs de la contre culture. Il organisa notamment le premier festival pop psychédélique à Paris en 1967, le mythique festival de La Fenêtre Rose au Palais des Sports. Il fut l'ami et traducteur des écrivains de la Beat Generation et de Yoko Ono.

"J’ai 73 balais et je les emmerde. A pied, à cheval et en Spoutnik."


Deux oeuvres de Jean-Jacques Lebel, Ubu, peut-être (1991) et Post Mescalin Crisis, 1964.


http://www.article11.info/spip/Jean-Jacques-Lebel-J-ai-73-balais
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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  Dr_Natural le Dim 23 Déc 2012 - 8:40

Lorsqu'on se demande où (quand) situer la fin du mouvement hippie, il semble bien que l'affaire Manson en 1969, en ait sonné le glas. Le cinéma ne s'y trompe pas : des films comme Les chiens de paille (1971) de Sam Peckinpah avec Dustin Hoffman ou encore Delivrance (1972) de John Boorman entérinent l'arrêt définitif du rêve hippie et du peace and love !
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La Kommune 1

Message  Dr_Natural le Dim 23 Déc 2012 - 20:09

La Kommune 1 fut la toute première communauté hippie à Berlin en janvier 1967. Le but était de "déconstruire les réflexes bourgeois" en s'attaquant en premier lieu à la famille "cellule de base du fascisme". On pratiquait la psychanalyse et la sexualité de groupe Cette communauté obtint la notoriété quand le célèbre mannequin de l'époque Uschi Obermaier, puis Jimi Hendrix rejoignèrent le groupe.
Cependant, les dissensions entre les membres, surtout à cause de l'aspect mercantile (on vendait très cher des interviews et des photos nues) ont mis fin très rapidement à l'expérience dès novembre 1969


Uschi, la deuxième à gauche.




Avec Rainer Langhans
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Vincennes

Message  Durga le Ven 28 Déc 2012 - 6:18

La fac de Vincennes ouvre ses portes en janvier 1969, dans l'ambiance de Mai, avec ce projet : l'éducation et la culture pour tous...

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Une génération qui voulait tout changer !

Message  hipnik le Mar 15 Jan 2013 - 19:25

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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  Dr_Natural le Mer 16 Jan 2013 - 7:21

Et finalement cette génération a accouché de Bernard Tapie ! Laughing
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Re: Histoire du mouvement hippie

Message  hipnik le Sam 13 Avr 2013 - 15:37


May 16, 1967 — Chronicle writer George Gilbert's month-long experiment of living as a hippie continues, with today's report back from a pot party in Haight-Ashbury. There, guests listen to the Jefferson Airplane's latest album "Surrealistic Pillow" while passing around a Turkish water pipe. Their "prime tenet," writes Gilbert, "is to get high and stay high. By being high, you are closer to God, to understanding, to the real you." Photo: Justin Beck

Read more: http://www.sfgate.com/bayarea/article/From-the-archives-Hippies-seek-perfect-high-3298076.php#ixzz2QLmVQqQp
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Hipsters

Message  hippium le Sam 20 Avr 2013 - 17:43


Les hipsters d'aujourd'hui, jeune néo-hippies branchés à l'allure faussement décontractée, suivez mon regard, ne sont que les pâles copies de ceux d'hier, leurs pères...
Brad Getty, un américain quarantenaire publie sur son blog les photos des originaux, ces "vrais" anticonformistes !
http://dadsaretheoriginalhipster.tumblr.com/

Pourquoi un tel écart entre le modèle et ce qu'il en est devenu ?
Arnaud Sagnard, auteur du livre "Vous êtes sur la liste ? Enquête sur la tyrannie des branchés" (Editions su Moment, 2008) tente de répondre :
"Avec le temps, la notion s'est considérablement dégradée. Les générations postérieures ont cherché à ressembler aux modèles qui les fascinaient, persuadées de faire perdurer un état d'esprit libertaire, alors qu'ils sont exactement le contraire : une tribu conformiste et consumériste"

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